Le coût énergétique des open spaces
- Guillemette Bourgoing

- il y a 4 jours
- 6 min de lecture
Des espaces ouverts, des bureaux décloisonnés, la proximité entre les équipes, pendant longtemps l’open space a représenté le symbole du travail moderne, de l’efficacité, d’un réel dynamisme collectif. Plus collaboratif, plus fluide, les cloisons tombent pour une meilleure communication. Cette organisation s’accompagne d’un rapport au travail différent qui implique une disponibilité continue, une circulation rapide de l’information et surtout une adaptation permanente qui peut être épuisante. En effet, l’open space implique des échanges constants donc un bruit de fond continuel, des sollicitations multiples donc un besoin de concentration accru et même les pauses deviennent plus fragmentées. Les lieux de récupération mentale, comme les lieux de silence d’ailleurs, sont rarement prévus et de nombreux salariés finissent leur journée avec une fatigue persistante, la sensation de ne plus arriver à se concentrer correctement, une forme d’irritabilité et la sensation d’être « vidé » en fin de journée, sans comprendre véritablement pourquoi. C’est pourquoi, cette organisation, qui répond à des enjeux fonctionnels, nous interroge sur la place accordée au bien-être des salariés et à la qualité de vie au travail. En effet, notre cerveau n’est pas conçu pour fonctionner toute la journée dans un environnement saturé de stimulations sonores, visuelles ou sociales.
Le bruit toujours présent :

Le bruit n’est pas qu’une simple nuisance sonore en open space. Il agit comme une sollicitation constante du système nerveux et mobilise continuellement le cerveau, bien plus que ce qu’on peut l’imaginer. Il ne s’agit pas d’un son uniforme et prévisible que l’on finit par ne plus entendre. Les conversations humaines captent systématiquement notre attention, même si nous tentons de nous concentrer et de les ignorer. Involontairement, notre cerveau continue à analyser les voix, à comprendre les mots entendus à évaluer les changements de tonalité et recueillir des informations entendues en arrière-plan. Cela provoque une hyperstimulation constante qui fragmente notre attention et augmente la charge cognitive et donc la fatigue mentale. Les travaux de l’INRS (1) montrent d’ailleurs que les bureaux ouverts favorisent une baisse de concentration, une augmentation de la charge mentale et une fatigue plus importante en fin de journée. Ce qui explique l’impression d’un épuisement parfaitement disproportionné par rapport à la réelle charge de travail. Cela est dû au fait que le cerveau a travaillé sans interruption pratiquement tout au long de la journée. Lors de mes consultations, cette fatigue invisible est souvent décrite dans les ateliers que j’organise en entreprise sur la gestion du stress. Certaines personnes décrivent très bien la situation. Elles évoquent le fait de devoir parfois relire plusieurs vois le même mail ou perdre le fil d’une réflexion sans même avoir été interrompues directement, mais juste par une porte claquée, un timbre de voix un peu plus fort où une sonnerie de téléphone à laquelle personne ne répond. Nous en concluons alors que le surmenage professionnel n’est pas dû à un manque d’organisation ou de compétence, mais juste dû au fait que les salariés en open space doivent passer la journée à lutter contre un excès de sollicitations diverses et récurrentes.
Le système nerveux saturé :

Le bruit dans les open spaces n’est pas l’unique problème. En effet, les open spaces imposent aussi une surcharge sur tous nos sens. Notre champ visuel est tout le temps parasité par des mouvements, la lumière artificielle est allumée sans interruption et les fenêtres sont plus ou moins accessibles. L’absence d’intimité, la sensation d’être observée, les interruptions répétées par d’autres personnes mais également par de multiples notifications numériques, l’hyperconnexion font que nos sens, et donc le cerveau, sont continuellement sollicités et doivent s’adapter à chaque fois à ce qu’ils traduisent comme de nouvelles informations. Le système nerveux ne peut alors trouver d’apaisement (voir mon article sur le système nerveux). Chez certaines personnes, notamment les personnes ayant déjà un profil anxieux, hypersensible, perfectionniste au étant déjà tout simplement fatiguées pour moultes raisons, cette accumulation de sollicitations devient un véritable facteur d’épuisement nerveux. Le système nerveux sympathique, celui qui répond à l’alerte, celui qui met tout en œuvre pour fuir en cas de danger, reste activé tout au long de la journée (voir mon article sur le stress). Cette tension persistante peut progressivement amener à favoriser d’abord de simples difficultés de concentration, puis une fatigue mentale, une sensation de brouillard cérébral, une perte de motivation. Arrivent les troubles du sommeil, une irritabilité inhabituelle, des migraines. Certaines personnes ressentent enfin un besoin excessif de silence en rentrant chez elle, comme si leur organisme était saturé de tout ce bruit accumulé au cours de la journée. Il est à noter que ces environnement trop stimulants participent à la charge mentale et à l’épuisement émotionnel qui peut être à l’origine de comportements compensatoires comme l’usage du tabac ou d’alcool, ou encore des grignotages compulsifs et l’utilisation excessive d’écrans, pour « décompenser », trouver une sensation d’apaisement temporaire. Dans l’impossibilité de pouvoir vraiment déconnecter, il devient difficile de récupérer réellement.
La sensation de se sentir observé en permanence :

A cette fatigue sensorielle qui est bien réelle dans les open spaces, s’ajoute une dimension sociale et comportementale qui est souvent sous-estimée. Etre aux vues de tous modifie forcement, et sans que l’on en soit vraiment conscient, le fonctionnement de notre cerveau qui se sent observé et donc dans une forme d’hypervigilance sociale. Même sans pression explicite, beaucoup de salariés adaptent leurs comportements pour compenser avec le regard des autres : ils contrôlent et adaptent leur posture, surveillent et limitent leurs temps de pauses ou surveillent leurs réactions afin de mieux correspondre aux attentes de leurs collègues et autres règles implicites. Ils limitent certains échanges, évitent de déranger, restent disponibles afin de rester constamment productifs et disponibles. Cette auto-surveillance permanente maintient le système nerveux dans une forme de vigilance discrète mais épuisante. Progressivement notre organisme entre dans une forme de suradaptation chronique qui laisse peu de place pour la récupération et qui est la porte ouverte à un épuisement professionnel, voire au burn-out (voir mon article). Paradoxalement, les open spaces qui ont été pensés pour favoriser les échanges, finissent finalement par altérer la qualité des interactions et poussent à une sorte de repli mental indispensable pour se protéger de toutes ces sollicitations.
Je peux vous aider :
Nous n’avons pas tous la même sensibilité au stress. L’âge, la fatigue, la qualité de notre sommeil ou de notre environnement social et personnel influencent énormément notre tolérance aux perturbations et sollicitations induites par les open spaces. Arriver à un épuisement nerveux n’est pas une question de faiblesse, c’est le plus souvent une question de saturation physiologique. Notre corps ne parvient plus à récupérer. Repenser les espaces de travail devient alors une réelle prise en compte des besoins fondamentaux de notre cerveau. Sensibiliser le monde du travail à une meilleure hygiène de vie dans une approche globale du bien-être afin de soutenir le système nerveux n’est pas une perte de temps pour l’employeur, bien au contraire. Donner de réels moments de pause, savoir mieux gérer son stress, apporter une alimentation équilibrée, retrouver un sommeil réparateur, bénéficier éventuellement d’un accompagnement personnalisé permettent de retrouver un équilibre durable et donc une meilleure performance. Permettre à vos équipes de retrouver un équilibre nerveux durable est un véritable enjeu de santé et de qualité de vie au travail. Mon rôle, à travers la naturopathie et tous mes outils tels que la réflexologie ou l’auriculothérapie, est de fournir les outils et l’espace nécessaire pour que vos collaborateurs retrouvent leur équilibre, à leur rythme. Mon accompagnement vise à restaurer cet équilibre nerveux, de manière progressive et adaptée à votre réalité.
Ainsi, la naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe.
Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait.
Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac et les comportements compensatoires à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence
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(1) -Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS), Bureaux ouverts : effets du bruit sur la fatigue cognitive et la concentration, 2021.














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