• Guillemette Bourgoing

La perméabilité intestinale

Dernière mise à jour : 16 août


Normalement, un intestin sain présente une relative perméabilité qui permet aux nutriments, comme les sels minéraux ou l’eau, de traverser la paroi intestinale, tout en bloquant les molécules indésirables et potentiellement nocives comme certains pathogènes. Long de 7 à 8 mètre de long, il est divisé en deux parties : le grêle et le colon ou « gros intestin ». C’est dans cette dernière partie qu’il arrive que l’intestin devienne plus poreux, on parle alors de porosité intestinale, hyperperméabilité intestinale, « Leaky Gut Syndrome », responsable d’une inflammation à bas bruit et déclencheur de maladies chroniques, auto-immunes, dont les symptômes n’ont plus rien à voir, dans la plupart des cas, avec des troubles intestinaux.


L’intestin est constitué d’une paroi, de muscles puissants et d’une muqueuse très riche en villosités et en bactéries, levures et champignons de toutes sortes (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/l-importance-d-une-flore-intestinale-en-bonne-santé ). C’est cette dernière partie que l’on nomme la « barrière intestinale », entre l’intérieur de l’intestin et la paroi intestinale. Elle est formée d’un maillage de cellules rectangulaires (les cellules épithéliales), terminées par de multiples villosités et reliées entre elles par des « jonctions serrées ». Ce sont ces jonctions serrées qui laissent passer les petites molécules et bloquent les particules plus conséquentes, notamment la faune qui peuple notre flore intestinale mais également les éventuels parasites, virus et autres agents toxiques. Elles sont constituées de protéines qui régulent la densité du maillage, dont notamment la Zonuline (qui est d’ailleurs un marqueur de la porosité intestinale à travers des examens sanguins ou dans les selles). Sous l’effet de plusieurs facteurs (pesticides, gliadine, carences…), la Zonuline, qui contrôle l’ouverture et la fermeture des jonctions serrées, se développe plus qu’elle ne devrait et peut laisser des brèches ouvertes. L’intestin est souvent éprouvé par la présence de radicaux libres, de molécules inflammatoires ou bactéries pathogènes (notamment la Salmonelle), mais il existe une tolérance. Le problème est lorsqu’il est débordé, affaibli, et qu’il ne parvient à resserrer ses rangs. C’est alors la déferlante d’intrus que notre organisme ne peut plus gérer. C’est la porte ouverte aux bactéries, responsables d’inflammations, maladies auto-immunes ou d’allergies, aux levures comme les candida albicans qui se répandent dans tout le corps (de la bouche à l’anus, en passant par les voies uro-vaginales) et à des toxines qui ont une action directe sur le système nerveux (piste intéressante pour les enfants autistes ou souffrant de troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité TDA/TDAH)..


Si les causes d’une sécrétion en excès de Zonuline sont globalement connues : un déséquilibre de la flore intestinale et la présence de gliadine (protéine présente dans le gluten qui résiste aux enzymes de la digestion) notamment, nous pouvons déjà agir en amont pour limiter les dégâts. A commencer par éviter le blé moderne (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/le-gluten-une-protéine-récente-dans-notre-alimentation ) qui est composé à 30-40% de gliadines et à 40-50% de gluténines. Ces protéines sont indigestes car non reconnues par notre système digestif (le blé d’autrefois était constitué de 14 chromosomes, il en est à 42 à ce jour). Elles arrivent donc dans notre intestin insuffisamment digérées, mal fragmentées, et pour se défendre, l’intestin produit plus de Zonuline, avec les conséquences que l’on connait maintenant. Ensuite, les sucres sont appréciés des levures et leur permettent de se développer plus qu’il ne faudrait. Ils favorisent également une flore de fermentation, déséquilibrant ainsi tout le microbiote. C’est ce que l’on nomme une dysbiose intestinale. Notre organisme a besoin de sucres, il ne s’agit donc pas de le supprimer entièrement, mais de le reconnaître. Le saccharose et le glucose sont à éviter. L’amidon est à limiter, surtout s’il provient de céréales raffinées (blancs). Si les céréales sont complètes, l’amidon est alors entouré de fibres qui facilitent le travail de la digestion. Le fructose provenant des fruits et surtout des légumes ne pose pas de problème, contrairement au fructose extrait du maïs (sirop de fructose) qui est à bannir.


D’autres facteurs du relâchement des jonctions serrées de l’intestin entrent en jeu comme les pesticides, les fongicides, les additifs alimentaires et médicamenteux, la caséine, les lectines (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/les-lectines-encore-une-protéine-à-éviter ) les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), des carences en zinc, vitamines D, glutamine, des troubles nerveux, du stress, le sport en excès… Autant d’aspects que le naturopathe explore lors de ses consultations et cherche, à travers ses conseils, à réduire pour pouvoir ensuite restaurer la muqueuse de l’intestin, et lui permettre de retrouver sa fonction initiale de barrière. Pour lui permettre de retrouver une flore intestinale plus équilibrée, avec un meilleur confort et ses répercussions sur l’ensemble de l’organisme.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et Réflexologue


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