• Guillemette Bourgoing

Le Qi-Gong de printemps


Le Qi-Gong est une gymnastique pratiquée en Chine depuis des millénaires. En regroupant plusieurs techniques traditionnelles de mouvements, respiration, méditation et visualisation il est une véritable discipline énergétique qui rétabli l’équilibre interne et apaise ainsi l’esprit. Il est pratiqué avec des gestes affinés, lents, des postures précises, qui ramènent à un état d’équilibre général, d’homéostasie, si cher à la naturopathie. Dans la philosophie chinoise ancienne, Le Qi est une force naturelle qui englobe tout l’univers et toutes les manifestations de la nature. Il relie entre eux les êtres, qu’ils soient humains, animaux, végétaux ou minéraux. Il circule à l’intérieur des organismes, et notamment du corps humain, par des méridiens. On le retrouve dans la tradition indienne et en naturopathie sous le terme de Prãna ou de « force vitale ». Le mot « Gong » peut être traduit par « travail » mais surtout par « pratique artistique » ou « culture » car c’est une pratique qui demande toujours à être épurée, répétée de manière précise et régulière, afin de parvenir à la forme la plus juste. Ainsi le Qi-Gong peut être traduit par « le travail du souffle » ou « le travail par le souffle ».


Le Qi-gong est apparu en Chine il y a au moins 3000 ans et s’est enrichi au fils des siècles par trois courants fondamentaux : le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme. En premier lieu, le travail du souffle du Taoïsme avait pour but d’harmoniser la personne avec l’énergie universelle, le QI, à l’origine de la vie et coordonner ensemble le corps et l’esprit. Il s’agissait de « danses pour faire circuler les souffles vitaux et lever les stagnations sanguines « (Lu Shi Chun, 1er millénaire avant JC). La concentration de l’esprit, la communion avec la nature et donner un sens à sa vie étaient alors les points essentiels de l’influence taoïste.

A cette vision spirituelle, s’est greffée celle fondée par Confucius au VIème siècle, destinée à régler la vie en société. Les techniques de Qi Gong permettent alors, en plus, de discipliner l’esprit et d’accéder ainsi une meilleure intégration en société, en allant au-delà de toute passion. Il s’agit alors de se contrôler au quotidien pour écarter les idées malfaisantes et ne cultiver qu’une énergie saine dans la société humaine.

Parallèlement, le bouddhisme, venu d’Inde, se répand très rapidement en Chine dès les premiers siècles de notre ère pour y devenir la religion majeure. Déjà très structuré, il influence les arts, les pratiques spirituelles, la religion, la philosophie et les pratiques physiques, notamment les arts martiaux et donc le Qi-Gong, en introduisant des pratiques de méditation et d’étique de vie motivées par la compassion envers tous les êtres. Pour cela, il s’agit de développer, dans tous les actes de la vie, une vision, et sa mise en œuvre, juste et consciente.

Présenté dans les années 1950 comme une « thérapie d’origine populaire chinoise » par le parti communiste, il est interdit et réprimé lors de la Révolution culturelle mais continue à être transmis clandestinement. Il connait finalement un grand renouveau en Chine dans les années 1980, où il est pratiqué dans des centres thérapeutiques, des monastères, mais aussi des parcs urbains et les campagnes.



Grace au maintien de l’attention sur la respiration et les mouvements, le Qi-gong permet d’instaurer le calme et donc de réduire le stress et les tensions mentales. L’activation énergétique induite par les exercices en permet une meilleure circulation et redonne de l’énergie. Les mouvements lents et mesurés permettent de ramener le système nerveux au calme, en ralentissant les battements cardiaques, la respiration et donc en réduisant la tension artérielle. Le système nerveux passe alors dans un cycle de repos et de réparation (en parasympathique) en abaissant la production de dopamine. Par ailleurs, les mouvements lents accompagnés d’une respiration profonde permettent d’activer la circulation sanguine et lymphatique, ainsi que diaphragme qui masse ainsi les organes internes et notamment le foie. Ce dernier peut alors se libérer de ses impuretés dans une détoxication douce, régulière et physiologique.

Surnommé « Le Général » dans la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), le foie est l’organe qui génère le drainage, la circulation d’énergie et le stockage du sang. Il est particulièrement sensible au stress et à la colère qu’il gère très mal et qui peuvent être à l’origine de nombreux symptômes. (voir mon article sur le foie : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/le-foie-d-est-en-ouest ). Toujours selon la MTC, mais qui se vérifie aussi au quotidien, on peut attribuer à un blocage d’énergie au niveau du foie des symptômes aussi variés que des vertiges et éblouissements, bourdonnements d’oreille, des palpitations cardiaques, insomnies, cauchemars, impatience, mauvaise digestion…


Le Qi-Gong permet finalement un renforcement du corps dans sa globalité en entretenant et développant sa vitalité, améliorant la respiration, en calmant l’esprit et combattant le stress, en soutenant le foie. Il permet de mieux gérer ses émotions et favorise la détente. En maintenant et ramenant la souplesse il agit de manière bénéfique sur les pathologies articulaires (arthrite …) et osseuses (ostéoporose). Enfin, grâce à une meilleure circulation de l’oxygène et du sang, il permet de renforcer la mémoire et développe la concentration. Il favorise également un meilleur sommeil.

Considéré comme l’un des trésors légués par la tradition chinoise, le Qi-Gong répond à de nombreux motifs de visites au sein de mon cabinet de naturopathie. Ne soyez donc plus surpris s’il fait partie de la liste des conseils que je vous propose.

Et si vous avez déjà essayé, si vous le pratiquez et si vous êtes un adepte, n’hésitez pas à partager vos bonnes adresses, vos témoignages ou peut-être même des photos.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et réflexologue

39 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout