Et si prendre soin de soi devenait une injonction de plus ?


Certaines personnes viennent me voir, épuisées, alors qu’elles ont une hygiène de vie et une alimentation plus que parfaites. Elles mangent bien, s’efforcent de bien dormir, font du sport, sont à l’écoute de leurs émotions, des signaux de leur corps, savent qu’elles doivent ralentir se déconnecter. Elles s’y tiennent et le font avec conviction car savent que la santé est dans la prévention et qu’il est important de prendre soin de soi. Mais alors, pourquoi ça ne marche pas ? Que puis-je apporter de plus en tant que naturopathe ? Une recommandation de plus … ou de moins… Les conseils de santé sont devenus presque omniprésents et nous disposons de plus en plus d’information pour prendre soin de nous via les réseaux sociaux, magasines, émissions de télévision, podcasts, livres… Et puis à chaque difficulté arrive une recommandation, puis une autre, parfois contradictoire, parfois radicale. Chacun témoigne de son expérience comme étant la solution. Les intentions sont en général bonnes. Elles surfent sur la prévention qui permet effectivement d’éviter ou réduire certains facteurs de risques. Mais, à force de recommandations, et de contradictions, peut apparaître un sentiment de ne jamais en faire suffisamment, ou de mal faire. Ce qui devrait nous aider à aller mieux finit par ajouter une charge mentale supplémentaire. Nous sommes non seulement responsables de notre santé mais nous sommes aussi responsables de nos écarts, de ne pas faire « comme il faut » et donc responsables de notre fatigue ou mal-être. Prendre soin de sa santé est devenu une liste de devoirs, une discipline exigeante vers la perfection, qui peut finir par devenir épuisante. Mon rôle est alors d’apporter plus de discernement pour revenir à l’essentiel, avec des conseils réalistes, progressifs et surtout non culpabilisants.
Quand prendre soin de soi devient une pression supplémentaire :

Nous allons de moins en moins chez le dentiste et le médecin uniquement lorsque nous avons mal ou que nous rencontrons un problème. Peu à peu, les visites annuelles chez le dentiste ou le gynécologue sont entrées dans nos agendas. Nous nous sommes progressivement responsabilisés par rapport à notre santé et notre époque valorise beaucoup l’idée de redevenir acteur de sa santé. Nous sommes encouragés à être plus attentifs, plus prévoyants, plus responsables. Des gestes comme l’autopalpation des seins, pour les femmes (voir mon article), sont encouragés et décrits comme étant une des meilleures préventions contre le cancer du sein. Nous apprenons à mieux comprendre notre corps, à être plus attentifs à nos habitudes, bonnes ou mauvaises, à ne pas attendre qu’une difficulté s’installe pour nous en préoccuper. En connaissant mieux les facteurs qui peuvent influencer notre santé, comme les perturbateurs endocriniens (voir mon article), et en réalisant que nous pouvons les limites, voire les supprimer, nous faisons une belle avancée dans la prévention pour notre santé. C’est donc une très bonne chose. Mais, à force d’entendre ce que nous devons faire ou ne pas faire, nous pouvons nous décourager, les informations se contredire et nous finissons par nous demander si ce que nous faisons est vraiment cohérent, en comparaison avec une version idéale de nous-mêmes, svelte, en forme et en bonne santé. Et c’est là tout le paradoxe de notre époque : à force de vouloir toujours mieux prendre soin de nous, nous risquons parfois d’oublier qu’il s’agit d’abord d’avoir un regard bienveillant et indulgent sur ce que nous sommes capables de faire, ou pas. Il ne faut pas en oublier nos propres limites, au risque de créer une pression qui peut finir par nous épuiser. Il existe une différence entre prendre conscience de ce qui est bon pour nous et instaurer une surveillance permanente, à constamment s’évaluer et réévaluer drastiquement. Il ne faut pas confondre avoir la possibilité d’agir pour notre santé et s’imposer des programmes qui impliquent de tout maîtriser. A force de vouloir bien faire, nous finissons par ne plus nous écouter. Lorsque nous vérifions à chaque repas que nous apportons les bons aliments, les bons nutriments, lorsque nous comptabilisons nos heures de sommeil, lorsque nous culpabilisons d’être toujours fatigués malgré nos efforts, à force de vouloir bien faire, nous finissons par ne plus nous écouter. La prévention perd alors sa vocation première. Nous ne pouvons pas tout maîtriser : les journées ne sont pas les mêmes d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre. Notre énergie dépend de beaucoup de facteurs extérieurs. Ce qui était bon un jour ne le sera peut-être plus quelques semaines plus tard. Nos besoins demandent à être réajustés ponctuellement. La santé est un état d’équilibre qui évolue au fil du temps et de facteurs indépendants de nos choix.
Prendre soin de soi ne veut pas dire tout optimiser :

La peur de la maladie, de vieillir, de perdre en autonomie, peut conduite à transformer sa santé en programme d’amélioration constante. Tous les aspects de notre vie doivent être optimisés : meilleur sommeil, meilleure alimentation, ralentir le rythme, gérer ses émotions, travailler mais pas trop, faire du sport, gérer son temps… Si cela peut nous aider à nous sentir mieux, ce programme est plutôt séduisant. Oui, mais à condition qu’elle ne finisse pas à occuper plus de place que les problèmes qu’il prétend résoudre. Cette recherche permanente d’optimisation ne prend pas en considération toutes les nuances qui font de chaque être humain une personne unique. Il n’est pas possible de prendre un manuel, comme pour une voiture, et cocher progressivement toutes les cases pour retrouver santé, vitalité et bonne humeur. Les livres sont pléthores et abondent de conseils aussi variés qu’utiles. Mais ils n’offrent que des pistes dans lesquelles il faudra puiser avec discernement. Et c’est là que se trouve le piège. Il ne s’agit pas de tout adopter à la lettre et nous pouvons passer alors beaucoup de temps à réfléchir comment mieux vivre, sans pour autant aller mieux. La vie est faite de différentes étapes, d’épreuves, de changements, de hauts et de bas, de priorités. Ce qui pourra répondre à une situation à un moment donné, sera caduc quelques semaines ou mois après. Prendre soin de soi signifie aussi renoncer à certaines exigences qui n’ont plus lieu d’être. Ce n’est pas forcement ajouter un énième conseil pour aller mieux. C’est ce que je m’efforce d’ailleurs souvent de détricoter lors de certaines de mes consultations : certaines règles méritent vraiment que l’on s’y attache, d’autres peuvent attendre ou être abandonnées. La prévention ne demande de prévoir chaque éventualité, ni d’éliminer toute incertitude. La prévention consiste plus à porter une attention à certains facteurs sur lesquels nous pouvons agir, tout en acceptant de ne pas tout contrôler. La prévention c’est observer, sans forcement corriger afin de mieux répondre à nos propres besoins. Il ne s’agit pas de rechercher l’image de la personne parfaitement équilibrée et irréprochable que l’on nous vend dans les discours actuels, mais observer les aspects qui peuvent raisonnablement être modifiés. Cette distinction est importante, car elle nous permet de ne pas faire avoir à supporter une responsabilité qui en fait serait impossible à tenir entièrement. Lors de mes consultations en naturopathie, je propose d’ailleurs de faire le point sur les habitudes de vie, les facteurs de risque, l’histoire de chacun, son environnement, ses conditions de vie… tout ce qui ne relève pas forcément de la volonté de la personne, tout ce qu’elle ne peut pas forcement maîtriser. Nous ne pouvons pas tout contrôler mais nous pouvons agir afin de devenir acteur de sa santé. Mais cette démarche n’a de véritable sens que lorsqu’elle est en adéquation avec la réalité de chacun.
La prévention ne doit pas être culpabilisante :

La prévention ne doit pas nous rendre plus inquiets, à avoir peur de ce qui pourrait nous arriver. C’est plutôt une invitation à devenir attentif à notre santé, avant que cela devienne une urgence. La prévention propose juste une marge de manœuvre sur ce que nous pouvons faire : choisir de modifier une habitude, réduire une consommation, se remettre en mouvement, accepter de se faire aider. Les changements les plus efficaces ne sont pas forcement les plus spectaculaires. Elle peut juste être de considérer que sa santé est quelque chose dont on peut s’occuper maintenant, et pas après les enfants, le travail ou plus tard. Il ne s’agît pas d’opposer une vision culpabilisante en rappelant, à une personne en difficulté, ce qu’elle aurait dû faire ou ne pas faire, surtout si certaines habitudes sont installées depuis longtemps. Je pense notamment aux personnes que je suis dans l’arrêt du tabac et qui sont déjà bien renseignées, qui savent ce qu’elles aimeraient changer. Je leur offre alors un espace qui leur permet de comprendre ce qui se joue réellement, ce qui rend le changement difficile, et cela sans ajouter une nouvelles couche de culpabilité qui existe déjà. De même les campagnes de sensibilisation, comme Octobre Rose, dépassent largement le mois d’octobre et le cancer du sein (voir mon article). Ce sont plus des invitations à considérer notre santé comme quelque chose qui mérite que nous y portions une attention régulière. La prévention c’est ouvrir les yeux de manière lucide pour pouvoir agir lorsqu’une action est possible. Mes accompagnements n’ajoutent pas de pression là où il y en a déjà assez. Je prends le temps d’écouter, de comprendre et je laisse la possibilité à la personne qui vient me voir d’adopter, adapter ou refuser mes conseils. Je ne crois pas beaucoup aux transformations spectaculaires, ni aux modèles clé en main que l’on nous propose. Je préfère partir du quotidien d’une personne, par petites touches, pour obtenir ce qu’elle est réellement prête à faire évoluer.
Je peux vous aider :

Ainsi, il est important de faire la distinction entre prendre soin de soi et surveiller constamment chaque détail de son existence. La prévention ne doit pas être un stress supplémentaire, une source d’inquiétude, mais une invitation à regarder avec attention ce qui mérite vraiment d’être changé, à la mesure de nos moyens. Nous n’avons pas besoin de devenir des experts. Nous avons juste besoin de nous connaître suffisamment pour reconnaître les habitudes qui méritent d’être transformées. Prendre soin de soi ne devrait pas être une course vers un idéal parfait mais plutôt se dire chaque jour : « en quoi puis-je t’aider aujourd’hui » ?
Ainsi, la naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Je regardent les différents facteurs qui influencent le quotidien : rythme, alimentation, récupération, gestion des tensions, environnement, habitudes. Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe.
Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait.
EHRENBERG, Alain, Le Culte de la performance, Paris, Calmann-Lévy, 1991
Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac et les comportements compensatoires à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence
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