• Guillemette Bourgoing

Les allergies : que nous disent-elles ?

Le nombre de personnes souffrant d’allergies a considérablement augmenté dans les pays industrialisés ces 20-30 dernières années. Cela à tel point que l’on estime qu’un tiers de leur population est concernée par une maladie allergique. Elles peuvent se manifester par une dermite atopique, de l’asthme, une rhinite, de la conjonctive allergique ou encore par des allergies alimentaires. Elles sont particulièrement fréquentes chez les jeunes enfants et les jeunes adultes. Pour y répondre, il existe de nombreux traitements médicamenteux ou des stratégies de désensibilisation. Mais il est également intéressant de se pencher sur la dimension somatique, psychologique, voire symbolique d’une réaction allergique.


En règle générale, une allergie est traitée en en définissant la cause, l’allergène. Il est le responsable d’une réaction disproportionnée du système immunitaire qu’il s’agit d’apaiser. La réaction allergique s’installe en deux temps. La phase de sensibilisation est le moment où l’allergène, perçu comme un antigène, entre en contact avec l’organisme. Ce dernier, le considérant comme un intrus, produit des anticorps afin de le neutraliser en cas de nouvelle intrusion. Cette phase est asymptomatique, c’est ainsi que notre système immunitaire fonctionne au quotidien, se créant ainsi une banque de données propre à chacun. La seconde phase, dite « d’hypersensibilisation allergique » est plus problématique. Les anticorps réagissent de façon exacerbée face à une nouvelle intrusion de l’allergène ciblé, provoquant une « réaction allergique », avec prolifération des globules blancs, d’immunoglobuline (IgE) et d’histamine. Les manifestations allergiques dépendent alors du type d’allergène et de la porte par laquelle il est entré.



Le plus souvent bénignes, elles peuvent toutefois se manifester violemment à travers un choc anaphylactique, une détresse respiratoire ou un œdème de Quincke. Il s’agit alors de réaliser une éviction de l’allergène, traiter la crise par des antihistaminiques et désensibiliser progressivement la personne, ce qui peut être très long, avec des résultats aléatoires. C’est pour cette raison qu’il est intéressant de se pencher sur la dimension psycho-émotionnelle de l’allergie. Car, comme l’a souligné David Servan-Schreiber, il arrive que des personnes déclenchent une réaction allergique, croyant être en contact avec un allergène déjà identifié. C’est dire l’impact de notre mental sur notre physique. Une allergie peut être une information qui nous renseigne sur des conflits, traumatismes, inconscients et donc non résolus.


Comme nous l’avons vu, le système immunitaire crée sa propre banque de données, qu’il réactualise au quotidien en expérimentant, interprétant et analysant toute nouvelle information. Son interprétation est déterminée par le patrimoine reçu, ce que nous vivons, notre terrain, notre histoire et par l’intensité que nous donnons aux événements auxquels nous sommes confrontés. En effet, notre particularité est de pouvoir interpréter le réel et de s’en distancer en fonction de ses nos croyances et de nos propres résistances. Or, plus cette distanciation est grande, plus la confrontation avec la réalité extérieure est douloureuse et conflictuelle, pouvant ainsi entraîner des symptômes ou encore des maladies.

La crise allergique permet de nous focaliser sur des symptômes physiques, afin de nous détourner du souvenir des souffrances émotionnelles attachées à une situation ou un événement précis tout en cherchant à l’extérioriser. L’allergène incriminé, n’occupait alors qu’une place de témoin et vient pourtant rappeler le souvenir tout en détournant le véritable vécu. L’allergie est alors une protection physique, déplacée, mais qui protège la personne d’une résurgence émotionnelle refoulée, jugée trop douloureuse, ou déstabilisante, pour qu’elle accepte d’y être à nouveau confrontée. En le réalisant, en en prenant conscience, nous apprenons à nous confronter aux situations qui nous posent problème et à en trouver des solutions afin de nous en protéger et de nous soulager.


Ainsi, il est important de remonter dans l’histoire de la personne lorsque son organisme déclenche une réaction disproportionnée face à une substance qu’il détermine comme dangereuse. Dans quelle situation était-elle lorsqu’elle a été mise en contact pour la première fois avec cette molécule qu’elle classe comme allergène ? L’événement déclencheur peut encore être dans notre mémoire vive, donc conscient, mais il peut également avoir été refoulé, ou encore appartenir à son histoire gestationnelle (stress subit par la mère pendant la grossesse, perte d’un jumeau, accouchement compliqué) voire transgénérationnelle. La personne sent que quelque chose ne va pas, mais comme elle n’en n’a pas forcement conscience elle le déplace sur un élément symbolique qui permet de réagir rapidement en cas de résurgence. C’est la raison pour laquelle ces codages, comme les allergies, se mettent souvent en place dès la petite enfance. Car bien que percevant un problème, les enfants ne peuvent pas toujours le comprendre et donc le traiter.


Pour prendre l’exemple des intolérants au gluten, chez les personnes suivies on relève beaucoup de colères étouffées, des rapports conflictuels avec l’entourage et des symptômes qui amènent progressivement à une exclusion de la vie sociale. Ce sont des personnes qui, par la force des choses, obéissent à des règles qui restent, pour elles, inacceptable et qui ne correspondent pas à leurs réelles convictions. Pour pallier à ce sentiment de frustration et prendre le recule nécessaire, elles développent des réactions physiques qui, certes, portent atteinte à leur intégrité et à leur équilibre corporel mais qui leur permettent d’établir une distance avec ce monde qui ne leur correspond pas.

Dans une interprétation freudienne, plus sur la symbolique, les céréales représentent le père, celui qui nourrit et établit les règles dans son foyer. De ce père, on attend des règles justes et équitables. Si elles ne sont pas vécues comme telles, parce qu’elles ne permettent pas de s’intégrer dans son milieu, parce qu’elles nous poussent à partir de notre foyer, à vivre dans une certaine instabilité, elles vont engendrer une frustration, voire une colère qui, si elle n’est pas conscientisée et interprétée va entraîner une programmation d’autoprotection qui peut se retourner sur notre état de santé général.




Beaucoup de cas d’allergies sont réglés pas un simple traitement médicamenteux, mais, pour toutes allergies persistantes, il est intéressant de se pencher sur cette dimension psychosomatique. En tant que naturopathe, je peux vous accompagner sur des réformes alimentaires, en hygiène de vie, pour soutenir votre système immunitaire, vous aider à diversifier votre alimentation et vous offrir des pistes pour mieux comprendre vos allergies. Ensuite, je peux vous réorienter vers d’autres praticiens en hypnose, psychologie, décodage biologique, constellation familiale ou kinésiologie si nécessaire.


N’hésitez pas à me contacter si vous avec des questions ou si vous recherchez des thérapeutes dans notre région. Vos contacts sont également les bienvenus.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue

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