Pourquoi l'approche de l'été change le rapport à notre corps ?
- Guillemette Bourgoing

- il y a 2 jours
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Chaque année, à l’arrivée des beaux jours, nos vêtements s’allègent, laissent apparaître un peu plus nos corps, les terrasses se remplissent, les activités extérieurs reprennent, les magasines féminins fleurissent et nous portons un nouveau regard sur nous-mêmes. Si un certains relâchement était acceptable en hiver grâce aux épaisseurs de pulls et autres écharpes en tous genres, en cette période pré-estivale une attention plus particulière est portée sur notre apparence physique, notre alimentation ou encore notre hygiène de vie. Cela dépasse largement les simples préoccupations esthétiques souvent associées à l’été et son « body summer ». Il révèle un rapport beaucoup plus profond au corps, façonné par notre histoire personnelle, notre environnement social et les représentations qui entourent l’apparence physique. Le corps est regardé, perçu, comparé et souvent jugé. Il est un espace de projection sociale, d’identité et de perception de soi. Chez certaines personnes, l’approche de l’été réactive un désir de maîtrise. Cette vigilance n’est pas toujours volontaire, elle est alimentée par les représentations sociales de l’été et une certaine idée du bien-être. Chez d’autres personnes cette période fait émerger un inconfort plus discret, une nouvelle source de stress, avec le sentiment de ne pas correspondre aux normes attendues.
Une nouvelle exposition saisonnière :

Dans notre société, le corps est central dans la construction de l’identité personnelle et sociale. Le corps devient un support de communication à travers lequel se lisent un âge supposé, l’état de santé, mais aussi le mode de vie et même une forme d’appartenance culturelle et sociale. Bien sûr cette vision du corps n’est pas propre à l’été, mais cette saison accentue vraiment cette visibilité qui revient plus ou moins intensément tous les ans. Cela s’explique par une exposition de notre corps plus fréquente : terrasses, plages, promenades, événements extérieurs ou encore des activités sportives qui multiplient les situations ou le corps est plus observé, voir comparé, où des petites phrases assassines peuvent être entendues et prises pour argent comptant. Souvent relayées par les médias, publicités et réseaux sociaux qui imposent une représentation sociale de l’été centrée sur la conscience corporelle. Légèreté, tonicité, maîtrise de soi, jeunesse, sont au centre des discours de ce début de saison estivale. Même si nous arrivons à garder une distance critique face à ces modèles, leur présence répétée influence quand-même le regard porté sur nous-mêmes, modifiant progressivement la perception de notre corps au quotidien, avec un sentiment de décalage et une volonté soudaine de transformation. Et puis, le début des journées chaudes modifie aussi notre rapport à l’environnement qui devient profondément sensoriel : la lumière vient toucher notre peau, notre corps est exposé à la chaleur, au souffle du vent, à l’eau. Notre corps est à nouveau au contact direct avec l’extérieur : il a la chaire de poule lorsqu’il a froid, la transpiration se voit, il est blanc, rouge, doré, piqué par les insectes, sec, poilu, craquelé… Le corps est alors perçu dans sa crue réalité, pouvant réactiver certaines formes d’inconfort, de complexes anciens ou un décalage avec l’image que l’on pensait pouvoir renvoyer. Ce début d’été est en fait un révélateur de notre réalité intime, notre manière d’habiter notre corps, avec plus ou moins de confiance et de liberté. Certaines personnes se sentent à l’aise, avec un sentiment de liberté à l’approche des beaux jours, d’autres ressentent une forme de difficulté à se sentir pleinement épanouis dans leur manière de bouger, de s’exposer aux vues de tous. Cela illustre bien le fait que le rapport à notre corps ne relève pas uniquement de l’apparence, mais touche également un sentiment de légitimité, de confort intérieur et surtout de sécurité dans le regard que nous portons sur nous-mêmes.
Le besoin de “reprendre le contrôle” :

Une série de comportements rapides et parfois très exigeants émergent au mois de juin : alimentation restrictive, reprise intensive de sport, volonté d’arrêter brutalement certaines habitudes jugées néfastes. Tout cela pour répondre à une sorte d’injonction collective d’être « prêt » pour l’été. En réalité, derrière cette recherche de contrôle se cache souvent une réalité plus complexe où des tensions bien plus larges s’expriment via notre corps : désir de conformité ou sentiment d’insatisfaction accumulé au fil des mois, comparaison sociale, besoin de maîtrise. Le corps devient à la fois un objet de performance, de maîtrise de soi, tout en recherchant le bien-être et l’écoute de soi… ce qui est particulièrement paradoxal. Le corps est corrigé, optimisé, contrôlé selon des attentes qui ne sont pas de notre ressort, ce qui fait que nos réels besoins ne sont pas écoutés. Cela provoque une tension permanente qui peut encore plus nous fragiliser, physiquement et mentalement. L’exemple du tabac illustre bien justement ce paradoxe que peut représenter cette période : beaucoup de personnes viennent me voir pour arrêter de fumer mais elles maintiennent des habitudes qui, précisément, favorisent les automatismes liés au tabac (sorties, barbecues, soirées en terrasses…). Ainsi, certaines conduites compensatoires, et pas uniquement avec la cigarette, prennent dans ce contexte une dimension particulière. Les injonctions saisonnières — implicites ou explicites — renforcent le sentiment qu’il faudrait rapidement modifier son apparence, ses habitudes ou son mode de vie. Pourtant, les changements imposés dans l’urgence produisent rarement un équilibre durable. Ils entretiennent en fait un stress constant, fait d’alternances entre un contrôle strict et relâchement, difficultés à maintenir des habitudes devenues trop rigides ou éloignées des besoins réels, qui s’accompagne d’une forte culpabilité et d’un sentiment d’impuissance. Notre organisme ne fonctionne pas dans l’urgence. Il s’adapte lentement aux changements. Nos rythmes biologiques, qu’ils soient métaboliques ou hormonaux, ne répondent pas immédiatement aux injonctions de transformation rapide. Et beaucoup de comportements adoptés avant l’été répondent plus d’une recherche de conformité esthétique que d’une réelle démarche de santé, au risque d’ailleurs de nuire aux réels besoins de notre organisme. Ces changements imposés dans l’urgence produisent enfin rarement un équilibre durable.
Retrouver un équilibre durable :

À l’approche de l’été, il devient donc parfois difficile de distinguer ce qui relève d’un réel besoin personnel et ce qui provient des attentes sociales rabâchées au fil des saisons centrées sur la santé, la performance, la jeunesse, la minceur, le bien-être… Ces messages, souvent contradictoires, créent une forme de pression diffuse qui influence profondément la manière dont chacun perçoit son propre corps, comme s’il devait fonctionner selon des standards fixes. Ce n’est pas le cas. Les besoins de notre corps varient selon les saisons, l’âge, la qualité du sommeil, les émotions, les rythmes de vie ou encore les expositions plus ou moins intenses au stress. Or nous sommes de plus en plus coupés de nos ressentis et ne prenons plus la peine d’écouter nos signaux internes : savoir identifier clairement la faim, la satiété, la fatigue ou même le besoin de repos véritable. Les changements trop rapides que l’on impose alors à notre corps, sans respect pour son propre rythme, peut être contre-productif et générer une fatigue supplémentaire avec troubles du sommeil, irritabilité, compulsions alimentaires (un comble lorsque l’objectif est précisément de perdre du poids), baisse d’énergie et difficultés de concentration. Une pression excessive autour de l’apparence ou du contrôle de notre corps peut ainsi activer des mécanismes de tension similaires à ceux observés dans d’autres situations de stress chronique (voir mon article). Lorsque l’organisme reste en état d’alerte sur un long terme, certaines fonctions essentielles comme la digestion (voir mon article), la régulation nerveuse ou l’équilibre hormonal, perdent en efficacité. Ce qui explique en partie pourquoi les approches fondées uniquement sur la restriction produisent souvent des effets limités dans le temps et le fameux « effet rebond ». Le psychiatre Boris Cyrulnik (1) rappelle que l’équilibre psychique se construit aussi dans la qualité du lien à soi. Retrouver une relation plus apaisée au corps suppose parfois de sortir d’une logique exclusivement esthétique ou corrective pour revenir à une perception plus sensible : énergie, confort, respiration, mobilité, sensations, vitalité réelle. Cette approche invite plutôt à déplacer le regard : moins dans la contrainte saisonnière, davantage dans une forme de cohérence durable entre le corps, les habitudes de vie et les besoins réels de l’organisme.
Je peux vous aider :

Ainsi, l’approche de l’été modifie le rapport à notre corps, souvent bien au-delà des simples questions d’apparence. En effet, le regard porté sur soi se construit à travers des remarques entendues, des comparaisons répétées ou des normes familiales intégrées dès la petite enfance. Notre corps est alors porteur d’une mémoire émotionnelle qui influence discrètement, et durablement, l’estime de soi. Et le rapport au temps est également central en cette période estivale où la culture de l’immédiateté entretient souvent l’idée qu’un changement visible devrait être rapide. Cette dissonance entre la temporalité de notre organisme et les attentes sociales crée une tension silencieuse mais bien présente. Le mois de Juin révèle combien le corps moderne est devenu un lieu de projection, de contrôle mais aussi de vulnérabilité. Alors n’oublions pas que notre corps reste avant tout un organisme vivant, sensible, adaptatif, traversé par des rythmes et des besoins qui méritent d’être compris plutôt que continuellement corrigés. Mon rôle, à travers la naturopathie et tous mes outils tels que la réflexologie ou l’auriculothérapie, est de vous fournir les outils et l’espace nécessaire pour retrouver votre équilibre, à votre rythme. Dans ma pratique, je ne considère jamais un symptôme isolément, j’explore toujours le terrain de la personne dans sa globalité et surtout la sphère nerveuse sous-jacente. Mon accompagnement vise à restaurer cet équilibre, de manière progressive et adaptée à votre réalité.
Ainsi, la naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe.
Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait.
Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac et les comportements compensatoires à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence
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(1) - Cyrulnik, Boris. « Les nourritures affectives ». Odile Jacob, 1993.












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