Se reconnecter aux rythmes naturels
- Guillemette Bourgoing

- il y a 3 jours
- 7 min de lecture
Chaque année, le 22 avril, la Journée de la Terre rappelle l’importance de préserver les équilibres de notre environnement et de nombreuses actions sont mises en œuvre pour préserver à notre échelle notre planète. Il s’agit alors de se soucier un petit peu plus de nos ressources naturelles mais aussi des écosystèmes et de la biodiversité autant animale que végétale. De point de vue de la naturopathie, c’est également une nouvelle invitation ou l’occasion de porter un regard plus large sur notre propre rapport au vivant. Nous ne sommes pas extérieurs à la nature, nous en faisons pleinement partie. Notre organisme fonctionne selon des cycles biologiques profondément liés aux rythmes de l’environnement. Les saisons, la lumière, la température ou encore la disponibilité des aliments influencent depuis toujours la manière dont le corps s’organise et se régule, et même au-delà, répond précisément à nos besoins physiologiques du moment. Ces interactions avec notre environnement ont fait naturellement partie de la vie quotidienne de nos ancêtres depuis le début de l’humanité. Les activités, l’alimentation et les rythmes de repos suivaient les variations du climat et de la lumière. Depuis peu, à l’échelle de l’humanité, quelques décennies seulement, nos modes de vie ont changé et ils tendent à atténuer ces repères naturels. Les journées se déroulent souvent dans des environnements artificiellement éclairés, l’alimentation reste disponible toute l’année et les saisons semblent parfois s’effacer derrière l’organisation du calendrier professionnel. Pourtant, le corps humain continue de fonctionner comme il l’a toujours fait, selon une logique saisonnière. Redécouvrir cette relation avec les rythmes que nous offre la nature permet de mieux comprendre certaines fluctuations d’énergie, d’humeur ou de vitalité au fil de l’année et surtout comment y répondre de manière appropriée.
Les cycles des saisons :

La vie sur Terre évolue un environnement rythmé par des cycles réguliers : l’alternance du jour et de la nuit, ses variations de température, et la succession des saisons. Tous les organismes vivants ont intégré ces variations dans leur fonctionnement biologique. Chez l’être humain, comme chez les animaux, ces cycles se traduisent par l’existence de rythmes circadiens qui durent à peu près vingt-quatre heures (voir mon article), mais aussi de rythmes saisonniers qui ont une influence certaine sur de nombreuses fonctions de notre organisme. La production de certaines hormones, l’activité immunitaire ou encore la régulation de la température corporelle varient au cours de l’année. Par exemple, la lumière étant moins présente en hiver, notre glande pinéale produit plus de mélatonine, l’hormone du sommeil. Ainsi, nous avons tendance, à condition de respecter les signaux envoyés par notre corps, à aller nous coucher plus tôt et dormir un peu plus en hiver. Et à nous sentir plus fatigués si les besoins liés au sommeil ne sont pas respectés. A contrario, la lumière étant plus intense en été, le besoin d’aller se coucher peut être plus tardif. Ainsi notre organisme ne fonctionne pas exactement de la même manière en hiver, au printemps ou en été. Les périodes de froid et de moindre luminosité favorisaient un rythme plus calme et une économie d’énergie, tandis que les saisons plus lumineuses accompagnaient une reprise progressive de l’activité. L’adaptation au milieu naturel avec ses variations naturelles reflète des millénaires d’ajustements de notre organisme jusqu’à au plus profond de nos cellules et de nos gènes. Même si notre environnement moderne, avec lumières, chauffages et climatisations, atténue ces contrastes, notre physiologie reste au diapason de ces rythmes anciens du vivant. Ne pas y répondre, ignorer nos besoins du moment, peut conduire à une désadaptation fatiguant notre organisme et l’empêchant d’être en symbiose avec son environnement.
Manger de saison :

Si je ne l’ai pas dit au moins mille fois, je ne l’ai jamais dit : « mangez de saison, local et bio si possible ». En effet, l’un des liens les plus visibles entre l’être humain et la nature se manifeste déjà dans l’assiette. Jusqu’à il n y a pas si longtemps de cela, mois d’un siècle, les aliments disponibles dépendaient directement et uniquement des saisons et des territoires. Nous nous nourrissions de ce que l’agriculteur avait pu produire et présentait sur ses étales, avec plus ou moins de variété selon la saison et les aléas climatiques du moment. Or les aliments produits localement reflètent les conditions climatiques et environnementales auxquelles notre organisme doit lui-même s’adapter et répondent ainsi à ses besoins précis. Chaque période de l’année apportait naturellement des produits adaptés aux besoins physiologiques du moment : des aliments plus riches et réconfortants durant l’hiver, des fruits et légumes plus frais et hydratants à l’approche de l’été, des aliments riches en soufre au printemps pour soutenir le foie. Cette organisation saisonnière répond à une cohérence biologique pertinente et tellement intelligente. Aujourd’hui, les chaînes d’approvisionnement mondialisées permettent de consommer presque tous les produits à n’importe quel moment de l’année. Cette disponibilité permanente est particulièrement confortable et rassurante, mais elle peut aussi éloigner l’alimentation de son ancrage naturel dans les cycles saisonniers. Privilégier des produits locaux et de saison ne relève pas seulement d’une démarche écologique, ou une lubie de votre naturopathe. Cela permet de rétablir une forme de dialogue entre l’organisme et son environnement immédiat. En favorisant les circuits courts, locaux, vous variez naturellement le cycle des végétaux dans votre assiette sans aucune lassitude et en répondant aux besoins physiologiques du moment. Et de même, vous encouragez l’agriculture locale, familiale, paysanne, qui travaille encore dans le respect des cycles de la nature et de l’environnement.
La lumière naturelle : un repère essentiel pour le corps

Là encore, si je ne l’ai pas dit mille fois… Le matin, ouvrez vos rideaux et volets, regarder dehors, observez le temps, le ciel, les nuages, respirez l’air frais du matin… Soleil ou pas soleil, exposez-vous à la lumière naturelle, le matin, dans la journée, en soirée. Connectez-vous aux variations de lumières au cours de la journée. La lumière est un des éléments qui relient le plus directement l’être humain à son environnement. Elle occupe une place fondamentale. La lumière naturelle constitue le principal synchronisateur de notre horloge biologique en agissant sur les structures cérébrales responsables de la régulation des rythmes circadiens. Elle influence notamment la production de mélatonine, hormone impliquée dans la gestion du sommeil et dans la synchronisation des cycles biologiques (voir mon article). L’exposition régulière à la lumière du jour permet au cerveau d’ajuster ces rythmes avec précision. Hélas, pour toute personne travaillant en intérieur, leur environnement pauvre en lumière naturelle peut perturber cette synchronisation et influencer la qualité du sommeil, la vigilance ou l’humeur. La plupart des enfants, mais aussi une grande majorité d’adultes, ont une grande partie de leur temps passée dans des espaces clos, que ce soit en classe ou au bureau. Les éclairages artificiels ne reproduisent pas entièrement les variations lumineuses du cycle naturel. Le soir, après l’école ou le travail, les écrans bleus finissement de perturber nos rythmes naturels (voir mon article). Retrouver un contact régulier avec la lumière extérieure, même pour de courtes périodes (une pause au bureau à l’extérieur ou juste un moment passé à la fenêtre, une récréation tant attendue et bien méritée), constitue donc une manière simple de reconnecter notre organisme aux rythmes essentiels et fondamentaux de la nature.
Je peux vous aider :
Ainsi la Journée de la Terre rappelle que la santé de la planète et celle des êtres humains sont profondément liées. Cette relation ne se limite à une simple question environnementale, elle se manifeste aussi dans nos rythmes biologiques les plus profonds, ceux qui structurent la vie. Suivre les saisons, observer les cycles de la lumière, choisir et respecter les aliments issus de son territoire, ainsi que l’agriculteur qui y travaille, ou simplement passer davantage de temps à l’extérieur sont autant de gestes qui participent à rétablir une forme de continuité entre notre corps et notre environnement. Ce ne sont pas des ajustements qui demandent des transformations radicales. Bien au contraire, ils invitent plutôt à réintroduire progressivement des repères naturels dans la vie quotidienne, à apprécier notre environnement et les personnes qui travaillent à nous nourrir, tout en respectant les cycles naturels de la vie. N’oublions pas que le corps humain n’a jamais été plus qu’un organisme vivant parmi d’autres et ses équilibres les plus subtils continuent de répondre aux mêmes cycles qui rythment la nature depuis toujours. Ainsi la santé n’est pas uniquement une questions individuelle : bien manger, faire une activité physique, veiller à la qualité de son sommeil, gérer son stress. Notre organisme évolue au sein d’un environnement dont il partage les rythmes et dont il ne doit pas se couper. C’est alors qu’il devient encore plus évident de réaliser que prendre soin de la nature revient aussi à prendre soin de nous-mêmes.
La naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux et notamment dans son environnement. Et pour cela je vous questionne sur beaucoup d’aspects de votre vie. Tout ce que vous pouvez me dire est information que je prends en compte. Ensuite, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe : je pratique aussi la réflexologie auriculaire et l'iridologie en plus de l'usage des plantes et de la micronutrition.
Ecouter, prendre en compte, expliquer, proposer des solutions, adapter les conseils sont tout ce qui fait un suivi naturopathique, pour des réformes efficientes et pérennes. A l’instar d’un traitement pharmacologique, ces conseils seront alors à prendre avec autant de sérieux. Ils le seront à condition d’être compris, appropriés et le moins contraignant possibles.
Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait, retrouvez le plaisir de sentir les rayons du soleil caresser votre visage, de manger sainement et l’énergie qui nous procure la joie de vivre !
Guillemette Bourgoing, naturopathe et réflexologue spécialisée dans l'arrêt du tabac sur Villelaure Pertuis et Aix-en-Provence
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Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), Rythmes biologiques et santé, Expertise collective, Paris, Éditions INSERM, 2017.
Renaud, Serge ; de Lorgeril, Michel, L’alimentation ou la troisième médecine, Paris, Odile Jacob, 1998.













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