Le système nerveux : le chef d'orchestre invisible de notre équilibre
- Guillemette Bourgoing

- il y a 2 jours
- 7 min de lecture
Lorsque vous venez me voir en consultation, vous venez souvent pour un motif et, au fil de mes questions, de nombreuses problématiques s’entrecroisent, n’ayant, en apparence, rien en commun. Votre sommeil est devenu fragile, et vous réalisez que vous avez également du mal à digérer, que vous êtes constamment fatigué, et que vos envies de sucre ou cigarettes sont particulièrement présentes en ce moment. Vous reconnaissez alors un stress diffus qu’il est souvent difficile de reconnaître et qui est pourtant bien présent. Ces manifestations sont souvent traitées indépendamment, un somnifère pour dormir, un remède pour soulager les ballonnements. Et pourtant notre organisme fonctionne avec un système où tout est connecté. Le système nerveux en est la clef de voûte. Par un réseau complexe de fibres et de signaux électriques, il dirige chaque battement de notre cœur, spasmes abdominaux, chaque souffle, chaque pensée… Véritable chef d’orchestre, il ne se contente pas de transmettre des informations. Il perçoit, interprète, priorise et ajuste en permanence. Et lorsque le maestro s’épuise, perd le tempo… cette belle symphonie devient cacophonie : stress chronique, addictions, nuits hachées, digestions laborieuses ne sont pas des symptômes isolés, c’est en réalité un système tout entier qui est déréglé.
Entre action et récupération, un juste équilibre :

Notre système nerveux autonome alterne constamment entre deux axes complémentaires : le sympathique (ou orthosympathique) et le parasympathique, entre activation et récupération. Le système sympathique est celui qui nous a permis de survivre en des temps nettement plus reculés et difficiles pour l’espèce humaine. Face à un danger, il déclenche rapidement la libération de catécholamines (adrénaline et noradrénaline) et de cortisol qui permettent d’augmenter la fréquence cardiaque, dilater les bronches. Le foie libère du glucose pour fournir immédiatement aux muscles l’énergie pour fuir ou combattre. Les fonctions alors non essentielles, comme la digestion et la reproduction, sont alors temporairement inhibée (voir mon article sur le stress). En pendant, le système parasympathique, lui, répare, ramène au calme. Il favorise le ralentissement du cœur, relance la digestion et la réparation tissulaire. Cette alternance est essentielle et indispensable. Notre organisme est parfaitement adapté à une menace ponctuelle. En revanche, lorsqu’il se prolonge, et c’est souvent le cas dans nos mode de vie moderne avec la présence de micro-stress répétés comme des notifications, bruits et autres pressions externes, notre système nerveux se dérégule progressivement et se maintient en mode « survie ». Nos glandes surrénales finissent par sécréter du cortisol de manière tout à fait anarchique. Et alors que le cortisol était initialement protecteur, il devient délétère car trop élevé et empêche notre corps à retrouver sa capacité de résilience, à retourner en mode repos : le sommeil est perturbé, la sensibilité à l’insuline altérée, le système nerveux lui-même ne retrouve plus ses capacités d’adaptation. C’est la porte ouverte à de nombreux déséquilibres chroniques. S’il n’est pas toujours possible de supprimer les sources de stress, il s’agit alors de retrouver cette flexibilité qui permet au système nerveux de revenir rapidement à l’homéostasie après un stress vécu.
Une cascade de répercussions :

Lorsque le système nerveux se dérègle, les conséquences ne se limitent pas à une sensation de stress. D’ailleurs parfois, les personnes n’ont pas vraiment conscience d’être stressées. Les conséquences s’inscrivent dans un ensemble où tout est lié. Partons par exemple de la digestion. Nous avons vu qu’elle est inhibée pendant une période de stress (voir mon article) : en mode sympathique, le sang est détourné des viscères vers les muscles périphériques (ce n’est pas le moment de bouloter, là il faut courir !). A ce moment l’acidité gastrique est réduite (hypochlorhydrie) et le péristaltisme intestinal ralenti. Ce qui entraine une mauvaise digestion qui modifie l’équilibre intestinal marqué par de la fermentation, des ballonnements et une altération de la perméabilité intestinale. Or, le tube digestif héberge notre système nerveux entérique, notre « deuxième cerveau », constitué de 200 millions de neurones qui communiquent en permanence avec notre cerveau. Et c’est également dans l’intestin que sont synthétisés 95% de notre sérotonine. Or la sérotonine est un neurotransmetteur qui régule l’humeur (voir mon article sur les hormones du bonheur). La sérotonine est également précurseur de la mélatonine, l’hormone du sommeil (voir mon article). Or si cette dernière vient à manquer, c’est le sommeil qui est directement impacté. Par ailleurs, si le système nerveux ne parvient pas à retourner en mode parasympathique, le cerveau reste en état d’hyperactivation ce qui rend les cycles de sommeil fragmentés et le sommeil profond, pourtant essentiel à la récupération nerveuse, diminue. C’est la raison pour laquelle le système nerveux cherche alors un apaisement immédiat qu’il peut trouver à travers la sécrétion de dopamine fournie notamment par le sucre ou la cigarette. Ces derniers agissent alors comme des « leurres » neurochimiques en provoquant des pics de dopamine qui nous calment artificiellement, avant de provoquer une descente plus profonde et un nouveau besoin. Le tabac agit à la fois sur les récepteurs nicotiniques et sur la libération de neurotransmetteurs. Il peut procurer une sensation de stimulation ou d’apaisement selon le contexte. Ce double effet explique en partie la difficulté à s’en détacher lorsque le système nerveux est déjà fragilisé (voir mon article stress et tabac). C’est la raison pour laquelle la naturopathie est intéressante dans l’arrêt du tabac car elle ne se limite pas au simple arrêt du tabac, elle s’occupe de la personne dans son intégralité.
Le nerf vague : la voie royale du parasympathique :

Le nerf vague, souvent méconnu, est pourtant le plus long nerf de l’organisme. Il parcourt notre corps de la base du crâne jusqu’à l’abdomen. Il innerve au passage le cœur, les poumons et la quasi-totalité du système digestif. Il joue ainsi un rôle fondamental dans la régulation de nos fonctions vitales. Physiologiquement il agit comme un véritable « frein » du système nerveux. S’il envoi au cerveau des messages de sécurité, les défenses liées au stress s’apaisent : il ralentit le rythme cardiaque, favorise la digestion, module la réponse inflammatoire et participe à la sensation de sécurité intérieure. Un cercle vertueux se met ainsi en place. Toutefois, sous l’effet d’une tension prolongée, le nerf vague peut devenir en quelque sorte « atone ». Le corps a alors des difficultés à revenir à un état de repos. Un faible tonus vagal est alors associé à une anxiété chronique, une digestion difficile et à une mauvaise récupération cardiaque. Stimuler le nerf vague permet de restaurer sa tonicité pour le permettre une meilleure résilience face au stress. C’est l’une des clés de voûte de mon accompagnement : utiliser des techniques naturelles telles que la réflexologie ou l’auriculothérapie, pour permettre de déconnecter le mode alerte et rétablir ce subtil équilibre entre action et réparation.
Je peux vous aider :
Ainsi notre système nerveux est bien plus qu’un simple réseau de communication. Il est le garant de notre capacité à nous adapter, à récupérer, à maintenir un équilibre intérieur et il demande à être écouté comme une partition vivante. En comprenant que nos troubles digestifs, nos addictions ou nos nuits blanches sont les messagers d’un système nerveux dérégulé, l’accompagnement que je peux proposer permet de retrouver une cohérence globale. Mon rôle, à travers la naturopathie et tous mes outils tels que la réflexologie ou l’auriculothérapie, est de vous fournir les outils et l’espace nécessaire pour retrouver votre symphonie intérieure. Dans ma pratique, je ne considère jamais un symptôme isolément, j’explore toujours le terrain de la personne dans sa globalité et surtout la sphère nerveuse sous-jacente. Mon accompagnement vise à restaurer cet équilibre, de manière progressive et adaptée à votre réalité. Dans le cadre de l’arrêt du tabac, cette approche prend tout son sens. Il ne s’agit pas simplement d’arrêter de fumer, mais de comprendre ce que la cigarette venait réguler — et d’offrir au corps d’autres moyens, plus durables, de retrouver cet équilibre. Chaque accompagnement est unique, car chaque système nerveux a son histoire.
Ainsi, la naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe.
Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait.
Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac à Villelaure Pertuis et Aix-en-Provence
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Servan-Schreiber, D. (2003). Guérir le stress, l'anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse. Robert Laffont. (Un ouvrage fondateur sur la physiologie des émotions et la cohérence cardiaque).
Porges, S. W. (2021). Le guide de la Théorie Polyvagale : Le pouvoir transformateur de se sentir en sécurité. Éditions Quantum Way.














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