• Guillemette Bourgoing

La plasticité cérébrale

Dernière mise à jour : 18 avr. 2021

La plasticité cérébrale, ou neuronale, est la capacité du cerveau à créer, réorganiser ou inhiber des réseaux de neurones, avec leurs connexions.


Les neurones se développent ou régressent en fonction de leur sollicitation dans un réseau, c’est la plasticité neuronale. La plasticité cérébrale est ce réseau-même qui change ses connexions au cours du temps. Ce processus intervient tout au long de la vie et permet notamment, en cas de lésion cérébrale, de créer de nouvelles connexions. Elle est particulièrement efficace lors de la croissance pour favoriser les apprentissages, et perdure plus modestement chez l’adulte. Les apprentissages, les expériences, permettent de renforcer, multiplier, des réseaux et des connexions. Ceux devenus inutiles, car non utilisés de façon récurrente, disparaissent progressivement.


Chez l’enfant, la plasticité cérébrale est constante car c’est la période où il construit son réseau neuronal par un apprentissage constant. L’environnement a une influence primordiale sur la modulation des nouvelles connexions, ce qui fait que chaque réseau de connexions est unique et individuel. Par conséquent, si un enfant manque de stimulations, il formera moins de connexions synaptiques. Mais même au-delà, le nombre de synapses se multiplie in utéro et au moment de la naissance. Une étude sur des animaux a démontré que les conditions de naissance influençaient le cerveau, positivement ou négativement. Si une femelle pleine évolue dans un environnement calme, avec des stimulations positives, ses progénitures ont un plus grand nombre de synapses dans certaines zones du cerveau. Ce n’est pas le cas pour des petits engendrés par une mère stressée, qui présentent des neurones réduits dans le cortex préfrontal. Or il s’agit de la zone la plus sensible aux influences environnementales. Ainsi, non seulement l’environnement permet d’organiser les connexions cérébrales, mais il semble qu’il engendre également des changements au niveau même de l’expression génétique des neurones. En fonction des situations, le cerveau est capable de produire de nouveaux neurones (c’est la neurogenèse), ou d’adapter ses capacités, pour répondre à d’éventuelles lésions ou agressions provenant de la prise de médicaments, drogues ou même d’aliments pourvoyeurs de substances toxiques comme les métaux lourds ou les additifs dont les enfants sont particulièrement friands (boulangerie industrielle, aliments ultra transformés, sodas…)


Dans la vie courante, sans agressions particulières, la plasticité neuronale consiste essentiellement à renforcer ou réduire la quantité de connexions entre les neurones. Par exemple, l’apprentissage du piano est compliqué le temps d’établir de nouvelles connexions dans la zone concernée du cerveau, puis, progressivement, il devient plus aisé. En revanche, si on en abandonne la pratique pendant un temps, le cerveau aura déjà commencé à réduire ces connexions devenues inutiles et la reprise sera d’autant plus difficile que cette zone n’aura plus été sollicitée. Toutefois, les connexions restent existantes et ne demandent qu’à être réactivées, nous dispensant donc de devoir tout réapprendre du début de l'apprentissage. Le réseau neuronal est donc préservé mais aussi renforcé en fonction de sa fréquentation.


Dans le cas d’une lésion, la plasticité neuronale est plus ou moins efficiente selon l’âge de la personne. Plus il est jeune, plus il a de chances de retrouver toutes ses capacités car il peut encore faire appel à des neurones non encore utilisés. Sinon, selon l’étendue et la localisation de la lésion, le cerveau utilise les aires de neurones voisines, ce qui permet de récupérer au moins une partie des capacités associées à la zone lésée. Suite à une perte de capacité (lésion cérébrale, paralysie…), il réorganise ses connexions synaptiques


Si les connexions neuronales sont abondantes pendant l’enfance, elles se poursuivent, de façon plus modérée chez l’adulte et des changements peuvent avoir lieu tout au long de la vie (chaque fois que nous apprenons quelque chose de nouveau). Ce potentiel d’adaptation du système nerveux permet non seulement de palier à des lésions ou troubles cérébraux, mais peut également réduire les effets d’altérations provoqués par des maladies telles qu’Alzheimer, Parkinson, ou la sclérose en plaques.


Elle est également à prendre en compte dans l’amélioration de troubles cognitifs tels quel les dyslexies ou dans les troubles de l’attention.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue





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