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  • Photo du rédacteurGuillemette Bourgoing

L'estomac d'Est en Ouest

Dans les traités de médecine traditionnelle chinoise, l’année est scandée par cinq saisons, ou plutôt quatre saisons, comme notre calendrier occidental, et une intersaison de 18 jours qui se trouve entre chaque grande saison. Contrairement à nous les saisons chinoises sont scandées par les 12 mois lunaires, ce qui fait que chaque saison dure 72 jours. L’intersaison se décompose en 9 jours, où la saison précédente s’efface, et 9 jours où la saison suivante s’affirme progressivement. L’intersaison est une période de transition. Elle est associée à la terre, à la rate et au pancréas qui sont yin et à l’estomac qui yang. Ce dernier est considéré comme l’un des organes les plus importants du corps en médecine traditionnelle chinoise (MTC) alors qu’il n’est considéré dans notre vision occidentale que comme une poche (stomacale) qui brasse les aliments pour les mélanger avec les sucs gastriques. La fonction de l’estomac va bien au-delà de cela est l’estomac mérite d’être mieux connu, du point de vue occidental comme oriental.

 

L’estomac dans notre vision occidentale :

L’estomac est très peu définit comme une entité à part, entière. Il est plutôt considéré comme une simple « portion du tube digestif en forme de poche », située entre l’œsophage pour sa partie haute et le duodénum dans sa partie basse, qui assure la digestion des aliments. Il brasse ces derniers pour les décomposer en les mélangeant à ses sucs gastriques composés d’acide chlorhydrique, eau et enzymes. Les particules trop grosses, qu’il n’a pas réussi à suffisamment réduire en fin de digestion, sont larguées dans le duodénum où intervient le pancréas qui sécrète à son tour un suc très riche en enzymes (amylase pour les sucres, lipase pour les graisses et trypsine pour les protéines).

Mais le rôle de l’estomac ne se limite pas à une seule fonction, et nous pouvons le dire pour tous nos organes d’ailleurs. Le pylore, ou pompe de l’estomac, commande les contractions gastriques, mais il régule également le nombre de calories. Il doit veiller à ne libérer que le nombre de calories indispensables à notre fonctionnement de base. Lorsque tout se passe bien, le duodénum analyse l’entrée des calories dans sa portion et envoi un message au pylore pour qu’il cesse de vider l’estomac au moment où le nombre de calories adéquat a été atteint. On peut dire alors que l’estomac sert, dans le cadre d’une alimentation équilibrée et raisonnable, de garde-manger pour notre usage quotidien en stockant temporairement les aliments. En règle générale il s’est vidé 4 heures après un repas équilibré, et 6 heures pour un repas riche, notamment en graisses.

A la lumière de ce que nous venons de voir, l’estomac a donc besoin de temps pour traiter tout ce que nous ingérons et il souffre lorsque nous lui donnons trop de travail d’un seul coup. Dépassé, il va relarguer dans l’intestin grêle des molécules qui vont à leur tour demander beaucoup de travail au pancréas qui risque, lui aussi, d’être dépassé : c’est la porte ouverte aux troubles de la glycémie et aux dyslipidémies (hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie).


L’estomac en médecine traditionnelle chinoise :

L’estomac est central en MTC. Il est le premier organe yang et il contrôle la réception et la digestion de ce que nous ingérons. Couplé à la rate, yin, qui, elle, assure le transport des aliments et des liquides. Ce couple, yin et yang, permet de créer le Qi nutritionnel, c’est-à-dire cette énergie vitale qui nous permet de fonctionner. Par ailleurs, il est également responsable de la production des liquides organiques et du maintient de l’humidité corporelle. En outre, et c’est peut-être l’aspect plus délicat à comprendre dans notre vision occidentale, l’estomac est chargé de « mûrir » les aliments en fonction de leur nature. En effet, certains aliments sont considérés comme « froids », donc yin, et d’autres comme « chauds » donc de nature yang. Trop de froid peut causes des problèmes digestifs, en fonction des saisons, de la personne, ou autres critères ; trop de chaud entraîne des inflammations. L’estomac est alors chargé de moduler la température des aliments. C’est la raison pour laquelle, dans la diététique chinoise, la recherche d’équilibre yin-yang, chaud-froid, est constante. Enfin, il est non seulement responsable de la transformation des aliments en énergie vitale mais il est également en charge de distribuer tous les nutriments dans le corps. Il doit par là-même veiller au « murissement » des aliments (décomposer et digérer) et éviter leur « pourrissement » (qu’ils ne stagnent trop longtemps dans l’estomac) qui provoque des douleurs abdominales, des ballonnements et des gaz. Il est le garant de la descente du Qi dans l’organisme, de l’œsophage à l’estomac et de l’estomac vers l’intestin. L’estomac est couplé alors avec la rate qui sépare la partie « claire » des aliments (purs et bénéfiques) qu’elle dirige vers les poumons, et leur partie « trouble » vers l’intestin grêle.


Deux versions des troubles de l’estomac :

L’estomac n’est pas un organe noble en Occident, nous lui portons peu d’intérêt, sauf lorsqu’il se manifeste par divers symptômes tels que l’aérophagie (air accumulé dans l’œsophage et, parfois, dans l’estomac, provoquant ballonnements, rots et éructations), les reflux gastro-œsophagiens (voir mon article) avec des remontées d’une partie du contenu de l’estomac, très acide, dans l’œsophage, les gastro-entérites (d’origine virales ou bactériennes), ulcères (inflammation de la paroi de l’estomac avec lésion interne), gastrites (inflammation de la muqueuse de l’estomac) et la hernie hiatale (estomac qui remonte partiellement dans l’œsophage). Si le stress est souvent à la source de ces maux (voir mon article), les causes ne sont pas toujours bien définies et la réponse est surtout un traitement qui permet de soulager les brûlures d’estomac, réduire l’inflammation et donc soulager les douleurs. En cas de hernie hiatale, une opération chirurgicale peut être proposée pour la résorber.

La MTC offre plusieurs explications aux troubles gastriques et même au-delà du système digestif, dans tout l’organisme. Car si le Qi de l’estomac est équilibré, ce sont les cinq organes principaux (cœur, rein, poumon, foie, estomac) qui fonctionnent correctement. S’il est trop faible, il ne pourra pas remplir sa mission, les aliments stagnent, « pourrissent » (ne sont pas traités convenablement et perdent leur intérêt nutritionnel) et provoquent des lourdeurs intestinales, avec, ou pas, des vomissements, des reflux et une mauvaise haleine. De même, s’il n’est pas assez tonique pour faire descendre les aliments vers l’intestin grêle, il va entraîner des problèmes de constipation, une perte d’appétit avec la sensation d’avoir l’estomac toujours plein accompagnée de douleurs abdominales. Dans ce cas, le trop plein peut également remonter sous forme de nausées, vomissements, éructations et le hoquet.

Enfin, le facteur émotionnel est central dans les troubles physiologiques liés à l’estomac : Avoir du « mal à digérer une situation », « ça m’est resté sur l’estomac »… Ils nous ramènent à une certaine insécurité affective ou matérielle, un sentiment d’injustice ou de refuser de se soumettre à une situation ou à quelqu’un. Ce qui provoque stress et anxiété, qui eux-mêmes impactent sur le fonctionnement de l’estomac. C’est un cercle vicieux qu’il faut briser : « digérer : dit-gérer ».

 

Je peux vous aider :

Ainsi, cette intersaison est une invitation à faire le bilan, à laisser derrière nous ce qui n’est plus, mais qui n’est pas encore. A poser les principes de ce que nous ne voulons plus et ce vers quoi nous tendons. C’est aussi une invitation à faire une pause, à apprécier l’instant présent pour reprendre notre souffle et surtout confiance en soi et en nos propres capacités à choisir ce qui est intrinsèquement bon pour nous. De belles journées s’offrent à nous, profitons-en pour aller marcher en forêt ou au bord de la mer, jardiner, méditer, peindre… tout ce qui nous permet de chasser les idées qui nous polluent et impactent notre santé.

Prenez le temps de manger, de mâcher, d’apprécier, dans le calme, ce que vous manger. Préférez manger cuit (l’idéal en ce moment est à la vapeur douce) en cette saison, apportez de la chaleur à votre estomac, du liquide (soupes), des épices. Mangez par petites quantités pour ne pas le surcharger. En cas de stress, évitez de vous rabattre sur le sucre, ou la cigarette, même s’ils vous donnent l’impression de vous réconforter. Ce sont de faux amis qui augmentent votre fatigue générale et impactent votre santé. Pour cela je peux vous aider en stimulant les points d’acupuncture qui correspondent à l’addiction au sucre et au tabac. Et bien sûr, pas de grignotage entre les repas.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence

 

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