• Guillemette Bourgoing

L'importance d'une flore intestinale en bonne santé

Microbiote intestinal, flore intestinale, bonne bactéries, troubles intestinaux … et si la clé de notre santé se trouvait au cœur de notre intestin ? Longtemps considéré comme simple tube digestif, l’intestin est désormais au centre d’intérêts pour soulager de nombreux maux qui vont bien au-delà de simples troubles digestifs. Il devient un système complexe extrêmement bien élaboré, un écosystème où bactéries, levures et champignons vivent en parfaite entente et symbiose avec leur hôte. Mais son équilibre est fragile ou tout au moins fragilisé par notre nouveau mode de vie et d’alimentation, et, au fil du temps, beaucoup de personnes ont perdu cette diversité qui assurait la qualité de leur microbiote. Lorsque l’équilibre est rompu, c’est tout l’organisme qui en souffre, que ce soit au niveau digestif mais également immunitaire ou encore sur le psychisme. Oui, l’intestin et le monde qui le peuple, méritent d’être mieux considérés et au centre de nos pensées en matière de soin et prévention pour une bonne santé.



L’intestin est donc un tube de 7 à 8 mètre de long constitué par le grêle et le colon (ou gros intestin). Il est formé d’une paroi, de muscles et d’une muqueuse très riches en villosités (nombreux replis). Cette dernière représente une surface considérable qu’on évalue, si on devait l’étaler, à l’équivalent de 400 m2 environ (soit deux terrains de tennis).


C’est dans cette muqueuse que vit, se développe, prolifère, notre microbiote qui nous est propre, il est unique. Tellement unique, qu’il pourrait bien constituer un moyen futur d’identification de chaque individu, encore plus efficace que les relevés d’empreintes digitales ! Cette petite armée joue un rôle considérable, déjà dans sa fonction digestive et métabolique. Les aliments ensalivés par la mastication sont broyés et déstructurés en partie dans l’estomac puis synthétisés dans l’intestin qui trie les nutriments nécessaires à l’organisme (protéines, lipides, glucides, vitamines et minéraux) et évacue ce qui doit être éliminé.



Sa fonction ne s’arrête pas là, et c’est là qu’intervient notre microbiote qui synthétise certaines vitamines (vitamines K et B12), des hormones (dont la sérotonine et la mélatonine, d’où son rôle fondamental sur l’équilibre psychique), régule le cholestérol (LDL), et agit sur la qualité de notre système immunitaire (il est à prendre en compte notamment pour les allergies, maladies auto-immunes, maladies dégénératives et en cas d’épidémies virales…). En effet, l’intestin intervient dans 80% de notre système immunitaire, le microbiote protège l’organisme de l’intrusion d’agents pathogènes extérieurs, il forme une barrière contre les intrus, et régule l’équilibre de notre faune intestinale pour une parfaite synergie. Par ailleurs, s’y trouvent également les cellules de l’immunité, cellules épithéliales pour l’immunité innée et les lymphocytes (dont l’intestin favorise le développement) pour l’immunité adaptative qui, elle, se construit dès la naissance et même avant !


En effet, le placenta a longtemps été considéré comme stérile, or on sait maintenant qu’il contient déjà un microbiote spécifique, proche du microbiote buccal de la mère. Mais la véritable colonisation microbienne débute au moment de la naissance, en passant par les voies vaginales de la mère qui lui fournit ses propres bactéries (vaginales, mais également cutanées et fécales). Ces bactéries font défaut en cas de césarienne et ce sont les bactéries de l’hôpital qui vont alors se développer (pour y palier, certaines sages femme mettent alors le bébé en contact avec la flore microbienne de la mère). L’allaitement, et le contact avec le sein de la mère et donc de son microbiote cutané, permet de compléter la composition de la flore intestinale du nourrisson qui s’enrichira, et lui deviendra spécifique, dans les premiers mois de sa vie avec, notamment, la diversification alimentaire. Toutefois, cet équilibre peut être fragilisé par une mauvaise alimentation, des prises de médicaments (antibiotiques) à répétition empêchant le microbiote de se régénérer convenablement, l’ablation de l’appendice (lieu d’archivage de la composition de nos bactéries), du stress et la pollution. C’est ce qu’on appelle alors la dysbiose intestinale.




Lorsque les proportions entre les bactéries, levures et champignons ne sont plus équilibrées, l’intestin ne peut plus fonctionner correctement et les troubles digestifs apparaissent rapidement. D’abord bénins, parfois gênants, ils se résorbent rapidement en temps normal, mais si rien n’est fait, ils peuvent évoluer en porosité intestinale, hyperperméabilité, syndrome de l’intestin irritable (SII), intolérances, hypersensibilités et allergies alimentaires et autres maladies auto-immunes. La cause est la présence d’aliments mal découpés (par manque d’acide chlorhydrique dans l’estomac, un manque de mastication, du stress...) qui arrivent dans l’intestin et qui se mettent à fermenter sur place, favorisant le développement de bactéries indésirables, comme la putrescine ou la cadavarine, et qui provoquent une inflammation de l’intestin, qui peut devenir chronique, et le fragilise.


Ainsi, prendre soin de notre flore intestinale, tout au long de notre existence, assure un meilleur métabolisme, une meilleure immunité et une plus grande stabilité psychologique et émotionnelle. Voilà la raison pour laquelle, lors de mes consultations en naturopathie, je me soucie autant de savoir « comment vous allez… aux toilettes… », comment se porte votre intestin. En identifiant vos éventuels troubles, pas forcement digestifs d’ailleurs, je peux mieux les comprendre et vous proposer des solutions personnalisées en matière de gestion du stress, dans votre hygiène de vie et dans votre alimentation, avec un soutien, si nécessaire, en phytothérapie ou mycothérapie.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et Réflexologue



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