Le mal au ventre de l'école
- Guillemette Bourgoing

- il y a 2 jours
- 7 min de lecture
Qui n’a jamais entendu son enfant se plaindre du ventre juste avant d’aller à l’école ? Bien souvent c’est une tentative pour échapper à une journée de classe. Mais quelque soit le motif il mérite d’être entendu et pris en compte. Lorsqu’il apparaît de manière récurrente le matin avant de partir à l’école, revient au moment du déjeuner et finit par s’installer, avec une modification du transit, il ne s’agit plus d’une stratégie pour rester à la maison. Lorsque constipations, diarrhées, ballonnements, crampes et douleurs abdominales commencent à ponctuer les jours de la semaine, il est temps de savoir ce qu’il se passe vraiment. Bien sûr le « stress de la rentrée » peut être la première chose à laquelle nous allons penser. C’est possible. Mais on ne peut réduire les maux de ventre à la seule dimension psychologique, même si le tube digestif et le système nerveux sont en communication permanente (voir mon article). A la rentrée les changements sont légion : reprise d’horaires fixes qui ne sont pas forcément physiologiques, repas à la cantine, habitudes alimentaires modifiées, hydratation souvent insuffisante, se retenir pour aller aux toilettes, rester assis une bonne partie de la journée sont autant de facteurs qui peuvent perturber le confort digestif des enfants. Une visite chez le médecin permettra, dans la plupart des cas, de n’y voir qu’une origine fonctionnelle. C’est alors qu’il sera intéressant de regarder autrement ces symptômes. Ce n’est pas une cause unique que nous allons rechercher mais plutôt pour comprendre ce qui a changé dans le quotidien de l’enfant pour que cela se répercute sur son système digestif.
L’impact des changements de rythme :

Le transit intestinal n’aime pas franchement les changements de rythme. Durant les vacances les horaires sont plus souples et l’enfant peut aller aux toilettes lorsqu’il en a besoin. Il peut prendre son temps, attendre le bon moment. Avec la reprise scolaire son temps est minuté, le départ pour l’école parfois précipité, et tout devient plus contraignant. Certaines enfants ne prennent pas le temps d’aller aux toilettes avant de partir, d’autres préfèrent attendre d’être retournés à la maison. A l’école, les toilettes ne donnent pas franchement envie d’y aller. Ils peuvent manquer d’intimité, être sales ou désagréables. Certaines enfants n’osent pas non demander à sortir de classe et redoutent de se faire remarquer ou d’essuyer un refus. Ils prennent alors l’habitude de se retenir, parfois toute la journée. La constipation chez les enfants est ainsi très fréquente. Elle n’est pas bien grave dans le sens où le transit intestinal va s’adapter à ce nouveau rythme. En revanche, si les selles sont douloureuses, difficiles à évacuer, il faut faire quelque chose et demander un avis médical. D’autant plus que la constipation peut être accrue par le manque d’hydratation (voir mon article), la position assise prolongée et des repas différents, parfois pauvres en légumes et en fibres. Et puis, la rentrée peut aussi révéler un problème qui existait déjà en amont mais qui était plus discret et donc passé sous les radars. Observer ce changement peut être plus pertinent que de chercher immédiatement modifier toute l’alimentation de l’enfant.
L’impact des repas à la cantine

Ce qui change à la cantine n’est pas uniquement dans l’assiette (voir mon article). Le déjeuner à la cantine représente une véritable rupture avec les habitudes familiales. Les heures de repas sont imposées, dans un environnement collectif et bruyant, avec des aliments qui ne prennent pas les goût et préférences individuelles, le tout dans un temps limité. Même si le temps du repas peut être un moment convivial entre amis, certains enfants préfèrent manger rapidement pour pouvoir retourner jouer rapidement. D’autres refusent de manger, picorent, trient ou mangent peu car ils n’apprécient pas la nourriture de collectivités. Certains sont perturbés par l’agitation ambiante et le bruit de fond. D’autres enfants boivent moins afin de ne pas avoir besoin d’aller ensuite aux toilettes. Pris individuellement ces éléments peuvent paraître anodins. Mais ils sont pourtant le plus souvent à l’origine d’inconforts, notamment digestifs. Ainsi, l’expérience des repas à la cantine ne s’arrête pas à ce qui est servi dans l’assiette. Le contexte dans lequel nos enfants mangent, boivent, le temps qu’ils prennent pour manger, participent également à la qualité de la digestion. Chez l’enfant cet aspect est particulièrement important car les habitudes alimentaires et digestives sont encore en construction. D’ailleurs, une étude française de l’ANSE (1) montre que les comportements alimentaires des enfants, puis des adolescents, évoluent avec l’âge. C’est ainsi qu’un enfant peut rentrer affamé le soir à la maison alors qu’il n’aura pas eu vraiment faim à midi). De même, si enfant souffre du ventre après la cantine, ce n’est pas forcément dû à un aliment particulier. Le ventre ne réagit pas uniquement à ce qu’il y a dans l’assiette, mais aussi aux conditions et fréquences auxquelles il mange et vit sa journée en classe. Il peut être intéressant de voir si la douleur apparaît systématiquement après le déjeuner ou si elle existait déjà avant le repas. Le ventre nous servira alors de « baromètre » pour savoir comment s’est déroulée sa journée.
Le mal de ventre de la rentrée :

Ce mal de ventre existe bien et est parfois bien déroutant pour les parents : l’enfant va parfaitement bien pendant les vacances et les maux de ventre réapparaissent le matin avant d’aller à l’école. Les symptômes semblent disparaitre le mercredi, le week-end qui suit ou pendant les vacances suivantes, puis il réapparait. Le lien avec le stress semble évident (voir mon article). En effet, le lien entre l’intestin et le cerveau est bien établi, les liens entre le fonctionnement digestif et le système nerveux sont très étroits et participent à la perception des sensations abdominales qui peuvent être douloureuse pour certains enfants. Cette douleur peut bien sûr être influencée par le fonctionnement du système digestif, mais aussi par sa sensibilité et par le contexte dans lequel les sensations apparaissent. Il est alors intéressant de s’interroger sur ce qu’il se passe réellement autour de cette douleur : est-ce qu’elle n’apparaît que les jours d’école, ou certains jours de l’école (en rapport avec l’emploi du temps de l’enfant), à la maison ? Est-ce qu’elle se manifeste dès le réveil, avant le petit-déjeuner, ou après. Depuis combien de temps l’enfant n’est plus allé à la selle, pourquoi ? Comment sont ses selles ? Qu’est-ce qu’il mange à la cantine (seulement des pates et du pain parfois…), pense-t-il boire suffisamment dans la journée ? Se retient-il d’aller aux toilettes ? Il y a-t-il un souci particulier à l’école, avec les amis, un enseignant, à la cantine, pendant la récréation ? La rentrée est une période de changements importants pour l’enfant : nouvelle classe, nouveaux enseignants, nouvelles règles, cantines, horaires fixes, toilettes collectives, sédentarité, alimentation différentes… Le transit intestinal est particulièrement sensible à ses modifications et plusieurs facteurs peuvent se combiner pour perturber le système digestif de l’enfant. C’est là qu’intervient le naturopathe qui peut aider les parents à observer leur enfant de plus près et identifier les pistes à modifier, sans poser de diagnostic ni remplacer le suivi du médecin. Au contraire, ces observations permettent aussi de transmettre au médecin des informations plus précises en cas de consultation. A l’inverse, lorsque le médecin a écarté toute pathologie, il est intéressant de regarder ce qui, dans le quotidien, provoque les inconforts digestifs sans conclure trop rapidement à de l’anxiété ou du stress. Le contexte émotionnel peut bien sûr intervenir, mais il est à nuancer par une observation plus large des habitudes et rituels de l’enfant.
Je peux vous aider :
Ainsi, à la rentrée, le ventre de notre enfant peut être parfois le premier endroit où se manifestent les changements de son quotidien. En observant ces changements, en regardant comment notre enfant s’y adapte il est plus aisé de savoir ce qu’il se joue et comment y répondre et ne pas hésiter à consulter un médecin si les signes le nécessitent. Pour ma part, lors d’une consultation, je prends le temps d’écouter l’enfant et ses parents afin de comprendre ses habitudes et son environnement. Mon accompagnement consiste surtout à mettre en évidence les habitudes qui méritent éventuellement d’être ajustées, tout en tenant compte de l’âge de l’enfant, de ses goûts et des contraintes familiales et scolaires. Je ne propose pas de grands bouleversements qui pourraient être une nouvelle source de stress mais, tout en restant au plus proche de ce qu’il se fait déjà, mes ajustements peuvent faire la différence, progressivement et en douceur.
Ainsi, la naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe.
Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait.
(1) - ANSES. (2017). Étude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (INCA 3). Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.
Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac et les comportements compensatoires à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence
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