Comment le printemps peut fatiguer autant qu'il dynamise ?
- Guillemette Bourgoing

- 16 mars
- 7 min de lecture
Bien souvent le printemps incarne le renouveau, une sorte de nouveau souffle. La lumière revient, la nature s’éveille. Bourgeons, insectes, poulains et jeunes pousses viennent nous ravir. Les journées s’étirent et l’on associe volontiers cette période à un regain d’énergie et de vitalité. Ainsi, après les mois plus calmes de l’hiver, l’idée d’une dynamique nouvelle semble presque naturelle. Pourtant, au niveau physiologique, cette saison ne correspond pas uniquement à cet élan spontané parfois attendu. Le printemps est aussi une phase d’adaptation importante pour l’organisme. C’est pourquoi, beaucoup de personnes ressentent à cette période, sans en comprendre les origines, une fatigue inhabituelle, des troubles du sommeil, une irritabilité passagère ou une sensibilité accrue aux allergies. Ces manifestations peuvent surprendre, tant elles semblent en contradiction avec l’image d’une saison énergisante. En réalité, le printemps représente un moment de où notre organisme se réadapte, où il est en pleine transition, ce qui lui demande beaucoup d’énergie. L’augmentation de la lumière, la modification des rythmes hormonaux, la reprise de l’activité immunitaire et la stimulation du système nerveux créent un contexte physiologique particulier. L’organisme doit alors ajuster de nombreux équilibres internes pour s’adapter à ce nouvel environnement. Comprendre ces mécanismes permet de porter un regard plus nuancé sur cette saison de transition et d’accompagner ce passage avec davantage de respect pour les rythmes du corps, sans le brusquer et en le soutenant dans cet effort.
Une adaptation hormonale :
Le fonctionnement de l’organisme humain est profondément influencé par les cycles naturels. Bien que la vie moderne nous coupe parfois de notre connexion et donc de notre perception des saisons, le corps demeure sensible aux variations de la lumière, des températures et de la durée des journées. Au sortir de la période hivernale, plusieurs systèmes physiologiques entrent dans une phase de réajustement. Le métabolisme (toutes les réactions chimiques qui se déroulent au cœur même de nos cellules), la thermorégulation, l’activité hormonale et les rythmes veille–sommeil doivent progressivement se synchroniser avec les nouvelles données de notre environnement.
Les études en chronobiologie(1) ont montré que ces adaptations sont orchestrées par une horloge biologique centrale, située dans le cerveau au niveau de l’hypothalamus. Cette horloge interne coordonne les rythmes circadiens — c’est-à-dire les cycles biologiques d’environ vingt-quatre heures — et régule notamment la sécrétion de nombreuses hormones (voir mon article). Au printemps, l’organisme sort d’une période hivernale marquée par un fonctionnement légèrement ralenti. Cette économie relative d’énergie correspond à une adaptation aux conditions saisonnières : moins de lumière, températures plus basses et activité extérieure réduite. Même si notre organisme est moins soumis aux aléas saisonniers grâce à l’amélioration de notre confort de vie (assez récent d’ailleurs si on remonte dans l’histoire de l’humanité… la notion de « chauffage à tous les étages » n’a même pas un siècle !), notre organisme a gardé cette mise en condition liée aux cycles des saisons. Or, lorsque les conditions environnementales changent rapidement, le corps doit réactiver certaines fonctions métaboliques et hormonales. Ce processus mobilise beaucoup d’énergie et peut se traduire par une sensation de fatigue temporaire. Il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement, mais d’un signe que l’organisme s’ajuste à un nouveau rythme.
Une adaptation à la lumière :

Parmi les facteurs qui ont la plus forte influence sur nos rythmes biologiques, la lumière occupe une place centrale (voir mon article). Elle agit directement sur les structures cérébrales responsables de la régulation des cycles veille–sommeil. La lumière captée par la rétine est transmise aux noyaux suprachiasmatiques de l’hypothalamus, qui ajustent ensuite la sécrétion de mélatonine, l’hormone impliquée dans l’endormissement et la synchronisation des rythmes circadiens (voir mon article). Sécrétée dès que la lumière baisse, pour connaître un pic en milieu de nuit, elle est inhibée avec la lumière (du soleil le matin mais aussi de nos téléphones et autres écrans bleus). Pendant l’hiver, les journées plus courtes entraînent une production de mélatonine plus prolongée. En écoutant les besoins de notre corps, nous pourrons remarquer que notre organisme a alors besoin d’un rythme de repos plus marqué. En revanche, au printemps, l’augmentation rapide de la luminosité modifie ce système. La production de mélatonine diminue progressivement et les cycles veille–sommeil doivent alors se recalibrer. Cette transition peut entraîner une phase d’ajustement durant laquelle certaines personnes ressentent un sommeil plus léger, des réveils nocturnes ou une sensation de décalage. Le corps doit se réaligner avec un environnement plus lumineux, ce qui peut prendre plusieurs semaines selon les personnes et leur hygiène de vie. Car, en effet, cette sorte de décalage horaire peut être accentué par certains éléments de la vie contemporaine : exposition prolongée aux écrans le soir, rythmes professionnels irréguliers, manque de lumière naturelle en journée et le changement d’heure (voir mon article).
Une adaptation de notre système immunitaire :
Le printemps correspond également à une période d’activité intense pour le système immunitaire. La pollinisation de nombreuses plantes libère dans l’air une grande quantité de pollens, susceptibles de déclencher des réactions allergiques chez les personnes sensibles (voir mon article). Selon les données épidémiologiques pour la France, plusieurs millions de personnes sont concernées de façon plus ou moins intense par les allergies respiratoires saisonnières. Ces allergies entraînent particulièrement l’activation du système immunitaire qui doit produire des anticorps spécifiques, avc libération d’histamine et mobilisation de différentes cellules immunitaires. Alors, même lorsque les symptômes restent modérés, cette activité immunitaire représente une sollicitation importante pour notre organisme. C’est la raison pour laquelle, la fatigue ressentie par certaines personnes au printemps peut en partie être liée à cette importante mobilisation physiologique. Par ailleurs, les changements de température et d’humidité modifient l’environnement des microbes. En effet, les virus et bactéries circulant dans l’air évoluent avec les saisons, ce qui oblige l’organisme à ajuster en permanence ses mécanismes de défense. Cette adaptation constante contribue à la sensation générale de transition, et donc éventuellement de fatigue, qui caractérise le début du printemps.
Une adaptation de notre système nerveux :

Enfin, au-delà des aspects hormonaux et immunitaires, le printemps agit également sur notre système nerveux. L’augmentation de la lumière stimule certaines régions cérébrales impliquées dans la régulation de l’humeur et de la motivation. Ainsi la production de neurotransmetteurs tels que la dopamine et la sérotonine peut être influencée par ces variations saisonnières (voir mon article sur les hormones du bonheur). Chez de nombreuses personnes, cette stimulation se traduit par une sensation d’élan et de dynamisme apporté notamment par la dopamine. Cependant, lorsque le système nerveux est déjà sollicité par un rythme de vie soutenu, cette stimulation supplémentaire peut provoquer une agitation intérieure, une hypersensibilité émotionnelle et un retour ou une exacerbation des conduites addictives (sucre, tabac, hyperphagie...) Il n’est d’ailleurs pas rare d’observer à cette période une certaine impatience, une difficulté à ralentir ou une impression de dispersion mentale. Ces manifestations reflètent l’intensité des ajustements physiologiques en cours. Dans plusieurs traditions médicales anciennes (voir mon article sur le printemps chinois), le printemps est décrit comme une saison où l’énergie se remet en mouvement. L’enjeu n’est alors pas d’accélérer ce processus, mais de l’accompagner progressivement, de la soutenir dans son effort, afin d’éviter les déséquilibres liés à une stimulation excessive.
Je peux vous aider :
Sommes toutes, si le printemps peut parfois être ressenti comme une période de fatigue paradoxale et mal comprise, c’est précisément parce qu’il est une phase de transition majeure pour notre organisme et il ne s’agit surtout pas de brûler les étapes. Les rythmes hormonaux se modifient, la lumière redéfinit les cycles biologiques, le système immunitaire s’adapte à un environnement nouveau et le système nerveux répond à une stimulation accrue. Toutes ces transformations demandent du temps et beaucoup d’énergie. Dans la nature, les transitions ne se font jamais brutalement. La montée de l’énergie est progressive, orchestrée par des mécanismes subtils qui permettent à chaque organisme de s’ajuster à son rythme. Adopter cette même attitude d’écoute et de modération peut transformer la perception de cette saison. Plutôt que de chercher à accélérer le mouvement ou à forcer la vitalité, il peut être plus juste d’accompagner cette période comme un temps d’équilibre à retrouver. Cette fatigue traduit peut-être le signe de carences ou de manques qui empêchent notre organisme, le ralentissent, dans cette période de transition. C’est à ce moment que la naturopathie intervient, pour soutenir les mécanismes en jeu en leur apportant ce dont ils ont réellement besoin.
Par mes conseils personnalisés je vais mener une action sur les carences micro-nutritionnelles, sur l’inflammation et le stress oxydatif, sur l’équilibre du microbiote et la perméabilité intestinale, sur la gestion du stress et des émotions, l'arrêt du tabac dans une prise en charge globale (voir mon article sur la naturopathie). Ecouter, prendre en compte, expliquer, proposer des solutions, adapter les conseils sont tout ce qui fait un suivi naturopathique, pour des réformes efficientes et pérennes. A l’instar d’un traitement pharmacologique, ces conseils seront alors à prendre avec autant de sérieux. Ils le seront à condition d’être compris, appropriés et le moins contraignant possibles.
La naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe : je pratique aussi la réflexologie auriculaire et l'iridologie en plus de l'usage des plantes et de la micronutrition.
Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait, retrouvez le plaisir de manger sainement et l’énergie qui nous procure la joie de vivre !
Guillemette Bourgoing, naturopathe et réflexologue spécialisée dans l'arrêt du tabac sur Villelaure Pertuis et Aix-en-Provence
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(1) - Reinberg, Alain ; Smolensky, Michael H., « Chronobiologie et chronothérapeutique », Paris, Flammarion Médecine-Sciences, 2003.
















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