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Quand une habitude prend trop de place

Photo du rédacteur: Guillemette Bourgoing
Guillemette Bourgoing
il y a 2 jours
7 min de lecture

Il y a des habitudes que nous aimons, que nous avons choisies, sans trop y penser. Et puis il y a celles qui se sont progressivement installées, sans que nous ne sachions pourquoi et qui ne nous font pas vraiment bien. Un café suivi d’une cigarette, une douceur lorsque la journée a été difficile, un verre en rentrant du travail, le téléphone pour combler les moments de vide. Tous ces petits gestes pris individuellement semblent anodins mais c’est la place qu’ils finissent par occuper qui peut attirer notre attention, et pourquoi les continuons-nous alors que nous savons qu’ils ne nous font pas du bien. Si cette question semble simple, la réponse ne l’est pas. Elle touche à quelque chose de beaucoup plus complexe que la simple volonté. Ces habitudes sont presque devenues invisibles. Elles rythment nos journées, accompagnent les transitions, apaisent les émotions et finissent par sembler faire partie de notre équilibre. Parfois, nous savons ce que nous souhaiterions modifier : la décision est prise, la date fixée, cette fois on arrête… et pourtant le geste finit par revenir. Le tabac en est la parfaite illustration. Dans la cigarette nous ne cherchons pas uniquement la nicotine. Elle s’impose aussi à des moments ou des lieux précis, à certaines heures, ou provoquée par certaines émotions.  Fumer devient alors presque automatique, prévisible. Mais ce mécanisme va au-delà de la cigarette. Une habitude peut aussi prendre la forme d’une recherche répétée de réconfort qui peut prendre la forme d’un comportement alimentaire, d’un repli sur les écrans ou d’un besoin d’activité incessant. Ainsi, comprendre ce qui se joue derrière nos habitudes nous permet de réaliser la place qu’elle a prise dans notre quotidien et de sortir d’une lecture culpabilisante. Si nous n’arrivons pas à la supprimer, ce n’est pas à cause d’une éventuelle faiblesse de caractère mais parce qu’elle peut être une réponse à un besoin qui, lui, n’a pas encore été entendu.


  • Une habitude ne nait pas par hasard :

Une habitude se construit rarement en un seul jour. Elle se forme progressivement, par répétition, lorsque le cerveau associe peu à peu une situation à un comportement, puis à un bénéfice attendu. Un déclencheur survient. Le comportement se met en place. Une forme de récompense apparaît : apaisement, stimulation, distraction, soulagement, sensation de contrôle ou simple impression de retrouver un repère. À mesure que le processus se répète, l’intervention de la réflexion devient moins nécessaire. Il n’est plus nécessaire de réfléchir longuement avant d’agir : la situation suffit parfois à déclencher la réaction. Le geste semble évident. Il se déclenche presque tout seul : un déclencheur, une routine, une récompense. Le cercle vicieux est enclenché et ce n’est pas forcement le comportement visible qui est au cœur du mécanisme. Ainsi, dans l’arrêt du tabac, il ne suffit pas de se concentrer uniquement sur la cigarette car nous risquons de passer à côté d’une partie important du problème. Derrière le fait de fumer, il peut exister un comportement global qui répond à des moments particuliers ou des émotions. Lorsqu’une personne envisage d’arrêter de fumer, la difficulté n’est pas vraiment l’absence de nicotine, mais elle doit en fait s’interroger sur tout un ensemble de réflexes installés qui lui permettent de maintenir son équilibre. C’est la raison pour laquelle il n’est pas évident de se séparer d’une habitude, même lorsque l’on connaît ses conséquences.

 

  • Une mauvaise habitude peut simplement être une réponse :

Vouloir faire taire une habitude sans la comprendre peut laisser un vide qui peut être difficile à vivre et que l’on cherchera à combler différemment. La question alors n’est pas de se demander comment arrêter  une mauvaise habitude mais plutôt de savoir à quoi sert-elle ? En effet, même lorsqu’elle est gênante, elle peut remplir une réelle fonction dans notre équilibre quotidien: c’est une pause, une transition, une façon de calmer les tensions, de s’occuper, de repousser une émotion ou de se rassurer en retrouvant une sensation familière.  Les comportements compensatoires surgissent rarement sans raison. Sans que nous n’en ayons vraiment conscience, ils cherchent à réguler ce que nous ressentons, ou à répondre à une fatigue, une frustration, un trop-plein. Ils nous offrent une forme de réconfort. Ils deviennent des réponses automatiques à une situation. La difficulté pour y mettre fin est précisément ce décalage entre le réel besoin initial et la réponse choisie, qui n’est pas forcement appropriée, car elle offre un soulagement rapide mais ne répond pas à ce qui se trouve à l’origine de la tension. Nous cherchons à supprimer la réponse avant d’avoir compris la question à laquelle elle répondait. C’est ainsi qu’une compensation peut apparaître lorsqu’un comportement disparaît car le cerveau n’aime pas les espaces vides. Il ne s’agit pas pour autant de remplacer une cigarette ou un carré de chocolat, par un bonbon ou une vapoteuse. Lorsqu’une personne arrête de fumer, elle retire non seulement la nicotine de son quotidien mais doit aussi modifier ses repères, ses automatismes qu’elle a construits au fil du temps. Les questions alors à se poser sont pour savoir quels sont les moments déclencheurs, ce que nous attendons avec ce geste, ce que nous ressentons. Ces interrogations nous permettent de comprendre ce que ces habitudes nous apportent, même temporairement. Elles sont bien plus constructives que le simple : « il faut que j’arrête » car c’est en comprenant ce qui se joue que nous pouvons plus librement choisir de mettre fin à nos mauvaise habitudes, en trouvant d’autres façons, plus saines, d’y répondre.

 

  • Retrouver une marge de liberté :

Lorsqu’une habitude prend trop de place, il faut parfois déplacer le regard. Il ne s’agir pas de lutter contre elle, ce qui peut renforcer le sentiment d’échec et être une source de stress épuisante pour l’organisme. Changer une habitude suppose plutôt s’intéresser à ce qu’il se passe autour : quelles sont les circonstances où le comportement apparaît ? Que s’est-il passé juste avant ? Quel était le but recherché ? Quelle sensation avons-nous ressenti juste après ? Quelles situations rendent le changement plus compliqué ? Ce temps d’observation permet de repérer les enchaînements qui entrent en jeu de les ajuster. Durant mes accompagnements autour de l’arrêt du tabac ou des comportements compensatoires, cette compréhension est centrale et définit le style et la méthode que je vais adapter à chaque personne. Et cela en tenant compte également de son histoire, ses habitudes, son rythme de vie et, surtout, ce que la personne souhaite réellement modifier. Cette approche minutieuse permet d’éviter les grandes résolutions qui ne tiennent que quelques jours car fondées sur des injonctions et beaucoup de culpabilité. Une habitude n’est en rien une faiblesse de caractère. Elle est juste devenue une réponse automatique à un besoin qui, lui, mérite d’être entendu. Dans  ce cas, nous n’allons pas remplacer une dépendance par une nouvelle obligation de réussite. Nous allons plutôt nous efforcer de trouver les ressources nécessaires pour choisir la ou les réponses plus en adéquation avec la situation. Il ne s’agit pas d’effacer l’envie (envie de fumer, de chocolat, de sucre ou de jeu) mais de ne plus ressentir le besoin, voire l’obligation, d’y répondre immédiatement. En changeant de paradigme nous ne nous privons plus de quelque chose, mais nous reprenons notre liberté de choix dans la manière à laquelle nous allons répondre à une situation qui pourrait être un déclencheur. Ainsi, nous ne devenons pas une autre personne, au contraire, nous parvenons désormais à mieux comprendre notre propre fonctionnement. Nous parvenons à reconnaître les situations à risques, celles où nous nous sentons le plus vulnérables. Nous découvrons que de mêmes gestes n’ont pas toujours la même signification et que, donc, nous pouvons y répondre différemment.

 

  • Je peux vous aider :


Ainsi, une habitude devient préoccupante lorsqu’elle cesse d’être véritablement choisie, mais elle peut aussi devenir une occasion de mieux se connaître. Au lieu de se demander « comment arrêter ? », peut-être faudrait-il d’abord se poser la question : « qu’est-ce que cette habitude m’apporte ? ». La réponse est alors un point de départ, une porte que nous ouvrons sur d’autres possibilités. Au lieu de tester notre volonté, notre aptitude à résister, qui n’ont qu’un temps, apprenons à mieux nous connaître. Apprenons à reconnaître nos automatismes, à écouter ce qu’ils tentent de réguler, sans nous faire violence. Un changement durable commence rarement par une injonction ou une interdiction. Il commence souvent par une meilleure compréhension de soi. Et c’est ainsi que nous entrons dans la prévention, en portant une attention sur ce que nous répétons inconsciemment, avant que la vie ne nous oblige à le faire pour une raison ou pour une autre.

 

Ainsi, la naturopathie n'est pas uniquement "soigner avec des plantes". Son action et ses outils sont bien plus larges. Je m'intéresse à la personne dans sa globalité, à tous les niveaux. Je regardent les différents facteurs qui influencent le quotidien : rythme, alimentation, récupération, gestion des tensions, environnement, habitudes.  Et pour cela, je fais appel à tous les outils que la nature peut m'offrir, comme la réflexologie ou l'auriculothérapie (voir mon article), que ce soit du monde végétal, animal, minéral, vibratoire ou magnétique. Mes conseils portent sur l'alimentation (rééquilibrage alimentaire, diversification de l'alimentation, idées de menus...), l'hygiène de vie (bien vivre, bien dormir, bien bouger, se reconnecter à la nature, apprécier la vie !), la gestion des émotions, la personne dans son environnement... C'est ce qui fait toute la richesse d'une consultation en naturopathie et toute la diversité des pratiques propres à chaque naturopathe.

 

Je me suis également spécialisée dans l'arrêt du tabac qui, pour moi, est le premier facteur retrouver de l’énergie, prévenir un grand nombre de maladies lourdes, à commencer par toutes les maladies dites de civilisation (syndrome métabolique, cancer, maladies auto-immunes, troubles cognitifs...) Alors respectez cette merveilleuse machine qu'est votre corps, arrêtez de fumer si ce n’est pas déjà fait.


William Lowenstein et Dominique Rouch, « Ces dépendances qui nous gouvernent : comment s’en libérer ? », Le Livre de Poche, 2007.

Duhigg, Charles, « Le pouvoir des habitudes. Changer un rien pour tout changer », Flammarion, 2016.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et réflexologue spécialisée dans l’arrêt du tabac et les comportements compensatoires à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence



PS : si cet article vous a plu, n'hésitez pas à liker, commenter, partager ou prendre rendez-vous



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