• Guillemette Bourgoing

La fatigue et l'art de ne rien faire

La fatigue est la réponse de notre organisme lors d’une dépense excessive d’énergie. Or les fêtes de fin d’année sont fatigantes : on mange plus, on boit plus, les rythmes de sommeil sont décalés, il n’est pas toujours facile de s’octroyer un moment suffisamment long de calme et de repos. La fatigue est la sonnette d’alarme de notre organisme qui réclame une pause afin de pouvoir trier, digérer, métaboliser, ramener l’équilibre dans les tâches qu’il a à effectuer. En effet, la digestion demande beaucoup d’énergie, autant d’énergie qui n’est pas ou peu ou mal utilisée pour les autres fonctions de notre corps. Ce qui explique notamment que notre système immunitaire soit affaibli particulièrement en cette période (les pics de gastro-entérites sont souvent injustement incombés aux fruits de mer et les urgences enregistrent des pics annuels de fréquentations).


Toutefois, il convient de bien faire la distinction entre la fatigue qui est une réponse normale de notre organisme face à un excès de travail temporaire, et l’asthénie qui est un épuisement physique et mental qui persiste malgré le repos. Dans les deux cas la fatigue est un symptôme qui indique que quelque chose ne va pas, de manière temporaire ou plus profonde. Il est temps alors d’apprendre à lever le pied, à s’autoriser de ne rien faire, à sortir de ce tourbillon où il semble être bien vu de mener une vie intense, où le fait d’être « débordé » indique une vie riche et épanouissante. Le paradigme de ces dernières années a totalement changé par rapport à des siècles où le loisir était plus valorisé que le travail.


Dans la Grèce antique, le terme « loisir » ne signifiait pas « divertissement » mais un état de disponibilité et de paix pour penser, méditer, s’instruire, se cultiver, se consacrer aux autres par des activités sociales ou associatives. Au cours de l’évolution de l’humanité, l’objectif de tout à chacun était certes de se nourrir pour survivre, mais également, très rapidement, de gagner suffisamment sa vie pour ne plus avoir à trimer au travail toute la journée.


Aujourd’hui, il semble que les données soient inversées : il est très bien vu de se déclarer « charrette », « débordé », « hyper-sollicité » par le travail. Comme si répondre à un mail le soir ou interrompre une discussion pour répondre à un appel du travail permettait de se sentir valorisé, de se sentir important et indispensable.




La recette du bonheur n’est pas là. Outre le fait que nous risquons de passer à côté du sel de notre vie (passer du temps avec nos enfants, notre famille, nos amis, apprécier la beauté de la nature, s’émerveiller des cadeaux de la vie), l’épuisement professionnel (ou burn-out) et l’effondrement psychique deviennent des menaces de plus en plus fréquentes dans cette recherche constante de shoots d’adrénaline. Le vrai bonheur c’est de pouvoir être attentif, conscient de ce que l’on fait, de ce que l’on vit. Pour commencer, il s’agit de cesser de culpabiliser et retrouver les vertus de l’ennui, de la rêverie. C’est pendant ces périodes que l’on se construit, se projette, imagine des solutions pour améliorer notre quotidien. En ce début d’année, au cœur de l’hiver, notre rythme est ralenti, il a besoin de récupérer après les excès dus aux fêtes de fin d’année. La baisse d’énergie nous invite nous reposer et à accepter ce message envoyé par notre organisme sous forme de fatigue. C’est le moment d’offrir des parenthèses de repos à votre cerveau qui est hyper stimulé par les informations qui tombent en cascade sous forme de SMS, mail, appels… Avant de reprendre le travail, faites une pose avec vos objets connectés : une heure, un jour, un week-end, autant de moments de retour au calme et à l’apaisement.





Offrez vous aussi de bonnes bouffées d’oxygène en ayant une activité physique en extérieur, sans demander un gros effort à votre organisme qui est en plein travail de nettoyage : une simple promenade d’une demi-heure suffit à faire circuler le sang et l’énergie et évacuer le stress. Un peu de jardinage sans forcer, juste vérifier que plantes et animaux soient protégés, que rien ne s’abime. Sans vous lancer dans un régime draconien, mettez votre système digestif au repos en privilégiant des repas légers et équilibrés (voir l'article https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/l-art-de-récupérer-après-les-fêtes ). N’attendez pas de vous endormir devant la télévision pour aller vous coucher. Votre cerveau est routinier, il aime bien les rituels fixes : un peu de lecture, avec une lumière tamisée, dans une chambre peu chauffée, au calme, et rapidement il comprendra que c’est le moment de dormir.


N’hésitez pas à faire régulièrement des cures d’ennui, des activités ou non-activités contemplatives, de la méditation, du yoga ou de la relaxation en pleine conscience (voir l'article https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/la-pleine-conscience-pour-tenir-ses-résolutions ). Avec ces quelques conseils basiques vous serez à nouveau en forme pour commencer une belle nouvelle année. Peut-être cette fois avec l’envie, le souhait, de vous recentrer sur ce qui est vraiment important, sur ce qui peut donner du sens à votre vie.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue


63 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout