• Guillemette Bourgoing

La luminothérapie : la lumière quand rien ne va


Héliothérapie, photothérapie, luminothérapie, autant de termes pour désigner cette technique qui utilise les rayons du soleil pour prévenir et guérir divers problèmes médicaux. Son origine remonte à la nuit des temps et son usage est attesté dans les civilisations égyptiennes, grecques ou arabes. Avec l’invention de l’électricité au XIXème siècle, apparaissent les premières ampoules capables de reproduire la « lumière solaire » et qui traitent ainsi des patients atteints de tuberculose cutanée. Ces ampoules permettent en outre de moduler l’intensité et le spectre de la lumière pour une meilleure efficacité du soin. La photothérapie regroupe plusieurs techniques qui utilisent la lumière, comme la chromothérapie (par les couleurs) ou le laser. La luminothérapie, elle, consiste à s’exposer, entièrement ou partiellement, à une lumière artificielle blanche, dite « à large spectre ». Elle est particulièrement recommandée pour les troubles liés à la dépression saisonnière, souvent provoqués par la baisse de luminosité des saisons d’hiver. Mais elle trouve également toute sa place pour tous les troubles associés à un dérèglement du rythme circadien (Voir l'article sur le rythme circadien : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/le-rythme-circadien-le-métronome-de-notre-organisme ).



En effet, de plus en plus de symptômes sont liés à des dérèglements de notre horloge biologique, à commencer par les troubles du sommeil ou de l’humeur (y compris chez les personnes âgées ou chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson) et des dépressions (saisonnières ou autres). Il s’agit alors d’exposer le patient à une lumière de forte intensité pendant 30 à 60 minutes environ. Selon les symptômes, l’horaire d’exposition est déterminant : en fin de journée pour les personnes souffrant d’avance de phase (souvent les personnes âgées) ou le matin pour ceux qui souffrent d’un retard de phase (notamment les adolescents qui n’arrivent ni à se coucher ni à se lever le matin…). Car lorsque la lumière imprègne la rétine, elle est transformée en signaux électriques qui, envoyés au cerveau, ont une action sur la production des neurotransmetteurs (Voir l'article sur les hormone du bonheur: https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/les-hormones-du-bonheur-nourrissez-les ) : dopamine avec la lumière du matin, sérotonine avec la baisse de luminosité et mélatonine (la nuit). Ils fonctionnent en chaîne. Par exemple la sérotonine est un précurseur de la mélatonine donc si la sérotonine fait défaut, le sommeil sera plus compliqué à obtenir. Si la dopamine est insuffisante le matin, le réveil, la mise en mouvement, l’élan pour démarrer la journée, risquent d’être de courte durée.


Ainsi, en pénétrant dans les yeux, la lumière agit sur la régulation de nos horloges biologiques, et donc fait levier sur plusieurs autres aspects : elle soutient le système immunitaire (modulation de l’inflammation notamment sur les problèmes d’arthrite ou douleurs chroniques), stimule les processus de guérison (plaies, blessures, ulcères, cicatrisation, problèmes cutanés), active la croissance cellulaire (prévention du vieillissement cellulaire et des rides)… En régulant le rythme circadien, la luminothérapie a de bons résultats pour faciliter le sommeil, notamment sur les décalages de phases. Elle est ainsi parfaitement appropriée pour réduire les difficultés liées au décalage horaire (travail de nuit et voyages à l’étranger). C’est sur la dépression saisonnière qu’il existe le plus d’études scientifiques. Le lien étant établit entre la dépression chez certaines personnes et la baisse de luminosité durant les périodes hivernales, avec baisse de libido, fatigue chronique, humeur maussade, besoin de sommeil accru, avec des réveils compliqués, appétence pour le sucre, crises de boulimie, qui touchent jusqu’à10% des personnes dans les pays nordiques. Mais la luminothérapie peut intervenir en amont pour, ou soulager, une simple déprime hivernale pour ceux qui travaillent, notamment, toute la journée en bureau, sans voir suffisamment la lumière du jour. En général les résultats se font sentir dès la première semaine.



Bien que certains spécialistes (médecins, neurologue, psychiatres, naturopathes…) ou des cliniques proposent des traitements de luminothérapie, ces derniers se font la plupart du temps à la maison. L’important est d’investir dans un bon appareil, qui n’émet pas de rayons UV et dont l’intensité lumineuse atteint environ 10 000 lux (ou 2500 lux s’il s’agit de lampes DEL). Bien que les effets secondaires soient anecdotiques, la luminothérapie est déconseillée aux personnes souffrant de problèmes oculaires (glaucome, DMLA, cataractes, rétinite pigmentaire), de diabète ou sous traitement ayant des molécules photosensibles. Le mieux est de demander conseil à des spécialistes du sommeil ou des médecins, naturopathes, formés à la chronobiologie.


Et puis, ceux que je suis le savent, quand il fait beau, que le soleil brille en hiver, sortez ! Allez vous promener, lisez sur un blanc, exposez vous au soleil, imprégnez-vous de cette belle lumière, chauffez vous de ses rayons. Et puis lorsque les belles journées de printemps arriveront il sera temps de refaire le plein de vitamines D (voir l'article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com//post/la-vitamine-solaire ) en vous gorgent de soleil, en laissant les rayons balayer la peau de vos bras et de vos jambes.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue

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