L'influence de la chaleur sur nos envies de sucre
- Guillemette Bourgoing

- 19 juin
- 7 min de lecture

Envies de sucre, comportements compensatoires et chaleur, les liens sont plus étroits qu’il n’y paraît. Alors que l’été est souvent associé à une période de détente, de regain de vitalité avec des plaisirs simples et plus de légèreté, de nombreuses personnes me disent que, paradoxalement, elles sont de nouveau, ou encore plus, attirées par les aliments sucrés. Elles se prennent même à grignoter alors que ce n’est pas dans leurs habitudes. Attirances inhabituelles pour des boissons sucrées, envie irrésistible d’une glace ou d’une pâtisserie, voire même d’aliments très énergétiques. Il y a une forme d’incompréhension et, notamment pour les personnes que j’accompagne dans la perte de poids, une culpabilité car elles pensent que ces comportements sont dus à un manque de volonté ou au relâchement provoqué par cette ambiance estivale et de vacances à venir. Ce n’est souvent pas le cas. La chaleur est un stress pour notre organisme qui doit mettre en permanence des mécanismes d’adaptation afin de maintenir sa température interne. Il sollicite pour cela ses systèmes nerveux et cardiovasculaire ainsi que ses réserves hydriques. Or ce sont précisément ces ajustements qui peuvent modifier notre perception de la faim, nous influencer sur nos choix alimentaires et parfois même favoriser certains comportements compensatoires (c’est une période critique pour les personnes qui viennent d’arrêter de fumer). Voilà pourquoi j’aime rester en lien tout au long de l’année avec les personnes que j’accompagne, car je peux leur permettre d’adopter des habitudes plus adaptées à la saison, en leur expliquant les mécanismes qui se jouent à un moment « T ».
L’envie de sucre peut cacher une déshydratation :

Avec les fortes chaleurs, notre organisme cherche à réguler sa température et, pour cela, transpire plus. Notre sueur est d’autant plus abondante si nous nous exposons au soleil de manière prolongée, comme les belles journées d’été nous y invitent. Cette perte hydrique est accélérée en plus par la consommation d’alcool, l’activité physique, ou tout simplement l’oubli de boire (voir mon article sur la déshydratation). Même légère, une déshydratation peut produire des symptômes discrets tels qu’une fatigue diffuse, des maux de tête et des difficultés de concentration (voir mon article « De l’eau pour le cerveau »), une baisse de la vigilance ou encore une sensation de vide intérieur. Ces signaux sont assez similaires à une baisse de glycémie dans le sang et le cerveau ne distingue pas toujours très bien les signaux associés à la soif ou liés à la faim. En effet, l’hypothalamus, qui est la zone du cerveau impliquée dans la régulation des comportements alimentaires participe également à la gestion de l’équilibre hydrique dans notre corps. Ainsi, lorsque notre organisme manque d’eau, l’hypothalamus peut envoyer des signaux qui seront interprétés comme un besoin de manger. C’est alors que la personne se tourne vers des aliments rapidement disponibles, souvent riches en sucres, alors que le plus souvent le besoin premier est de simplement se réhydrater. Par ailleurs, ce que nous buvons peut également provoquer une nouvelle envie de sucre. J’entends beaucoup de personnes me dire qu’elles n’aiment pas l’eau. Et pour cela elles remplacement l’eau par des boissons fraîches sucrées, des sodas, thés glacés industriels ou, croyant mieux faire, des jus de fruits. Toutes ces boissons sucrées sont de véritables petites bombes glucidiques qui provoquent de fortes variations de glycémie dans le sang avec un impact direct sur l’appétit. Ainsi boire de l’eau reste la base. Mais nous pouvons également nous désaltérer avec des boissons joyeuses et pétillantes, hydratantes et reminéralisantes (voir mon article s’hydrater autrement).
L’envie de sucre peut répondre à une demande énergétique peu connue :

S’il est reconnu que le froid demande au corps beaucoup d’énergie pour se réchauffer, que l’attirance pour des plats plus caloriques est tolérée, il n’en n’est pas de même pendant les périodes de forte chaleur. Or, contrairement à une idée répandue, le corps ne se repose pas lorsqu’il fait chaud. Au contraire, il mobilise continuellement de l’énergie pour maintenir sa température interne autour de 37°C. D’où ce besoin plus pressant de faire des siestes, de ralentir, de se reposer. En effet, la vasodilatation des vaisseaux sanguins, l’augmentation du débit cardiaque et la production de sueur demandent à notre organisme un travail considérable mais pourtant tellement discret que nous n’en sommes pas conscients. Les personnes que j’interroge en cette saison me décrivent souvent un sentiment de fatigue diffuse, une légère baisse de motivation ou encore des difficultés à rester concentré autant que d’habitude. Cette impression de baisse d’énergie est en fait due à une consommation accrue d’énergie pour pouvoir répondre à tous les paramètres nécessaires à une température stable. Face à cette baisse relative d’énergie, le cerveau cherche alors des solutions rapides pour y remédier et il les trouve dans les aliments riches en sucres simples, rapidement assimilables. Par ailleurs, ces aliments activement également rapidement les circuits cérébraux de la récompense, donnant envie de toujours en renouveler les prises. Cela explique pourquoi certaines personnes se sentent attirées par le sucre, ou encore plus que de coutume, pendant les périodes de canicule. Et cela même s’ils ont introduit des moments de repos et réduit leur activité physique. Prendre en compte cet aspect est indispensable dans l’accompagnement à la perte de poids car ce besoin de sucre est un signal. Plus qu’un simple besoin nutritif, il s’agit en fait d’une tentative du cerveau pour répondre à la fatigue induite par son effort constant d’adaptation à la chaleur. Et ce point est d’autant plus important pour les personnes qui sont déjà exposées à des troubles du sommeil, qui sont sujettes à des stress répétés ou ayant une surcharge mentale. Leurs capacités de récupération étant déjà souvent diminuées, l’attrait pour le sucre et les aliments ultra transformés n’en n’est que plus fort.
L’envie de sucre comme régulateur de nos émotions :

La chaleur favorise les comportements compensatoires car, avec la chaleur, les envies du sucre ne relèvent plus uniquement d’une question de besoin énergétique mais également d’un besoin de régulation émotionnelle. En effet, outre la chaleur excessive, la canicule est définie notamment lorsque la température reste élevée de jour comme de nuit. C’est alors que le sommeil devient perturbé, nous rendant plus irritables et, sommes toutes, moins résistants au stress. L’expression « avoir le sang chaud » illustre bien cette soudaine impulsivité, voire agressivité. Et c’est là que les comportements compensatoires peuvent intervenir, devenir plus fréquents. Les envies d’alcool, de boissons sucrées, de tabac et grignotages au cours de la journée s’intensifient et les prises se multiplient. Ces comportements ont en commun d’apporter une gratification et sensation d’apaisement immédiates mais hélas de courte durée. Pour les personnes que j’accompagne dans l’arrêt du tabac et dans l’addiction au sucre, cette période est plus délicate. Cela s’explique d’une part par les occasions souvent plus fréquentes en cette période d’apéritifs et autres festivités. Mais, alors qu’elles arrivaient à bien résister auparavant, voire même n’y pensant plus, les tentations deviennent très, trop, fortes en cette période estivale. En effet, la fatigue liée à la chaleur, les perturbations du sommeil et les changements de rythmes liés à cette saison (changement d’heure, ponts et congés, fin des rythmes scolaires, soirée plus fraîches) peuvent fragiliser certains repères qui étaient jusque là protecteurs. C’est à ce moment, qu’il est vraiment important de soutenir le système nerveux car, à long terme, la seule volonté ne peut suffire et il est fréquent que les personnes craquent à ce moment-là (alors qu’il aurait suffit de venir me voir…). Soutenir le système nerveux, apporter les nutriments essentiels par une alimentation équilibrée, favoriser un bon sommeil, rappeler l’importance de l’hydratation, sont des leviers simples et tellement efficaces pour limiter l’apparition ou le retour de comportements compensatoires.
Je peux vous aider :
Ainsi, les envies de sucre et autres comportements inadaptés observés pendant les périodes de forte chaleur sont tout à fait compréhensibles et ne reflètent pas forcément un manque de volonté ou une faiblesse de votre part. Elles répondent souvent à des mécanismes biologiques complexes où un manque d’hydratation, un besoin énergétique accru, associé à un sommeil perturbé et à un besoin de réconfort émotionnel, créent un cocktail épuisant pour l’organisme qui doit absolument y remédier, au plus vite et donc avec ce qu’il imagine pouvoir répondre à son besoin immédiat. En comprenant mieux ce qu’il se joue, nous pouvons répondre plus justement aux réels besoins de notre organisme, sans le priver ou le meurtrir toujours plus, juste en adoptant une stratégie adaptée pour préserver son équilibre. Nous réalisons alors que nos comportements alimentaires ne dépendant pas uniquement de choix conscients. Ils sont également influencés par les conditions environnementales, en l’occurrence la chaleur, auxquelles notre corps doit à tout moment s’adapter.
Ainsi, la naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe.
Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait.
Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac et les comportements compensatoires à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence
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Société Française de Nutrition (SFN). « Mécanismes de la faim, de la satiété et du comportement alimentaire », synthèse scientifique, 2021.













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