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  • Guillemette Bourgoing

La folie du sucre


Les méfaits du sucre sont de plus en plus connus : son côté addictif, ses conséquences sur le comportement notamment des enfants, sur le taux de glycémie dans le sang, sur notre santé en générale. Et pourtant nous ne cessons d’en ingurgiter, toujours plus. La consommation en France par habitant est passée à une trentaine de kilos par an. Lorsque je propose une réforme alimentaire, la partie la plus délicate concerne précisément tout ce qui a trait au sucre et à ses dérivés. Il ne s’agit alors pas de bannir implacablement le sucre dans tous les repas mais de cheminer avec la personne pour comprendre la place que le sucre a pris dans sa vie, et pourquoi cet attrait presque compulsif. Les causes et les facteurs sont multiples, mais en remontant à la cause de la cause, il y a souvent une blessure bien profonde qui cherche du réconfort dans la douceur d’un aliment sucré. Ensuite, progressivement, en définissant les sources de sucre, en proposant des solutions alternatives, en en modulant les apports, nous pourrons revenir à une consommation raisonnable et raisonné.


Physiologiquement, nous avons besoin de sucre, et plus précisément de glucose. Il est essentiel pour le cerveau qui en est un grand consommateur. Comme il ne peut se constituer des réserves, il faut qu’il puisse en avoir de manière continue. C’est le rôle du foie et de l’hormone secrétée par le pancréas, le glucagon, de faire en sorte de libérer du glucose en réserve, ou d’en produire, pour que les cellules du cerveau soient toujours nourries, en dehors des périodes où nous nous alimentons (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/le-jeune-intermittent-pour-le-diabète ). Mais les cellules du cerveau n’ont pas dans la capacité de gérer des excès de sucre qui vont d’abord entraîner une forme d’excitation, sorte de coup de fouet qui est souvent recherché pour récupérer de l’énergie. Il sera ensuite accompagné d’une forme d’anxiété, de stress, dus à la descente toute aussi rapide du taux de glycémie provoquant une hypoglycémie réactionnelle. Coup de pompe, fatigue, baisse de régime surviennent alors (visibles notamment chez les enfants ayant pris un bon petit-déjeuner bien sucré, et se retrouvant à plat en milieu de matinée). « Un Mars et ça repart » et on rentre dans un cercle vicieux de montagnes russes glucidiques et émotionnelles, autant préjudiciables pour le pancréas qui va finir par s’épuiser (diabète), que pour le cerveau et bien sûr la prise de poids.



Au niveau des neurotransmetteurs, et notamment des hormones dites « du bonheur », le sucre n’est pas anodin. Lorsque le pancréas sécrète de l’insuline, le taux de sérotonine augmente aussi. Or celle-ci est l’hormone qui permet de calmer l’anxiété, soulager les dépressions mais qui stimule aussi les besoins fondamentaux que sont de s’alimenter et de se reproduire (stimule la libido). Et, précisément, les personnes dépressives en sont souvent déficitaires et vont donc chercher un réconfort, hélas éphémère, dans les sucreries dont ils vont devoir renouveler régulièrement les apports pour en garder les soi-disant bienfaits. La dopamine, hormone de l’élan et de la motivation, intervient également à ce niveau. Pour nous inciter à agir, elle active le circuit de récompense qui nous pousse à l’action. Lorsque nous ingérons du sucre, les neurones libèrent de la dopamine, comme si nous recevions une récompense pour un travail accompli. Mais la dopamine intervient également dans les addictions pour la drogue, le tabac, l’alcool et donc le sucre nous amenant à en consommer toujours plus jusqu’à créer une véritable addiction.


Psychologiquement, de nombreux facteurs entrent également en jeu. A commencer par de nombreuses croyances et messages publicitaires déloyaux : « faites le plein d’énergie au petit-déjeuner » pour des céréales dopés aux sucres et additifs divers, « je mange du chocolat car je sens que j’ai besoin de magnésium », « un jus d’orange pour faire le plein de vitalité », « je suis en hypoglycémie, il faut que je prenne du sucre » pour un simple coup de pompe… Il s’agit alors de découdre un par un ces programmes inexacts engrammés. Mais on ne peut entamer un sevrage du sucre sans aborder la cause profonde de toute addiction, un mal-être, conscient ou inconscient.

Le sucre, que l’on retrouve dans le lait de la mère, symbolise l’affection, la maternité, la douceur, la protection. Rechercher le sucre peut être une quête de douceur, qui a éventuellement manqué pendant l’enfance, ou dont nous avons été privé trop tôt, ou qui nous manque maintenant. Ce peut être une carence affective, un sentiment de non-reconnaissance, des conflits non résolus, un stress qui peut avoir pour origine une souffrance existentielle de ne pas être à sa place, de ne pas se réaliser, ne pas donner de sens à sa vie. Autant d’aspect qui méritent d’être évoqués, qui méritent une prise en charge, pour reprendre non seulement sa santé en mains, mais aussi le sens même de son existence.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et Réflexologue à Villelaure et Pertuis






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