• Guillemette Bourgoing

Comment fonctionne la mémoire ?

Garder en mémoire, avoir un trou de mémoire, la mémoire qui flanche, la mémoire des chiffres, des dates ou des visages… La mémoire est au centre de la construction de notre identité, elle évolue, s’enrichie, fait le tri, tout au long de notre existence, et ce avant même notre venue au monde. Elle permet d’intégrer les multiples informations que nous recevons quotidiennement, ainsi que les expériences que nous vivons, de les conserver afin de pouvoir les restituer de la manière la plus appropriée dans notre environnement. Elle permet également de se projeter dans le futur. Ainsi la mémoire enregistre, élabore, stocke, récupère et utilise une quantité phénoménale de données grâce à des réseaux neuronaux complexes et interactifs qui font qu’on ne parle plus de la mémoire mais de mémoires qui permettent d’appréhender notre environnement de manière adéquate, de s’y adapter en tirant les leçons de ce qui a été vécu pour mieux aborder le futur.


Les différentes formes de mémorisation se présentent sous forme de mémoires perceptives (enregistrement, de façon très brève, des sensations qui permettent de reconnaître un objet), la mémoire sémantique, la mémoire épisodique et la mémoire procédurale. Elles permettent d’apprendre quelque chose en le mémorisant, mais elles offrent aussi la capacité de s’en rappeler, c’est la restitution.

La mémoire de travail permet de garder des informations pendant uniquement quelques secondes (prendre des notes sous la dictée). Elle est également appelée « mémoire tampon ». Elle est elle-même subdivisée en quatre sous-systèmes que sont « la boucle phonologique » (qui permet de répéter une information), « le registre visuo-spatial » (recopier des consignes au tableau), « le buffer épisodique » (regrouper toutes les sensations et autres stimuli qui entourent une information) et « l’administrateur central » qui contrôle tous ces systèmes et régule la mémoire de travail.


La mémoire à long terme présente à son tour plusieurs types : la mémoire sensorielle ou perceptive, la mémoire épisodique et sémantique, la mémoire déclarative et procédurale ou encore la mémoire émotionnelle et la mémoire prospective.

La mémoire perceptive est liée à nos différents sens (se rappeler d’un visage ou d’une odeur). C’est elle qui nous fait reconnaître une silhouette ou un parfum comme étant « familier ».

La mémoire épisodique, ou autobiographique concerne les événements vécus, directement ou indirectement, par une personne. Le rappel de ces souvenirs provoque l’impression de les revivre en rassemblant tous les détails avec le contexte, les émotions et perceptions associés (mariage, naissance de son premier enfant, dernière grosse dispute…).

La mémoire sémantique est celle de l’acquisition, du savoir, du stockage et de l’utilisation de données qui ne proviennent pas de notre expérience personnelle : culture générale, sens des mots…

Ces deux formes de mémoire sont déclaratives, c'est-à-dire qu’on peut les ramener à la conscience en en parlant ou tout au moins par des images mentales.

La mémoire procédurale est non déclarative. Elle correspond à des « savoirs-faire » implicites, des automatismes, liés à des apprentissages divers, qui ne peuvent pas être racontés et qui ne se produisent pas forcement consciemment (jouer d’un instrument de musique, marcher, monter à cheval …).

La mémoire émotionnelle active les souvenirs d’émotions, et les sensations vécues à ce moment, en lien avec un événement (ex : la madeleine de Proust). Certains chercheurs avancent l’idée que ce circuit cérébral est spécifique et fonctionnerait parallèlement à d’autres systèmes de mémoire.

La mémoire prospective correspond à la capacité de se souvenir d’une action à réaliser dans le futur.


Tous ces processus de mémoire impliquent des réseaux neuronaux. S’ils sont activés régulièrement, la structure chimique de leurs synapses se modifie, voire se renforce, c’est ce qu’on appelle « la potentialité à long terme ». Le stockage à long terme de toutes les informations repose alors sur des modifications et des consolidations de synapses, grâce à la capacité de plasticité neuronale (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/la-plasticité-cérébrale ).

Enfin, il convient encore de faire la distinction entre la mémoire implicite et la mémoire explicite. La mémoire implicite (identifier la chaleur ou la texture du sein de la mère ou encore le goût du lait) se développe dès les premiers mois de la vie et elle ne connaît que peu de changement, contrairement à la mémoire explicite qui se développe à partir de 8 mois environ et qui comprend les mémoires sémantique et épisodique. C’est l’utilisation du langage, pour retenir quelque chose, qui entraîne des changements dans la mémoire à partir de 6 ans. C’est finalement la mémoire prospective qui représente 50 à 70% des défaillances mnésiques que l’on peut observer chez l’enfant.


Ainsi la mémoire est la résultante d’un ensemble de complexes qui s’interconnectent les uns aux autres, se complètent et s’enrichissent. Elle dépend aussi de notre mode de vie, comme la qualité de notre sommeil (un sommeil insuffisant ou non réparateur est souvent associé à des difficultés d’apprentissage et de mémorisation. L’étudiant qui révise la nuit sur ses heures de sommeil se complique la vie), l’alimentation (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/des-protéines-pour-tête ), la qualité de l’eau (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/de-l-eau-pour-revitaliser-le-cerveau ), l’activité physique, la qualité des relations sociales (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/le-secret-des-centenaires-vouloir-rester-jeune-tout-simplement ) et l’importance des apprentissages.


Par ailleurs, les émotions peuvent avoir un impact sur la façon dont une information peut être enregistrée. Un souvenir reviendra plus facilement s’il est associé à une émotion positive, d’où l’importance d’être attentif à des situations de stress et d’inconforts lors de l’apprentissage chez les jeunes enfants. Une tension, une peur, des angoisses peuvent être corrigées en concert avec le corps enseignant, les parents, l’entourage, et, si nécessaire, un coup de pouce de votre naturopathe pour apprendre à gérer certaines émotions.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue







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