• Guillemette Bourgoing

Se soigner d'abord par l'assiette


L’alimentation est le premier levier sur lequel on peut agir sur son état de santé. Réformer ses habitudes alimentaires est simple, ne demande pas de frais supplémentaires ni remèdes complémentaires et, souvent, les résultats sont rapidement vérifiables. Certaines diètes d’exclusion sont nécessaires, sur un laps de temps relativement court, pour répondre à des problématiques particulières (régimes cétogènes, fodmap, sans gluten, pour les plus connus). Quand il s’agit de revenir à une alimentation de santé, la variété et la qualité de ce qui est dans l’assiette est au centre des conseils proposés par une naturopathe. Dans ce cas l’exclusion d’aliments ne concerne que ceux qui, à l’origine, ne sont pas faits pour notre organisme. On parle alors de régime hypotoxique, ancestral, voire paléo. Ces régimes sont des variantes autour d’un mode alimentaire proposé par le docteur Seignalet qui, à la suite d’une longue étude clinique, sur plus de 2500 personnes, a proposé un retour à une alimentation plus en adéquation avec nos capacités digestives. Il a alors publié un livre qui est devenu l’ouvrage de référence en matière de diététique : « L’alimentation ou la troisième médecine ». Si l’objectif initial était de limiter la porosité intestinale, il s’est avéré que beaucoup de patients, avec des maladies très diverses, réagissaient de manière favorable à ces quelques réformes alimentaires proposées :



Il s’agit d’abord d’exclure totalement toutes les céréales qui, à force de croisements, ont muté génétiquement et ne sont plus ainsi reconnues par notre organisme, leur structure moléculaire étant différente de celle de la céréale initiale (le blé, par exemple, est passé de 7 à 21 paires de chromosomes). Nous n’avons pas les enzymes qui correspondent à ces nouvelles structures (voir mon article https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/le-gluten-une-protéine-récente-dans-notre-alimentation ) . Il s’agit donc du blé, mais aussi du maïs, du seigle, de l’orge, de l’avoine, du kamut, de l’épeautre et du petit épeautre ainsi que du millet, que ce soit sous forme de farines, graines ou préparations culinaires telles que les pâtes, pizzas, pains, biscottes et gâteaux. Cette liste va donc au-delà même des céréales contenant du gluten.

En revanche, les céréales non mutées telles que le riz, le sarrasin et le sésame, sont autorisées. De même, les farines de pois chiche, quinoa, sarrasin, les poudres d’amande ou de noisette, la fécule de pomme de terre peuvent être des alternatives intéressantes et goûteuses.



Ensuite, tous les laits animaux (de vache, mais aussi de chèvre et de brebis) sont à supprimer, ainsi que leurs dérivés (beurre, fromage, crème, yaourt, glace…). La structure moléculaire du lait maternelle est très, trop, éloignée de celle des laits animaux qui n’est pas adaptée aux enzymes digestifs de nombreuses personnes.

Il existe de nombreuses boissons végétales qui peuvent remplacer les laits d’animaux : laits d’amandes, de riz, coco, noisettes… autant de découvertes gustatives qui peuvent réjouir les pupilles des petits comme des grands. Vos recettes peuvent être revisitées par des crèmes au soja, riz ou coco. Les yaourts peuvent être remplacés de temps un temps par un yaourt de soja ou coco, par des compotes de fruit ou desserts maison.


Enfin, certaines cuissons, en chauffant trop les ingrédients, modifient les molécules de ces derniers et les rendent alors indigestes, car n’existant pas à l’état naturel. Sont surtout concernées les lipides et les protéines animales (molécule de Maillard qui est une véritable caramélisation des protéines). Mais beaucoup de légumes perdent également leurs précieuses vitamines à la cuisson. C’est pourquoi il est recommandé de consommer des aliments crus, par exemple en entrée, et des aliments cuits à faible température (moins de 110°C). Exit les friteuses, cocotes minutes et barbecues, préférez les cuissons douces à la vapeur ou à l’étouffée, pour des soupes, purées, poissons ou des flans… Pochez, faites cuire au bain-marie ou à four très doux… C’est tendance !



De même, les huiles raffinées ont été chauffées. Il faut mieux adopter des huiles vierges, de première pression à froid (PPAF), bio de préférence. Le sel et le sucre non raffinés sont riches en minéraux dont il serait dommage de se priver. Il en est de même pour les végétaux qu’il faut mieux choisir bio, locaux et de saison, pour leurs richesse en vitamines et minéraux et, surtout, parce qu’ils sont moins chargés en produits toxiques (pesticides notamment).



Ainsi, adopter une alimentation hypotoxique va bien au-delà d’un régime alimentaire qui, lui, peut rester ponctuel. Elle permet de revenir à une alimentation simple, saine pour notre organisme, mais également respectueuse de l’environnement en faisant le choix d’une agriculture durable et peu polluante. Le régime Seignalet est considéré aujourd’hui comme le mode alimentaire de référence car il a fait ses preuves après de milliers de patients, notamment les personnes atteintes de maladies chroniques ou dites « de civilisation ».

C’est sur les bases de ce régime que je m’appuis lors des mes conseils nutritionnels, en les adaptant, en les affinant, afin de répondre aux besoins individuels de chacun.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et Réflexologue


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