L'impact de la chaleur sur notre digestion
- Guillemette Bourgoing

- il y a 18 heures
- 9 min de lecture

Un nouveau défi se présente à notre organisme, gérer les fortes chaleurs de ces derniers jours mais aussi ceux à venir pendant tout l’été. Notre corps doit non seulement réguler sa température mais également veiller à maintenir un système digestif efficient. En effet, l’été est souvent associé à une alimentation plus légère avec abondance de salades, crudités et fruits gorgés de soleil. Les repas sont pris en extérieur, sur un rythme plus détendu, les horaires rarement respectées. Et pourtant, de nombreuses personnes me font part en cette période de l’apparition, ou la réapparition, de troubles digestifs qu’elles ne s’expliquent pas vraiment. Elles observent une digestion plus lente, avec sensation de lourdeur après les repas, des ballonnements, des reflux. Elles sentent qu’il se passe quelque chose d’inhabituel dans leur ventre et constatent que leur transit intestinal est perturbé, et cela depuis seulement quelques jours. Le plus souvent, ces désagréments peuvent être attribués à un simple manque d’hydratation (voir mon article). En effet, même si nous sommes plus sensibles en été à la sensation de soif, la chaleur excessive provoque souvent une déshydratation qui peut entraîner des troubles tels que la constipation et les ballonnements. De même nous payons un peu plus cher en été nos excès alimentaires. Mais au-delà d’un manque d’hydratation et d’un repas pléthorique, la réalité est un peu plus complexe. La digestion demande beaucoup d’énergie à notre organisme (d’où le besoin parfois de faire une sieste digestive). Or la régulation thermique de notre organisme est également extrêmement énergivore, notamment en été. Si l’énergie n’est pas au rendez-vous, notre corps va devoir faire des compromis qui peuvent affecter l’ensemble de notre système digestif, de l’estomac jusqu’au côlon, voire même influencer nos choix alimentaires. Comprendre le fonctionnement de notre corps au fil des saisons permet d’adapter son hygiène de vie avec d’avantage de cohérence et de bienveillance.
Se rafraîchir ou digérer, entre choix et compromis :

Notre corps met tout en œuvre pour maintenir une température stable. Pour cela, les vaisseaux sanguins situés près de la peau se dilatent afin de faciliter l’évacuation de la chaleur. Le flux sanguin est ainsi redistribué vers toute la périphérie du corps (voir mon article sur la circulation lymphatique). Ce phénomène de vasodilatation rend ainsi vos veines plus saillantes après un effort ou, justement, une montée en température. Or la digestion nécessite de son côté un apport de sang important tout au long de son trajet : surtout au niveau de l’estomac, du foie, du pancréas et des intestins (voir mon article sur l’impact de la chaleur sur l’intestin). Ainsi, lorsque les températures deviennent élevées, notre organisme doit faire un choix entre deux actions prioritaire : se rafraîchir ou assurer une digestion efficace. Le plus souvent, comme pour le stress (voir mon article de l’impact du stress sur la digestion), la digestion passe temporairement en second plan. Ceci explique pourquoi certaines personnes indiquent avoir une digestion plus lente en été : l’estomac peut se vider moins rapidement ce qui peut provoquer une sensation de lourdeur avec perte d’appétit. Les aliments trop gras, les plats trop copieux ou les repas pris en pleine chaleur sont alors plus difficiles à digérer. Cette réaction est une fois encore l’illustration de l’intelligence de notre organisme pour s’adapter aux conditions de son environnement. Il ne faut donc absolument pas forcer la machine et « stimuler » une digestion à un moment où ce n’est pas opportun. D’autant plus que plusieurs fonctions digestives sont impactées comme la production de sucs digestifs ou le péristaltisme intestinal (voir mon article sur l’intestin). Ceci est particulièrement palpable après les repas festifs de l’été composés de grillades riches en matières grasses, de sauces, d’alcool, de dessert copieux ou de glaces qui demandent toujours plus de travail à notre système digestif. Et puis, pour finir, digérer produit de la chaleur. Donc, en réduisant naturellement l’appétit, ou en provoquant plus d’appétence pour des choix d’aliments plus légers, l’organisme cherche à limiter une production supplémentaire de chaleur interne. En faisant diminuer l’appétit spontanément en été, notre organisme répond à une autre stratégie d’économie d’énergie très pertinente, qui lui permet de mieux supporter les températures élevées.
Les aliments rafraîchissants : vrais et faux amis

La nature est notre alliée et les fruits et légumes d’été répondent à nos besoins du moment. Les fruits sont riches en eau et les crudités sont variées et goûteuses. Mais notre alimentation en été se compose également d’avantage de glaces, boissons fraîches, apéritifs et barbecues. Or certains de ces aliments peuvent contribuer à l’apparition de troubles digestifs lorsqu’ils sont consommés de manière excessive et déséquilibrée. Et cela sera d’autant plus sensible sur des organismes déjà fragilisés par la chaleur. Les boissons froides par exemple procurent une sensation de fraîcheur immédiate, particulièrement appréciée en été. Toutefois, elles ne sont pas vraiment un cadeau pour notre organisme qui doit rétablir une température suffisamment élevée pour que les liquides et autres aliments puissent être digérés. Boire des boissons très froides demande donc à notre organisme un travail supplémentaire. Cette arrivée brutale du froid sur notre système digestif peut ralentir temporairement la vidange gastrique et provoquer des sensations d’inconfort après le repas avec spasmes digestifs, voire reflux gastriques chez certaines personnes. C’est la raison pour laquelle je déconseille les glaces en fin de repas ou l’eau glacée pendant les repas. De même, l’été est souvent l’occasion d’organiser des repas plus festifs, en famille ou entre amis, avec apéritifs et grillades. Or, les cuissons au barbecue demandent un travail digestif important, notamment lorsque ce sont des viandes grasses ou marinées qui sont proposées. En effet, les lipides ralentissent la vidange de l’estomac afin que leur assimilation se fasse progressivement. C’est ainsi que les personnes que je voie me font part d’une sensation de digestion lente, avec des éructations et des remontées gastriques qui les gênent. Enfin, les repas festifs sont souvent accompagnés d’alcool. Or cette dernière a un double effet sur notre organisme. D’abord elle peut irriter la muqueuse gastrique et provoquer ainsi des reflux (voir mon article sur les reflux gastriques). Et puis l’alcool augmente la déshydratation à cause de son action diurétique, ce qui perturbe la thermorégulation de notre corps. Et puis, bien que les crudités soient des aliments santé, légers et rafraîchissants, elles demandent un travail mécanique et enzymatique conséquent. Lorsque les repas se composent presque exclusivement de salades composées avec des légumes crus en grande quantité et des fruits à profusion, ils peuvent être suivis de ballonnement, de sensation de ventre gonflé. Ces fruits et crudités, riches en fibres, peuvent favoriser des fermentations avec apparition de ballonnement, surtout chez les personnes qui ont tendance à ne pas mâcher suffisamment. Cet aspect peut être aggravé si on a tendance à multiplier les prises alimentaires au cours de la journée avec des fruits au petit-déjeuner, des salades à midi, un fruit pour le goûter et de nouveau une salade composée le soir. Les personnes me disent alors ne plus supporter les crudités, et les ont exclues de leur alimentation alors qu’elles sont indispensables et irremplaçables de part leur valeur nutritionnelle. Il suffit parfois d’un léger petit réglage pour pouvoir réintroduire les crudités sans provoquer des nouvelles réactions digestives. Et puis il ne faut pas sous-estimer l’impact du rythme de vie en été qui peut être un peu plus aléatoire : des repas plus tardifs pour profiter de la fraîcheur, des horaires moins réguliers, des repas plus long et donc qui s’enchaînent plus rapidement. Le système n’apprécie pas vraiment ces horaires anarchiques, il a besoin d’une certaine régularité. Les troubles digestifs observés pendant l’été reflètent donc plus une difficulté d’adaptation de notre organisme à de nouvelles données saisonnière, la chaleur en l’occurrence, qu’à une intolérance à un aliment particulier.
Les effets du stress sur la digestion :

En été les nuits sont souvent écourtées, on se couche plus tard, parfois plus tôt. Une mauvaise nuit perturbée par le vol d’un moustique, une journée particulièrement remplie, que ce soit au travail ou en vacances, peuvent représenter un stress pour l’organisme et il influence de nombreux processus internes, dont la digestion. La chaleur n’agit donc pas uniquement sur nos organes digestifs, mais elle impacte également notre système nerveux qui, lui-même joue un rôle central dans notre digestion (voir mon article sur le système nerveux). Pour pouvoir digérer convenablement, notre système nerveux doit repasser en mode parasympathique (et le stress nous maintien en mode sympathique qui est sont antagoniste). C’est à ce moment qu’il peut stimuler la production de salive, favoriser la sécrétion de sucs gastriques, moduler les contractions de l’estomac et le péristaltisme intestinal. Le système nerveux intervient donc dans l’assimilation des nutriments et la réparation de la muqueuse digestive (fonctions inutiles et donc inhibées en cas de stress où tout est mis en œuvre pour fuir ou combattre). Ainsi, pour bien digérer, nous avons besoin de calme afin que notre organisme se sente suffisamment en sécurité pour mettre son énergie dans le processus de digestion. Notre corps ne fait pas la différence entre un stress psychologique ou un stress physiologique, comme la chaleur excessive. Cette mobilisation constante pour maintenir une température stable sollicité constamment notre système nerveux ce qui réduit ses capacités à récupérer. De nouveau, la digestion est impactée par un système nerveux déséquilibré et les troubles digestifs apparaissent. De même, les signaux corporels habituels peuvent être brouillés par la fatigue accumulée, et il peut devenir difficile d’identifier clairement les sensations de faim et de satiété, ce qui peut conduire à manger plus rapidement, plus machinalement, sans répondre aux besoins réels de notre organisme. Cela peut être aggravé dans un contexte de mode de vie moins sédentaire. En été les activités en extérieur se multiplient, comme les repas en extérieur, en terrasse ou à la plage. On été nous bougeons plus, faisons des rencontres, de nouvelles expériences. Cette vie enrichissante est souvent source de plaisir mais elle demande au cerveau, et donc à notre système nerveux, un travail d’adaptation permanent, ce qui contribue à accentuer la fatigue nerveuse et donc notre système digestif. Or notre tube digestif et notre cerveau entretiennent un dialogue permanent. Si les émotions, le stress, la qualité de notre sommeil influencent directement la fonction digestive. Il en va de même dans l’autre sens : une digestion difficile augmente l’inconfort général et provoquer une certaine irritabilité. Cette relation bidirectionnelle explique pourquoi certaines personnes ont l'impression d'entrer dans un cercle où fatigue, chaleur et troubles digestifs semblent s'entretenir mutuellement. C’est la raison pour laquelle, ce n’est pas uniquement le contenu de l’assiette elle-même qu’il faut revoir, ce n’est pas l’exclusion d’aliment qui importe. Il suffit parfois déjà de prendre le temps de manger dans le calme, prendre le temps de mastiquer, apprécier ce que l’on mange. Il s’agit de mettre son cerveau au repos en évitant les écrans pendant les repas ou les discussions houleuses. Prévoir des temps de récupération dans la journée pour permettre à votre corps de répondre convenablement aux charges qui lui sont assignées. La digestion ne dépend pas uniquement de ce que nous mangeons, mais également de la manière dont nous vivons et répondant aux signaux que nous envoi notre corps.
Je peux vous aider :

Ainsi, pour répondre à une chaleur excessive, l’organisme active de nombreux mécanismes d’adaptation indispensables à préserver son équilibre interne. Cet effort constant a un impact direct sur le fonctionnement de notre digestion, de façon plus ou moins marquée. : digestion ralentie, ballonnements, transit intestinal perturbé, lourdeurs peuvent apparaître alors que nous avons l’impression de mieux manger, de manger plus léger, plus sain. Les causes de ces problèmes ne sont pas dues à un disfonctionnement du système digestif. Elles sont en réalité la manifestation, parfois bruyante, de l’effort de notre corps pour gérer au même moment l’impact de la chaleur, une façon de s’alimenter différente, des rythmes différents et des contraintes nouvelles. Il suffit donc parfois de juste écouter ce que notre corps a à nous dire et d’adapter notre réponse à ses véritables besoins. Régler des troubles digestifs en ne répondant que par des réformes alimentaires est nettement insuffisant. La digestion n’est pas une fonction isolée, et les troubles qu’elle manifeste ne sont que les témoins de notre capacité globale d’adaptation.
Ainsi, la naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe.
Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait.
Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac et les comportements compensatoires à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence
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Santé publique France. Canicules et santé : comprendre les mécanismes d'adaptation de l'organisme, 2024.
INSERM. Le système digestif : fonctionnement et interactions avec l'organisme, dossier thématique, mise à jour 2023.












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