• Guillemette Bourgoing

Les perturbateurs endocriniens

Dernière mise à jour : 1 mars

Ils sont présents partout, nous le savons, on en parle de plus en plus, mais savons nous vraiment de quoi il s’agit ? Nous savons que les perturbateurs endocriniens sont néfastes, mais jusqu’à quel point, et pour qui ? Ils sont problématiques pour toute la population, mais les personnes les plus à risques sont les femmes, et notamment les femmes enceintes. En mimant, bloquant ou modifiant l’action de nos propres hormones, ils perturbent le bon fonctionnement non seulement de notre organisme mais également de notre descendance. Notre système endocrinien est composé de plusieurs glandes (l’hypothalamus, l’hypophyse, la thyroïde et les glandes parathyroïdes, les cellules des îlots pancréatiques, les glandes surrénales et les testicules chez les hommes, les ovaires chez les femmes), réparties dans diverses parties du corps, responsables de la sécrétion d’hormones ayant chacune des actions bien précises. Discrètes en temps normal, elles peuvent être responsables de nombreux maux, plus ou moins invalidants lorsque leur fonctionnement est perturbé : hyperactivité chez l’enfant, dysfonctionnement de la thyroïde, puberté précoce chez les jeunes filles et troubles gynécologiques, cancers hormonaux dépendants (sein, utérus et prostate chez l’homme)… Autant de maladies dont la prévalence augmente de manière exponentielle ces dernières décennies. Alors le meilleur moyen de s’en prémunir est de bien connaître les responsables et de les éviter autant que possible.


Hélas, cette mission est quasi impossible car on en retrouve partout : dans l’eau, dans l’air, dans notre alimentation, dans de nombreux produits de consommation courante (textiles, meubles, peintures, détergents, cosmétiques, objets en plastique…). Mais, une fois de plus, nous avons le pouvoir de refuser, autant que faire ce peut, de nous laisser intoxiquer par des produits nocifs.

Donc, en étant conscients de ce que nous ingérons, manipulons, achetons, nous pouvons faire le choix de préférer un produit à un autre, une façon de s’alimenter, qui soit le moins possible délétère. Ainsi, prendre conscience de la présence de perturbateurs endocriniens dans notre environnement ne doit pas représenter une source supplémentaire de stress ou de nouvelles restrictions, mais plutôt une façon de redevenir responsable de nos actes d’achats et de notre volonté de se maintenir, nous et notre descendance (mais également la faune et notre environnement), en bonne santé.



Le perturbateur endocrinien le plus connu est le Bisphénol-A (BPA) qui inquiétait déjà les agences sanitaires depuis les années 2000 et qui, finalement, a été interdit depuis seulement 2010 dans les biberons en France. Il est classé comme reprotoxique (perturbe notre système reproducteur) au Canada depuis 2017. Bien que, depuis 2015, il ne doive plus faire partie de la composition des ustensiles de cuisine on en retrouve encore dans certains contenant alimentaires, boites de conservation en plastique, gourdes, récipients pour micro-ondes (le BPA est libéré plus rapidement lorsque le récipient est réchauffé). Il est également utilisé dans les encres d’imprimerie, le matériel électrique (câbles, fils, optiques de phares), mastics, adhésifs, articles de sport, fluides de freinage, tickets de caisse, boites de conserve (résine époxy qui permet d’éviter le contact des aliments avec le métal).

Certains industriels ont alors remplacé le Bisphénol-A par du Bisphénol-S qui résiste mieux à la chaleur (et qui ne connaît pas de restrictions d’usage) mais qui semble encore plus toxique que le premier. On le retrouve dans les biberons et vaisselle en plastique, bouteilles d’eau, boîtes de conserve et emballages alimentaires. Il en est de même des phtalates.



Les polychlorobiphényles (PCB), isolants électriques fabriqués dans les années 1930 et interdits depuis 1987, se retrouvent encore dans la chaîne alimentaire. Présent dans les sols, ils sont absorbés par les herbivores et se retrouvent dans leur viande, le lait, les œufs. Les poissons en contiennent également beaucoup, notamment les gros poissons gras (saumon) chez qui les PCB s’accumulent dans les graisses et les poissons carnivores en bout de la chaine alimentaire.


Le Paraben, utilisé dans les produits cosmétiques permet d’éviter le développement de certains champignons et bactéries. Il est interdit dans les produits cosmétiques de puériculture depuis 2011. Mais les produits « sans parabène » ont souvent d’autres conservateurs toxiques comme le phénoxythénol, potentiellement cancérogène. On en retrouve dans les déodorants, gels douche, shampoings, lingettes jetables, crèmes à raser… De même que l’on retrouve du triclosan dans de nombreux dentifrices, qui agit notamment sur le déclanchement précoce de la puberté.


Outre l’alimentation et les contenants alimentaires, l’air de la maison est souvent plus pollué que l’extérieur, même en centre ville, car les sources de produits chimiques sont pléthores : produits ménagers, revêtements des meubles et tissus (retardateurs de flamme, anti-tâches, imperméabilisants pour fauteuils et canapés, matelas, tapis et moquettes), certaines peintures, équipements électroniques, désodorisants et autres objets odorants.


Et cette liste n’est hélas pas exhaustive...





Donc, le meilleur moyen de limiter les dégâts est de progressivement bannir tous ces produits de notre quotidien et de les éviter au maximum en cas de grossesse, allaitement, période de vulnérabilité (maladie, vieillesse). Préférez le verre au plastique pour conserver vos aliments, achetez en vrac quand vous le pouvez, évitez de faire réchauffer vos aliments dans des contenants en plastique (mais d’ici là, vous aurez déjà compris que le micro-onde n’est pas vraiment votre ami), préférez les petits poissons en début de la chaîne alimentaire plutôt que les gros, mangez bio, local et de saison, jardinez bio et naturellement, évitez les produits cosmétiques chez les bébés (ils n’ont pas besoin de crèmes parfumées, du liniment et de l’eau savonneuse leur suffit) et soyez vigilants pour vos produits de beauté. Aérez votre maison tous les jours (entre 10 et 20 minutes pour renouveler l’air), lavez vos vêtements neufs avant de les porter. Avant de monter un meuble en kit, laisser-le s’aérer dehors ou au garage pendant quelques jours, ou préférez acheter un meubles d’occasion dont les colles et autres produits chimiques se seront déjà en partie volatilisés.


Beaucoup de problèmes gynécologiques seraient dus à l’implication de ces perturbateurs endocriniens : puberté précoce, endométriose, ovaires polykystiques, infertilité, malformations génitales, cancers hormonaux dépendants (mais également obésité précoce et diabète). Le fœtus étant directement exposé aux substances qui pénètrent dans le corps de sa mère, il est particulièrement vulnérable et des erreurs de développement peuvent survenir. Il en est de même après la naissance.


Il est ainsi impératif d’être particulièrement vigilant sur ce que nous mangeons, buvons, respirons et touchons, sans basculer dans la psychose ni un stress qui ne feraient qu’aggraver les choses. C’est sur ce cheminement que je peux vous accompagner, progressivement, à votre rythme, pour un mode de vie plus sain et, de fait, écologique pour vous et votre environnement.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et Réflexologue



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