• Guillemette Bourgoing

Médecine et oncologie intégrative


En France, on parle de plus en plus de médecine intégrative, notamment pour prendre en charge les patients atteints de cancer. On parle alors d’oncologie intégrative. Si l’oncologie est spécialisée sur les tumeurs, elle devient intégrative lorsqu’elle prend en compte le patient-même, comme étant au centre de ses préoccupations, abordant tous les facteurs qui peuvent le ramener à la santé.

Cette vision globale de la santé, autour de la personne, dans son individualité, a de nombreux points communs avec la naturopathie. Or les patients étant de plus en plus nombreux, les médecins de plus en plus sollicités, il est quasi impossible pour ces derniers de pouvoir mener une anamnèse approfondie qui prenne en compte les facteurs environnementaux passés et actuels de leur patient, son mode de vie, son histoire psycho-affective, psycho-émotionnelle, ses antécédents familiaux, de santé, de vie… Ce qui est au centre même d’une consultation naturopathique. La santé intégrative utilise alors dans une parfaite synergie, le meilleur de la médecine conventionnelle et des thérapies complémentaires. Elle est notamment plébiscitée par les oncologues dans la prise en charge des symptômes liés au cancer.


La naturopathie se penche sur les causes de la maladie et non pas sur les symptômes qui, eux, sont pris en charge par des traitements conventionnels prescrits par le médecin, ou l’oncologue dans le cas d’un cancer. Le premier contact est une approche de connaissance de la personne. En naturopathie ce n’est plus la maladie qui est centrale, mais l’individu, la personne dans sa globalité dans la façon dont elle s’est construite avec les moyens qui lui ont été donnés ou qu’elle a su utiliser. C’est ainsi que le naturopathe va interroger la personne sur son environnement familial, son histoire de vie, sa vie professionnelle, son comportement face à certains événements qui ont pu marquer son chemin de vie, les émotions qui y ont été associées, les stress qui ont pu alors être engendrés, avec d’éventuelles répercutions physiologiques. La dimension neuro-endocrino-psycho-immunitaire et physiologique est ici centrale pour remonter aux causes de la maladie. De même le naturopathe va se pencher sur tout ce sur quoi il pourra intervenir par la suite : les habitudes alimentaires, la pratique d’activités physiques, la gestion du stress, des émotions, l’efficacité des moyens d’évacuation des toxines, la qualité du sommeil… Cette approche systémique de la personne permet d’accompagner des patients souffrant de la même pathologie et de troubles identiques, de manière différente, en accord avec les spécificités de chacun, qu’elles soient physiques, émotionnelles ou comportementales. Il s’agit alors de comprendre les mécanismes qui ont mené à la maladie, de modifier alors le comportement global de la personne, afin de la soutenir dans son effort de guérison et éviter les risques de rechutes ou récidives.


Dans une démarche de coopération patient-praticien, le patient redevient responsable de sa santé et le praticien le conseille et l’accompagne avec bienveillance. Le naturopathe va certes donner des conseils sur le mode de vie en revenant à une alimentation plus saine, en adéquation avec les besoins spécifiques du moment, en proposant une activité physique appropriée à la personne, mais son intervention ne s’arrête pas là, notamment dans le suivi des personnes atteintes d’un cancer. Pour ces derniers, et pour toutes autres maladies chroniques, il s’agit d’améliorer la qualité de vie de la personne malade. C’est entendre et prendre en compte les souffrances de cette dernière, conséquences des traitements ou de la maladie-même. C’est prendre en charge les effets secondaires (qui sont rarement secondaires pour la personne) tels que la fatigue (physique et psychologique), les troubles digestifs (nausées, diarrhées, perte d’appétit…), articulaires, dermatologiques, cognitifs (perte de mémoire ou de concentration), du sommeil, de l’humeur. C’est comprendre le changement profond d’image de soi que ressent la personne, dans sa féminité ou masculinité. C’est réserver un temps d’écoute, de compréhension et de bienveillance, indispensables pour tenir face à des protocoles souvent lourds et agressifs. Et cela dans le cadre intimiste d’un cabinet ou d’une structure plus grande, tels que les centres Ressource (7 centres dans toute la France, dont ceux d’Aix-en-Provence, Marseille, Montélimar, Lyon… et Gap en devenir). Cet accompagnement est utile à tous les stades de la maladie, dès l’annonce de la maladie (« coup de massue »), durant les traitements, mais aussi après les traitements lorsque la personne « n’à plus qu’à… » s’occuper de se reconstruire et réparer les dégâts collatéraux.


Ainsi, l’alliance thérapeutique entre les différentes approches, conventionnelles et complémentaires, est essentielle pour optimiser les résultats des traitements, améliorer la qualité de vie (aussi importante que la recherche de guérison) des personnes atteintes d’un cancer et éviter au mieux les récidives.

D’ailleurs, il convient de se méfier et de fuir tout naturopathe, ou autres thérapeutes, qui pourrait proposer d’interrompre un traitement en oncologie, quel qu’il soit. Si la naturopathie ne traite pas le cancer, elle permet toutefois d’améliorer les chances de rémission et la qualité de vie des personnes malades, qui peuvent ainsi mieux se concentrer sur leur propre combat pour retrouver une vie saine.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et Réflexologue


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