• Guillemette Bourgoing

De l’iode pour la thyroïde, mais encore…

L’iode est un micronutriment fondamental pour le bon fonctionnement de la thyroïde, et par conséquent sur l’ensemble de notre organisme. Il permet la synthèse des hormones T3 (tri-iodothyronine) et T4 (tétra-iodothyronine ou tyhroxine) qui régulent le métabolisme de nos cellules et agissent donc sur le développement de notre organisme (croissance, capital osseux, fonctionnement des muscles, production de cellules sanguines, développement du système nerveux), le fonctionnement cardiovasculaire et digestif, la régulation de la température corporelle…


Par conséquent, une carence en iode peut être à l’origine de nombreux troubles de santé, à commencer par les pathologies de la thyroïde (hypothyroïde, nodules, goitre) qui se manifestent, si la thyroïde est en hypofonctionnement, notamment par une fatigue permanente, un besoin accru de dormir, une frilosité, une prise de poids, un transit ralenti, une peau sèche, des ongles cassants et une chevelure terne, qui perd en densité. Par répercussion, on peut également ajouter les pathologies cardio-vasculaires (arythmie, hypo ou hypertension, cholestérol…), métaboliques (obésité, diabète de type 2), digestives (constipation chronique, digestion lente et fatigante) et nerveuses (fatigue persistante, difficultés de mémorisation et de concentration, dépression..). Ainsi, lorsque la thyroïde voit son fonctionnement ralentir, c’est une trentaine de symptômes qui peuvent se manifester sous des formes tellement variées que le lien avec cette petite glande située à la base du cou n’est pas toujours évoqué. C’est d’ailleurs d’une carence en iode qu’est venue l’expression « crétin des Alpes » ! En effet, au XVIIIème siècle, il avait été constaté que les régions montagneuses, et éloignées des côtes, comprenaient une concentration remarquable d’habitants mentalement et physiquement ralentis. C’est en faisant le lien entre une terre dépourvue d’iode, son absence dans l’alimentation qui restait essentiellement locale, et des carences, notamment chez les mères durant leur grossesse, que la lumière a pu être faite sur l’importance d’un apport suffisant d’iode dans l’alimentation. C’est ainsi que le sel et la farine ont été enrichis en iode, mettant fin à ces carences et donc à cette catégorie bien spécifique de «crétins ». De nos jours encore, il a été démontré que les enfants nés d’une mère carencée en iode, ont, en moyenne, un QI inférieur de 10 à 15 points par rapport aux autres enfants.


A l’heure actuelle, les causes d’une carence en iode peuvent être multiples. Les apports alimentaires peuvent certes être insuffisants, mais ils sont rares dans le cadre d’une alimentation saine et variée (sel de Guérande, algues, poissons et crustacés, jaune d’œuf, fromage et yaourt de brebis, parmesan, céréales, épinards). A noter que la cuisson, notamment à l’eau (bouillante ou à haute pression) est responsable d’une importante perte de minéraux et oligoéléments. De plus, en France, avec l’appauvrissement des sols, nos cultures s’affaiblissent en teneur en iode. La présence de bromures dans les pesticides en inhibe la captation par nos récepteurs. D’où l’importance de favoriser une alimentation bio, locale et de saison. En outre, certains aliments, dits « goitrogènes », bloquent la synthèse des hormones thyroïdiennes en inhibant la captation de l’iode. Ce sont les arachides, crucifères, brocolis, choux, choux-fleurs, manioc, millet, navets, patates douces, radis, rutabagas, sorgho et les graines de soja. Ces aliments, par ailleurs excellents pour la santé en général, sont à éviter en cas d’hypothyroïdie. Dans ce cas, la cuisson inactive l’effet goitrogène de ces aliments. Par ailleurs il est à noter que le tabac perturbe, entre autres, l’absorption de l’iode, comme certains médicaments contenant du fluor, tels que les anesthésiques, anxiolytiques (Prozac), antiacides (IPP), antihistaminiques, ou contre le cholestérol (Statines).


Par ailleurs, outre son action indispensable sur le fonctionnement de la thyroïde, l’iode serait particulièrement bénéfique dans la prévention et l’accompagnement d’un traitement du cancer du sein. Elle permet de désensibiliser les récepteurs d’œstrogènes dans le sein et en réduit la production (pour les cancers hormono-dépendants). Elle freine la modification des glandes mammaires (mastopathie, nodules) qui précède souvent le cancer du sein. Elle permet également de ralentir la division cellulaire et la croissance des veines qui alimentent les tumeurs. Une étude a démontré que les femmes au Japon, qui ont une alimentation très riche en iode sous forme d’algues et poissons, ont moins de cancer du sein que les femmes en Occident.


Alors, avec la venue des beaux jours, en cette période de regain de vitalité, si vous vous sentez fatigué, toujours en état d’hibernation, frileux, irritable, mal dans votre peau, ne vous jetez pas tout de suite sur des antidépresseurs, ne maltraitez pas votre corps avec des régimes drastiques ou des « coups de fouet » pour tenir. Pensez à votre thyroïde, parlez en à votre médecin, et, même si les examens biologiques ne sont pas probants, prenez soins de votre thyroïde, nourrissez la. Donnez lui de l’iode mais également du magnésium, du fer, du molybdène, du sélénium et du zinc, des vitamines (groupe B et E) et des acides aminés. Les naturopathes sont également là pour vous accompagner dans cette démarche, en prévention ou en accompagnement, de maintient et de retour à une bonne santé générale, quelque soit votre âge.


N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou si vous voulez partager votre expérience.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue


Attention à l’iode en excès

L’iode entre dans la composition des hormones thyroïdiennes, nécessaires à la régulation de la croissance, du développement et du métabolisme. En revanche, des concentrations trop élevées en iode peuvent provoquer des problèmes de fonctionnement de la glande thyroïde. Malgré les quantités d’iode relativement élevées dans la nori, sa consommation usuelle ne présente pas de risque notable pour la santé. Par contre, il est recommandé aux gens consommant des algues de façon régulière de choisir celles contenant le moins d’iode, par exemple la laitue de mer, le porphyre (nori japonais) et la dulse. Une ou deux feuilles de nori (équivalant à 8 à 15 sushis) suffisent pour combler les besoins quotidiens en iode.







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