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Comprendre la bipolarité

  • Photo du rédacteur: Guillemette Bourgoing
    Guillemette Bourgoing
  • 14 janv.
  • 7 min de lecture

La bipolarité, longtemps appelée « psychose maniaco-dépressive », est aujourd’hui reconnue comme un trouble psychiatrique chronique de l’humeur, complexe et encore largement mal compris du grand public. C’est une maladie pourtant classée sixième fléau planétaire, selon l’OMS, qui estime qu’un adulte sur quinze risque de traverser, au moins une fois dans sa vie, un épisode maniaque ou dépressif. Elle a des impacts très lourds et invalidants, tant sur le plan personnel que professionnel, physique, psychologique, relations, sexuel et financier. Le terme « bipolaire » est juste car la personne navigue entre deux pôles extrêmes, l’un constitué de phases intenses d’exaltation où tous les « ex » s’expriment (excès, excitation, exaltation, exubérance), c’est la phase dite maniaque. L’autre pôle est fait de dépressions sévères (dégoût de tout, atonie, envies suicidaires). La bipolarité s’exprime donc par des variations très marquées de l’état émotionnel, de l’énergie et de l’activité. En France, malgré une meilleure reconnaissance du trouble, le retard de diagnostique reste très fréquent, laissant de nombreuses personnes sans accompagnement adapté pendant plusieurs années, ce qui entraîne souvent une grande souffrance psychique, une perte de repères, et une difficulté à maintenir une stabilité dans les différents domaines de la vie quotidienne.

Un traitement médical est indispensable et constitue le socle du traitement. Toutefois, vivre avec un trouble bipolaire ne se résume pas à la prescription de médicaments. L’hygiène de vie, la régularité des rythmes biologiques, l’alimentation, la gestion du stress et des émotions jouent un rôle majeur dans le quotidien des personnes concernées. C’est dans cet espace complémentaire, et uniquement dans cet espace, que s’inscrit l’accompagnement naturopathique. Il ne s’agit ni de soigner la maladie, ni de se substituer aux professionnels de santé mentale, mais d’apporter un soutien concret et réaliste aux difficultés quotidiennes souvent rencontrées par les personnes bipolaires.

 

  • Les troubles bipolaires :

Les troubles bipolaires concernent environ 1 à 2,5 % de la population française (1), ce qui représente plus d’un million de personnes. Le trouble apparaît généralement à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, avec un âge moyen de début situé entre 15 et 25 ans, bien que des formes plus tardives existent. Le diagnostic est souvent tardif, avec un délai moyen estimé entre huit et dix ans entre les premiers symptômes et la reconnaissance du trouble, notamment en raison de la confusion fréquente avec des épisodes dépressifs isolés ou des troubles anxieux. Ce qui caractérise la bipolarité est précisément cette alternance épuisante, plusieurs fois dans l’année ou plusieurs fois au cours de la vie, voire plusieurs fois dans le mois entre exaltation et dépression. Ce qui distingue bien cette maladie de la dépression seule.

On distingue principalement deux types de bipolarité. Le trouble bipolaire de type I est caractérisé par la présence d’au moins un épisode maniaque franc, parfois accompagné d’une hospitalisation. Bien que ne représentant que 1% de la population française, il est plus facilement repérable tant la phase maniaque est délirante : « « Dans la manie, la personne ne connaît plus ni freins ni censure. Elle est désinhibée, insomniaque, hypersexualisée, elle dépense à tout-va, conduit à vive allure. Soudain, les odeurs, les couleurs, les goûts sont amplifiés » (2). Le trouble bipolaire de type II, présente des épisodes d’exaltation plus modérés (hypomanie) mais associés à des épisodes dépressifs souvent sévères et prolongés. Mais quelle que soit sa forme, la bipolarité est une pathologie chronique, évolutive, nécessitant une surveillance au long cours.

La prise en charge médicale repose essentiellement sur trois traitements,  parmi lesquels le lithium qui est la référence.  De nombreuses études françaises et internationales ont démontré son efficacité dans la prévention des rechutes et la réduction du risque suicidaire. Mais le problème est que le lithium a des effets néfastes sur le long terme, notamment sur les reins et la thyroïde. Et pour le moment aucune autre molécule n’est aussi efficace et mieux tolérée. C’est pourquoi la surveillance sous lithium est très stricte, avec prise de sang tous les mois. D’autres molécules, telles que certains anti-épileptiques et antipsychotiques, peuvent être prescrites selon la personne. Les traitements sont généralement efficaces lorsqu’ils sont bien ajustés et correctement suivis, mais ils ne sont pas dénués d’effets secondaires, pouvant impacter la qualité de vie, le métabolisme, la digestion, le sommeil ou encore la motivation. Ces traitements sont uniquement prescrits par un médecin et de préférence un psychiatre. Ils sont incontournables.

 

  • La bipolarité au quotidien :

Vivre avec un trouble bipolaire implique bien plus que la gestion des épisodes aigus. Même en dehors des phases les plus marquées de la maladie, de nombreuses personnes décrivent des difficultés importantes dans leur quotidien. Les fluctuations d’énergie, les troubles du sommeil, la fatigue chronique, les variations de l’appétit ou la perte de motivation rendent parfois complexe le maintien d’une hygiène de vie stable. Les personnes bipolaires ont souvent du mal à s’occuper d’elles-mêmes de manière régulière, à préparer des repas équilibrés, à respecter des horaires ou à maintenir une activité physique adaptée.

C’est ici que l’accompagnement naturopathique trouve toute sa légitimité, non pas pour agir sur la maladie elle-même, mais pour soutenir la personne dans ces aspects concrets de la vie quotidienne. En travaillant sur la régularité des rythmes veille-sommeil, sur une alimentation structurée et rassurante, sur l’hydratation, sur des pratiques corporelles douces et sur la réduction des facteurs de stress, il est possible d’aider la personne à retrouver des repères stables. Ces repères sont essentiels, car la désorganisation des rythmes biologiques est reconnue comme un facteur de déstabilisation de l’humeur chez les personnes bipolaires.

La nutrition, sans être un traitement, peut également jouer un rôle de soutien. Une alimentation régulière, limitant les variations glycémiques, évitant les excitants et l’alcool, et apportant les nutriments nécessaires au fonctionnement du système nerveux, peut contribuer à un meilleur équilibre global. Par ailleurs, certains effets secondaires des traitements médicamenteux, tels que la prise de poids, les troubles digestifs ou la fatigue persistante, peuvent être accompagnés par des ajustements alimentaires et hygiéniques adaptés, toujours en cohérence avec le suivi médical en place.

 

  • L’accompagnement en naturopathie :

En tant que naturopathe, je ne pose aucun diagnostic, je ne modifie aucun traitement médical, et je n’interviens jamais sur la prescription ou l’arrêt des médicaments. Je ne suis ni psychiatre ni psychologue, et je ne prétends en aucun cas guérir la bipolarité. Mon rôle est celui d’un accompagnement complémentaire, centré sur l’hygiène de vie, l’écoute du corps et le soutien des capacités d’adaptation de la personne. Je ne soigne pas la bipolarité, je cherche à agir, de concert avec le psychiatre et le médecin traitant de la personne, sur les effets secondaires de ces traitements qui sont particulièrement lourds (3). Et cela sans en  modifier l’efficacité. Je cherche à soutenir la personne dans son effort à maintenir un quotidien le plus confortable possible. Je suis toujours très claire avec mes consultants, surtout lorsqu’ils s’imaginent pouvoir se passer de leur traitement (souvent significatif d’un retour en phase maniaque). En effet, la bipolarité est une maladie fascinante, car elle intensifie tout la gamme des humeurs humaines et repousse loin les limites de l’organisme. Le bipolaire en phase maniaque peut se passer de dormir, manger et accomplir des prouesses physiques et mentales. Ce sentiment de surpuissance le pousse parfois à interrompre son traitement et lorsque la phase maniaque s’achève, tout s’effondre et les conséquences peuvent en être fatales. Ma posture est donc essentielle pour garantir un accompagnement éthique, sécurisant et respectueux du patient. La bipolarité est une maladie que je prends très au sérieux car associée à un risque suicidaire significatif, notamment lors des phases dépressives ou mixtes. Toute prise en charge doit s’inscrire dans un cadre pluridisciplinaire, impliquant des professionnels de santé mentale qualifiés. Le naturopathe peut intervenir en soutien, en coordination indirecte, en aidant la personne à mieux vivre avec sa pathologie, mais jamais en remplacement du soin médical.

L’accompagnement proposé vise avant tout à redonner du pouvoir d’agir à la personne sur ce qui dépend d’elle : ses habitudes quotidiennes, son rapport à son corps, sa capacité à reconnaître ses signaux de fatigue ou de surcharge, et à mettre en place des stratégies simples pour préserver son équilibre. Cette approche individualisée peut contribuer à améliorer la qualité de vie, à réduire le sentiment d’impuissance et à soutenir une relation plus apaisée avec la maladie.


Eux aussi étaient sans doutes bipolaires :

 

  • Je peux vous aider :

Ainsi la bipolarité est un trouble psychiatrique complexe, fréquent et encore insuffisamment compris, qui nécessite une prise en charge médicale rigoureuse et un suivi au long cours. Les traitements actuels permettent, dans de nombreux cas, de stabiliser la maladie et d’améliorer significativement le pronostic, à condition d’être bien adaptés et suivis. Toutefois, vivre avec un trouble bipolaire implique des défis quotidiens qui dépassent largement la seule dimension médicamenteuse.

Dans ce contexte, la naturopathie peut trouver sa place en tant qu’approche complémentaire, centrée sur l’hygiène de vie, la régularité des rythmes, l’alimentation, la gestion du stress et l’accompagnement des effets secondaires des traitements. Elle peut offrir un soutien précieux aux personnes concernées, en les aidant à mieux habiter leur quotidien malgré la maladie. Il ne s’agit pas de promettre une guérison, mais d’accompagner avec justesse, humanité et respect, un chemin de vie souvent exigeant et délicat, où chaque pas vers plus de stabilité et de compréhension de soi compte. La bipolarité chamboule les humeurs, entre vertiges et abîmes, et fait de l’existence un parcours d’obstacles souvent très dur à vivre, pour la personne mais aussi pour son entourage qui nécessite d’être également soutenu.


 

Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac à Villelaure Pertuis et Aix-en-Provence


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(1)    - Assurance Maladie. (2023). « Trouble bipolaire : symptômes, diagnostic et traitements ». Paris : CNAM.

(2)    - Hantouche, Eli).(2018). « Les troubles bipolaires ». Paris : Éditions Odile Jacob.

(3)    - Fondation pour la Recherche Médicale. (2022). « Les troubles bipolaires : mieux comprendre pour mieux soigner ». Paris : FRM.



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