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la naturopathie : sortir des idées reçues

Photo du rédacteur: Guillemette Bourgoing
Guillemette Bourgoing
27 sept.
7 min de lecture

Le terme naturopathie est devenu un terme générique pour désigner des pratiques controversées. Dans un joyeux foutoir, j’entends la naturopathie à tous les étages : à la venue du Pape j’ai encore entendu cette semaine un journaliste parler d’autres religions auxquelles les français se rattachent, dont le bouddhisme et la naturopathie… Bien sûr, cette situation mérite d’être questionnée car progressivement des formations sérieuses et des pratiques ubuesques, qui n’ont rien à voir avec la naturopathie telle qu’elle est enseignée, sont regroupées sous un même mot : naturopathie. A force de raccourcis, articles sensationnels, la naturopathie finit par être systématiquement résumée à des dérives qui méritent d’être dénoncées : refus de la médecine, promesses de guérison, régimes extrêmes, plantes présentées comme des traitements ou méfiance systématique envers les professionnels de santé. Avant d’étiqueter ces « soigneurs » de naturopathes, a-t’on prit le temps de vérifier qu’ils le sont vraiment ? Ont-ils une certification issue d’une formation solide, un engagement déontologique ? Sont-ils affiliés à une organisation professionnelle. Autant de repères qui permettent d’apprécier le sérieux d’un praticien, engagé dans une pratique responsable pour exercer son métier de naturopathe.

 

  • Un naturopathe n’est pas un médecin :

Etre naturopathe ne signifie surtout pas se substituer au médecin, ni avoir une pratique concurrente. Cette distinction est fondamentale. Une personne qui vient voir un naturopathe est souvent suivie en parallèle par son médecin généraliste, un spécialiste, un oncologue, un pharmacien ou tout autre professionnel de santé. Il n y a aucune contradiction à suivre ces deux voies : elles ont des objectifs différents et, lorsqu’elles sont menées avec sérieux, lorsque le dialogue est ouvert, elles trouvent leur place dans un parcours global qui ne peut qu’être bénéfique pour tout le monde. Je reçois régulièrement des personnes, diabétiques, en surpoids ou épuisées, qui m’ont été envoyées par leur médecin, pour des rééquilibrages alimentaires, des conseils en hygiène de vie ou de la prévention. Dans le domaine de l’oncologie, cette complémentarité est particulièrement importante. Les traitements sont lourds et peuvent s’accompagner d’effets secondaires non négligeables : fatigue, nausées, troubles digestifs, difficultés alimentaires ou modifications importantes du quotidien. Les soins de support sont alors indispensables et ce sont rarement les oncologues qui peuvent s’en occuper. L’institut national du cancer (1) reconnaît d’ailleurs la place de ces soins, parmi lesquels figurent la nutrition, l’activité physique et les conseils en hygiène de vie. Ces accompagnements ont pour objectif de préserver la qualité de vie, de mieux vivre les effets de la maladie et les effets secondaires des traitements. C’est dans cet espace, et uniquement dans cet espace, que le naturopathe peut accompagner une personne suivie pour un cancer. Il ne s’agit en aucun cas de traiter un cancer ni de modifier un traitement. Il ne s’agit surtout pas de faire des promesses que la médecine ne peut garantir. Il s’agit d’accompagner une personne dans ce qu’elle traverse, avec bienveillance et humanité, en complément du parcours médical et dans le respect de celui-ci. C’est cette approche que je défends dans ma pratique que j’exerce systématiquement en dialogue avec les médecins et équipes soignantes. Il ne s’agit pas de traiter la maladie, mais de contribuer, en restant à ma place, à la qualité de vie de la personne.

 

  • Toutes les personnes dites « naturopathes » ne le sont pas nécessairement :

C’est probablement le point dont on parle le moins. C’est la première question que je pose à mes nouveaux consultants : « c’est la première fois que vous venez voir un naturopathe ? Savez-vous en quoi cela consiste ? ». Et j’y réponds. Ainsi je définis le cadre de mon accompagnement et, surtout, mes limites. Bien que nos syndicats se démènent, avec conviction et efficacité, pour faire reconnaître la profession de naturopathe, le statut actuel de notre métier n’est pas encore légiféré et recouvre alors des parcours très différents. Certains professionnels, comme moi, ont suivi une formation structurée, très exigeante, validée par une double certification (celle de l’école et celle de la Fédération des Ecoles de Naturopathie : FENA) qui est le sésame pour pouvoir adhérer à une organisation professionnelle telles que l’AFNAT ou l’OMNES. Ces dernières impliquent que j’adhère à une charte de déontologie et que je poursuive des formations tout au long de mon activité de naturopathe. D’autres personnes peuvent se prétendre naturopathe après avoir suivi un parcours beaucoup plus court ou sans véritables formation comparable. Cette diversité existe et, comme pour toutes professions, mérite que l’on se renseigne sur le praticien que l’on souhaite consulter. En effet, il est dommage, voire dangereux, de prendre une personne se présentant comme naturopathe, parfois ayant des pratiques très éloignées des fondements de la naturopathie-même. Et, enfin, il est aussi dommage de regrouper sous un même terme des personnes ayant des approches peu responsables telles que les « crudivors », buveurs de jus ou jeûneurs extrêmes qui ne font pas de naturopathie et ne représentent absolument pas notre profession. Lorsqu’un professionnel, quel qu’il soit,  accompagne une personne fragilisée, notamment dans un contexte de maladie, la question devrait plutôt être : quelle est sa formation ? Quelle est sa pratique ? Quelles sont ses limites ? Travaille-t-il dans le respect du parcours médical ? Sait-il orienter vers un professionnel de santé lorsque la situation le nécessite ? Ces questions sont beaucoup plus intéressantes que les raccourcis. Une profession sérieuse ne se définit pas uniquement par son nom. Elle se reconnaît aussi à la manière dont elle exerce.

 

  • En oncologie, comme ailleurs, le naturopathe reste à sa place :

Reconnaître ses limites n’est pas un aveu de faiblesse, loin s’en faut. C’est en fait une preuve de professionnalisme. Je n’ai aucune honte à dire « ceci n’est pas de mon ressort »… tout simplement lorsque c’est le cas, parce que je sais où s’arrête mon rôle et aussi mes compétences. Lorsqu’une personne est suivie pour un cancer, son oncologue reste son oncologue : il sait ce qu’il a à faire. Son médecin reste son médecin : il sait ce qu’il a à faire. Le naturopathe sait aussi ce qu’il a à faire. Les protocoles médicaux, les traitements prescrits,  restent ceux qui ont été décidés par l’équipe médicale. La naturopathe, en accord avec l’oncologue ou le médecin, intervient sur un autre registre : aider à réfléchir sur l’organisation du quotidien, accompagner certaines habitudes de vie, soutenir une alimentation adaptée à la situation et aux recommandations médicales, ou encore apporter un espace d’écoute et de soutien autour des changements que la personne souhaite mettre en place. Une formation solide en naturopathie est d’autant plus importante que certaines plantes, certains compléments alimentaires ou certaines pratiques peuvent interagir avec les traitements anticancéreux. L’accompagnement en naturopathie ne s’invente pas et ne s’autoproclame pas ! Par ailleurs, la coopération avec, et entre, les professionnels de santé est une évidence. Dans ma pratique je suis amenée à accompagner des personnes suivies en oncologie, et je précise systématiquement souhaiter avoir l’aval d’un oncologue ou médecin référent à qui j’envoie mes conseils. Mon rôle est d’accompagner autrement, là où mon champ de compétences peut être utile.

 

  • Je peux vous aider :

Ainsi, la naturopathie mérite mieux que les caricatures dont les journaux et mainstream se font des gorges chaudes. Il est nécessaire de dénoncer les pratiques dangereuses lorsqu’elles existent mais tout autant nécessaire de « rendre à César ce qui est à César » et ne pas les confondre avec le métier de naturopathe. Les raccourcis médiatiques ne doivent pas tenir lieu d’analyse de toute une profession, au risque de la  discréditer et d’induire fortement leur auditoire en erreur. Entre le tout cru et le rejet complet de toute approche complémentaire, il existe une voie beaucoup raisonnable dans laquelle je m’inscris : celle de la compétence, de l’humilité et de la complémentarité. C’est cette naturopathie-là que je défends, au même titre que les fédération et syndicats qui œuvrent pour organiser, légiférer et faire reconnaître notre profession. Un naturopathe mérite d’être évalué à l’aune de ses formations, de l’éthique de sa pratique, et non à partir de quelques titres de presse. La vigilance est nécessaire, les raccourcis le sont beaucoup moins.

 

Ainsi, la naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Je regarde les différents facteurs qui influencent le quotidien : rythme, alimentation, récupération, gestion des tensions, environnement, habitudes.  Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal ou minéral. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe.

 

Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (cancer, syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait.


(1)- Institut national du cancer, Les soins oncologiques de support, mise à jour 2024.


Dr Jean-Loup Mouysset : "Oncologie intégrative - Du cancer vers la santé : bases pour une approche non médicamenteuse en complément des traitements conventionnels du cancer" Edition Dangles, 2023


Dr David Servan-Schreiber: "Anticancer : les gestes quotidiens pour la santé du corps et de l'esprit" Edition Robert Laffont, 2007


Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac et les comportements compensatoires à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence



PS : si cet article vous a plu, n'hésitez pas à liker, commenter, partager ou prendre rendez-vous




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