• Guillemette Bourgoing

Les dys ou les troubles de l'apprentissage

Dernière mise à jour : 31 mai


Les troubles dys, ou troubles de l’apprentissage, touchent aujourd’hui environ 6% à 8% des enfants par classe d’âge. Ils apparaissent dans l’enfance, au cours du développement, et perdurent à l’âge adulte de façon plus ou moins invalidante alors qu’ils ne sont associés à aucune déficience intellectuelle. Il arrive souvent, dans près de 40% des cas, que les enfants concernés présentent en fait plusieurs troubles de l’apprentissage associés (multidys), avec des répercutions non seulement sur leur vie scolaire mais également sur leur vie sociale, familiale et, plus tard, professionnelle. Avec en plus, un impact significatif sur la sphère émotionnelle de l’enfant et son estime personnelle. Ce sont des dysfonctionnements des fonctions cognitives, plus ou moins sévères, qui touchent la mémoire, les fonctions exécutives comme le langage, l’écriture, le calcul, le geste et également l’attention. C’est la raison pour laquelle il existe plusieurs nominations de ces troubles « dys », que sont la dyslexie, la dyspraxie, la dysgraphie, mais aussi les troubles de l’attentions avec ou sens hyperactivité (TDA/TDAH : voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/aux-parents-d-enfants-tda-et-tdah ). On les regroupe maintenant sous la dénomination de TSLA comme troubles spécifiques du langage et des apprentissages.



La dysphasie, ou plutôt les dysphasies, sont des troubles du langage. Le langage utilise des mots pour traduire la pensée (émotions, sentiments, imaginaire, concepts, opinions…) et les transmettre d’une personne à l’autre par le biais de regards, mimiques, attitudes, intonations, sans paroles. La parole, elle, est l’aspect purement oral et sonore du langage. Ce dernier utilise des symboles sur plusieurs niveaux : les sons (phonologie), les mots (lexique), l’organisation des phrases (syntaxe) et la signification des mots (sémantique). L’expression orale de l’enfant est donc le résultat de l’ensemble de son développement intellectuel et social, de ses capacités de compréhension du langage et de la maturité de sa sphère bucco-phonatoire. C’est pourquoi il faut explorer toutes ces dimensions lorsqu’apparaissent des troubles de prononciations des mots (tolérés jusqu’à 5-6 ans) avant de conclure à une éventuelle dysphasie. Les dysphasies sont des anomalies d’un ou plusieurs systèmes de traitements cérébraux dédiés au langage (phonologie, lexique, syntaxe, sémantique) responsables de troubles du langage, alors que l’enfant ne présente aucun problème annexe d’audition ou de déficience mentale, et qu’il a grandit dans un environnement familiale et socio-éducatif stimulant.


Les dyslexies sont des troubles de la langue écrite. Le langage écrit et utilise des signes visibles, gravés, peints, ou dessinés, sur un support permettant d’échanger des informations à distance (dans le temps ou géographiquement) ou de les conserver (archives). Il demande donc de créer de nouveaux réseaux neuronaux afin de mettre en relation les aires spécifiques au langage (phonologie et lexique) et certaines aires visuelles. Les langues écrites, qui reproduisent les sons de la langue parlée, utilisent un nombre limité de symboles (les lettres) pour permettre de traduire tous les sons de la langue (langues alphabétiques). Ainsi, lire permet de traduire un sens à partir de suites de signes écrits compréhensibles par toute une communauté. Certaines langues sont dites « opaques », lorsqu’il n y a pas de correspondance entre le son et la transcription graphique (par exemple la lettre C qui peut se prononcer de différentes façons : carotte, cirque, cheval), et présentent de nombreuses irrégularités orthographiques. Ces mots irréguliers (comme femme, automne…) demandent une élaboration cognitive plus longue. Pour parvenir à lire, il faut faire appel à deux opérations mentales indispensables : identifier les mots et les comprendre (spécifique à la lecture), comprendre l’ensemble du texte qui, à ce niveau, fait également intervenir le système structuré du langage, la mémoire et l’attention. L’apprentissage de la lecture permet d’acquérir des neurones capables de détecter les traits caractéristiques des lettres. Pour l’apprentissage de l’écrit, l’enfant doit déjà maîtriser les méthodes de lecture. Au cours de la lecture, les différents sons composants un mot doivent être stockés dans la mémoire de travail (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/comment-fonctionne-la-mémoire ) afin d’en permettre l’assemblage puis la transcription en sens. La charge de la mémoire de travail est d’autant plus importante que le lecteur débute ou présente des difficultés. Même lorsque chaque mot est correctement déchiffré, la lenteur du processus de déchiffrage peut gêner dans la compréhension de la phrase, surtout si elle est longue, à sa mémorisation.

Il existe deux formes principales de dyslexie : la dyslexie phonologique et la dyslexie visio-attentionnelle. La dyslexie phonologique est responsable de la difficulté à lire. On note des difficultés dans la « voie d’assemblage », des erreurs dans la transposition son-lettre. Ces erreurs ralentissent le déchiffrage des mots et des phrases, rendant la compréhension de texte compliquée. Pour y remédier, l’enfant à tendance à utiliser des stratégies comme deviner un mot à partir de ses premières lettres ou repérer des petits mots fréquent qu’il connait. La dyslexie visio-attentionnelle est due à une réduction des lettres identifiées à chaque « fixation », ce qui perturbe la mémorisation de la forme orthographique d’un mot (et donc la construction du lexique orthographique de l’enfant). Les mots irréguliers ne peuvent ainsi pas être mémorisés et l’enfant doit revenir à la voie d’assemblage qui est beaucoup plus lente. Les mots sont alors mal lus et donc mal écrits.



Les dyscalculies sont des troubles des compétences numériques. Les nombres permettent d’évaluer, de comparer, des quantités ou des mesures, et également de classer des éléments grâce à une numérotation. Le nombre est un concept abstrait qui ne peut être compréhensible que par les situations qui lui donnent un sens. Il peut être utile pour désigner quelque chose (joueur numéro 10), le classer (la revue numéro 10 et entre le 9 et le 11), le quantifier (de façon précise, il y a 20 revues sur l’étagère, ou estimée, il y’en a entre 20 et 30 sur l’étagère) ou pour calculer plusieurs données numériques entre elles. C’est un code arbitraire de signes sans ressemblance avec ce qu’ils désignent. Il permet de manipuler des quantités (ajouter, enlever, distribuer, comparer…) grâce à des opérations sur les nombres. Il nécessite un long apprentissage et est très dépendants du langage et de la mémoire de travail (tables de multiplication, calcul mental …). Son apprentissage est étroitement lié à celui du code oral et présente plusieurs difficultés. Il nécessite des compétences spatiales autant pour la lecture/écriture que pour la pose et la résolution d’opérations. Il demande également d’intégrer un décalage entre le code verbal et la notion chiffrée (ex : soixante-quinze : 75 et non 6015). Il existe deux formes principales de dyscalculies : la dyscalculie par le trouble du « sens du nombre » et les « dyscalculies symptômes ». La dyscalculie du « sens du nombre » est la seule qui constitue un diagnostic. Elle est caractérisée par un déficit dans la perception des numéros, dans l’évaluation d’une collection, la représentation mentale des nombres. Les « dyscalculies symptômes » sont le résultat d’un déficit en amont, dans un autre secteur de réseaux neuronaux : langage, perception, vision, mais aussi dans la mémoire de travail et les fonctions exécutives. Il convient alors de remonter à la cause de la cause… par un bilan neuropsychologique. Même si c’est la dyscalculie qui a été décelée en premier, elle est souvent associée à d’autres formes de dys- (dysphasie, dyslexie, dyspraxies…) qui laissent évoquer une déficience de la mémoire de travail.



Ainsi les troubles de l’apprentissage sont la résultante de dysfonctionnements cognitifs qui apparaissent dès le plus jeune âge et qui demandent à être pris en compte et pris en charge le plus tôt possible. Les enfants qui ont pu bénéficier d’un diagnostique peuvent alors être pris en charge par une orthophoniste, une psychomotricienne, une ergothérapeute ou encore une psychologue. En effet, ces troubles peuvent être accompagnés d’un mal de vivre, une mésestime de soi, qui ont un réel impact sur leur équilibre émotionnel et mental.


La prise en charge par un naturopathe est particulièrement intéressante afin de proposer une approche globale complémentaire par un rééquilibrage alimentaire (réduire les aliments délétères pour le cerveau et le système nerveux, apporter des aliments nécessaires au bon fonctionnement cognitif), l’hygiène de vie, la gestion du stress et des émotions (respiration, fleurs de Bach …) qui ont un réel impact sur le comportement des enfants.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue


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