• Guillemette Bourgoing

Les (presque) milles et une vertus du bourgeon de cassis

Dernière mise à jour : 15 août 2021

Le bourgeon de cassis, dans la pharmacie du naturopathe, est considéré comme une quasi panacée car ses actions sont très étendues. Il agit sur le système endocrinien, nerveux, rénal, respiratoire, cutané, ostéo-articulaire et cardiovasculaire. Et cela de manière durable et profonde, sans contre-indication, notamment lorsqu’il est utilisé en dilution. C’est une plante dite « adaptogène », c’est-à-dire qu’elle harmonise toutes les fonctions (elle est normalisante) car son action n’est pas spécifique sur un organe ou un système, mais elle agit plutôt sur l’organisme dans sa globalité, indépendamment d’une éventuelle pathologie. Un peu comme son antagoniste le gluten... C'est la raison pour laquelle proposer de bourgeon de cassis à une personne hypersensible au gluten est presque devenu un réflexe conditionné chez le naturopathe (!).


Sa première action est de stimuler la synthèse de cortisol, notre cortisone naturelle, qui est la substance produite par les surrénales pour réduire l’inflammation dans notre organisme. Ensuite c’est un excellant draineur, notamment des acides. De ce fait, il agit sur toutes les pathologies en lien avec une inflammation et/ou, sur les terrains acidifiés : drainage des acides sur les tendons et les ligaments (arthrose, rhumatismes, ostéoporose, terrain goûteux avec acide urique élevé …), allergies inflammatoires des voies respiratoires (rhino-pharyngites à répétition, rhume des foins, asthme …). Comme diurétique il agit sur les œdèmes et la rétention hydrique.


Le cortisol est également l’hormone produite pour fuir ou combattre, elle est celle de l’action, de la prise de décision, elle permet au corps de faire face en lui fournissant l’énergie nécessaire (augmente la synthèse de glucose, stimule la libération de lipides et protéines) pour répondre à toutes formes de stress. En stimulant les glandes surrénales, le bourgeon de cassis réveille toutes les fonctions du corps et est alors recommandé en cas de convalescence ou pour toutes les personnes fatiguées, qui manquent d’entrain.


Sur le système circulatoire il exerce une action phlébotonique (tonifie les parois des veines et améliore la circulation du sang) en étant vasoconstricteur. Il permet également de détoxifier le sang (hypocholestérolémiant) et de réguler la coagulation. Par son action sur les reins de draineur, il est hypotenseur.


Sainte Hildegarde de Bingen, dès le XIIème siècle, souligne toutes les propriétés médicinales du cassis désormais éprouvées scientifiquement. Au-delà de ses approches, le cassis a toujours été utilisé traditionnellement comme contrepoison en appliquant des feuilles écrasées sur une morsure ou une piqûre d’insecte. De nos jours il permet de réduire les effets secondaires de la chimiothérapie en améliorant le métabolisme de certains organes, ce qui contribue améliorer la résistance à l’agression chimique. Et cela tout en potentialisant l’action de remèdes auxquels il a été associé.


Ainsi, le cassis est un régulateur endocrinien, une plante adaptogène, un draineur des acides lourds ou toxiques tout ceux à quoi les naturopathes font régulièrement appel dans leurs conseils. Voilà pourquoi le bourgeon de cassis trouve toujours sa place dans la pharmacie du naturopathe… Mais aussi dans son jardin ! En effet, la forme la plus concentrée et polyvalente est le macérât glycériné du bourgeon de cassis (macérât mère ou en dilution à 1D). Toutefois, tout est bon dans le … cassis ! Les baies sont riches en antioxydants par la forte teneur en vitamines C, polyphénols et en anthocyanes, et participent ainsi à ralentir les effets du vieillissement et des dégénérescences cérébrales. Les feuilles, renferment des acides aminés, des huiles essentielles et également de la vitamine C et des flavonoïdes. L’huile de pépin de cassis est riche en acides gras essentiels (oméga 3 et 6), comme l’huile de bourrache et d’onagre.


Alors, sur le balcon ou dans un coin de jardin légèrement ombragé, pourquoi ne pas installer un cassissier ? Ou plutôt deux car il a besoin d’être associé à une autre variété pour être fertile. Dans un endroit frais (il n’aime pas le soleil brûlant), bien drainé, loin des courants d’air, il vous régalera de ses petites baies légèrement acidulée et sucrées.


Lancez-vous et n’hésitez pas à m’envoyer vos photos : petit arbuste, vos premières baies, vos préparations culinaires, je serai ravie des les partager !





Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue

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