• Guillemette Bourgoing

La pleine conscience pour tenir ses résolutions


La pleine conscience, ou Mindfulness en anglais, est une pratique de relaxation qui vise à réduire le stress. Il s’agit simplement de porter son attention sur un objet ou une action, sans jugement, dans le moment présent. Etre à l’écoute de ce qu’il se passe en nous, dans notre corps, notre mental. Outre son efficacité pour réduire les tensions et prévenir la dépression, cette méthode est particulièrement recommandée pour apaiser toutes formes de comportement addictif (sucre, cigarette, hyperphagie…). Elle propose notamment, face à un objet de désir, pour lequel nous avons conscience de sa nocivité, de ne pas chercher à fuir par l’action (s’occuper pour ne pas y penser) ou par la distraction (s’efforcer de penser à autre chose) car ces techniques n’ont qu’un temps et le cerveau gardera en mémoire ce moment de privation qu’il cherchera par tous les moyens de combler. Comme une sorte de récompense qui lui est due. Au contraire, il s’agit d’observer ses sensations, l’impact et le stress que provoque un objet ou une situation, comprendre ce qui se joue en nous, pour revenir progressivement à un apaisement mental qui permet alors de passer à autre chose.


Inspiré de pratiques issues du bouddhisme, Jon Kabat-Zinn, médecin américain, a mis au point en 1979 cette méthode thérapeutique, appelée Mindfulness. Pratiquant lui-même le yoga et la méditation il a fusionné ses connaissances scientifiques de médecine et psychologie occidentale à la philosophie bouddhiste qui, dans une recherche d’harmonie, est régie par une conscience continue de nos actes, pensées, paroles et émotions. Cette attention, sans jugement, permet de vivre en adéquation avec ce qui est juste, dans le moment présent, avec notre environnement, dans nos relations avec les autres. Car, effectivement, dans la tradition bouddhiste, le bien-être d’autrui et la compassion envers l’autre sont essentiels dans le développement personnel de chacun. Il ne s’agit pas de se vider l’esprit (ou tout du moins d’essayer de se vider l’esprit…) mais plus de réorienter son attention sur une cible précise. Ce peut être sur une image, une flamme de bougie, sur sa respiration (visualiser l’air qui rentre par le nez, gonfle les poumons, est transportée par notre sang, se charge de gaz carbonique, revient vers nos poumons pour en être expulsée par la bouche), sur les sensations ressenties au moment présent, les pensées, envies et émotions qu’elles génèrent, les douleurs, gènes et point de contact de notre corps sur le sol ou sur une chaise… Il s’agit de prendre conscience de ce qu’il se passe en nous, ou dans notre environnement, sans chercher à le retenir ou le rejeter, pour le laisser filer et ramener ainsi le calme en soi. C’est ainsi un excellent outil pour apprendre à gérer le stress de plus en plus présent dans notre quotidien.

Par différents exercices la pleine conscience permet d’accompagner et soulager les personnes en prise avec un stress chronique (et les nombreuses pathologies qui en découlent comme les douleurs chroniques, l’hypertension, l’eczéma, …), la dépression, l’anxiété, les troubles du sommeil ou de concentration. Elle permet de prendre du recul face à des schémas de pensées récurrents, à calmer un mental en surrégime, de relâcher les tensions.


Tous ces maux induits par notre mode de vie actuel qui est de plus en plus dans la précipitation, qui fait que nous ne prenons pratiquement plus le temps d’apprécier ce que nous vivons et faisons. Dans un rythme effréné pour remplir des emplois du temps de plus en plus chargés, où chaque action est exécutée dans la hâte, dans une course permanente qui ne nous permet plus de nous recentrer sur le bien fondé, la justesse, l’authenticité profonde de nos actes et choix de vie. Et qui nous conduisent inévitablement vers un repli sur soi, de l’anxiété généralisée, dépression et burn-out. Tous ces troubles qui ne sont que l’expression des limites de ce que nous pouvons supporter ; nos propres limites. La pleine conscience nous apprend à accepter les situations que nous ne pouvons changer, à accepter de ne rien faire ou, tout au moins, à prendre le temps de faire les choses pleinement, sans se disperser.

Il n’est pas facile de changer nos habitudes. Savoir qu’un mode de vie, une habitude, est mauvais ne suffit pas, pas plus que la seule volonté. Résister ne dure qu’un temps et le retour de marteau n’en n’est que plus violent. Mais repérer le schéma déclencheur (chocolat, sucrerie, cigarette, bruit désagréable, suractivité, pensée récurrente…), comprendre son fonctionnement (qu’est-ce qui m’attire, qu’est-ce que je recherche ? Est-ce vraiment ce goût, cette sensation, cet effet que je recherche ? Que se passe-t-il dans mon corps lorsque je fume ou me jette sur une tablette de chocolat ? Le goût, l’odeur, la texture…) permet au cerveau de se détacher de cette envie primaire basée uniquement sur le processus répétitif de « pulsion, comportement, récompense».


Bien sur, le changement ne s’opère jamais en un claquement de doigts. Il faut le temps que le cerveau accepte, intègre, enregistre, les nouvelles informations que nous lui donnons. C’est à ce moment que le naturopathe intervient, pour vous soutenir, vous accompagner dans cette phase de transition, pour vous aider à tenir autant de temps qu’il faudra pour ancrer de nouvelles habitudes, cette fois plus vertueuses.



Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue




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