• Guillemette Bourgoing

L’ail : un cadeau dans nos assiettes

Originaire d’Asie centrale, il existe plus de 150 espèces d’aulx sauvages regroupés entre la mer Caspienne et la Chine ou le Kazakhstan. Grace aux migrations et échanges commerciaux durant l’Antiquité, et sans doute bien avant, l’ail s’est répandu dans tout le sud et l’Est de l’Europe ou il était consommé comme un épice mais surtout en tant que remède, notamment pour protéger des épidémies. Nos ancêtres avaient bien observé les effets bénéfiques de l’ail et nous pouvons constater aujourd’hui leur action sur le système cardiovasculaire, ses propriétés anti-cancer, sa richesse en antioxydants et en composés sulfurés (alliine transformée en allicine et responsable de cette odeur caractéristique de l’ail).


L’ail est avant tout l’ami de notre cœur et de tout le système cardiovasculaire car il en réduit les risques les plus dangereux. D’abord il diminue la glycémie car il augmente non seulement la sensibilité des cellules à l’insuline mais en stimule également la sécrétion. Il agit au niveau intestinal en diminuant l’absorption du glucose et agit également sur le pancréas en stimulant la croissance des cellules bêta-pancréatiques qui secrètent l’insuline. Il est donc intéressant pour prévenir le diabète ou le stabiliser voire le réduire. En réduisant le taux de glucose sanguin, celui des triglycérides, précurseurs du cholestérol, diminue de fait. Or la dyslipidémie (trop de triglycérides, cholestérol déséquilibré) est le facteur principal du développement d’une athérosclérose et de formation d’un thrombus (caillot sanguin). Non seulement l’allicine inhibe les enzymes permettant la synthèse du cholestérol, mais elle permet également de réduire l’oxydation du LDL. Ainsi, l’ail favorise la diminution de la taille des plaques d’athérome chez les patients atteints d‘un syndrome métabolique. Et cela d’autant plus qu’il réduit la calcification des artères coronaires en luttant contre le dépôt de calcium sur les parois artérielles. L’ail, et son allicine, est par conséquent l’aliment cardioprotecteur par excellence.


Mais son action ne s’arrête pas là ! L’ail possède également des molécules anti-cancérigènes. Les composés sulfurés qu’il possède tiennent en respect les agressions des substances cancérigènes et empêchent les cellules cancérigènes de se développer, notamment sur les cancers colorectaux et de l’estomac. L’ail est donc un aliment phare dans la prévention du cancer. Et cela d’autant plus que c’est un antioxydant (avec surtout des anthocyanines, flavonoïdes et tocophérols) qui permet de lutter contre les dommages provoqués par les radicaux libres, responsables du vieillissement de nos cellules et de certains cancers ou maladies cardiovasculaires, liées au vieillissement.


Ainsi, il serait dommage de s’en priver et, n’en déplaise à Cervantès pour qui l’odeur d’ail trahissait une malheureuse origine paysanne, l’ail frais (crus de préférence pour préserver toutes ses propriétés, ou cuit) peut trouver une place de choix dans notre cuisine, et cela sous plusieurs formes : pilé ou broyé, il peut être intégré cru dans tous les plats pour les relever, mais aussi dans un aïoli ou dans une rouille. « En chemise » c’est-à-dire rôti ou grillé dans sa peau pour farcir ou « piquer » une viande à cuire au four, mais il peut également entrer dans les ingrédients d’un bouillon, d’une soupe ou dans une sauce. Revenu dans l’huile d’olive, il est à la base de nombreuses recettes méditerranéennes. Malaxé avec du beurre, un peu d’échalote et de persil, il se transforme en beurre d’ail pour déguster par exemple des crevettes. Et enfin, le top de la gastronomie française, dans tout ce qu’elle peut contenir aussi de simplicité : la tranche de pain complet frottée à l’ail, avec une tombée d’huile d’olive ! Tant pis pour l’haleine, c’est trop bon ! L’ail contient de nombreuses substances actives, qui agissent d’autant mieux si elles associées à d’autres molécules. Alors n’hésitez pas à marier l’ail à tous vos plats afin d’en profiter pleinement. Une gousse par jour suffit à apporter suffisamment d’allicine pour jouer son rôle cardioprotecteur.



Pour compléter les effets protecteurs du système cardiovasculaire, l’ail peut être associé à de la carnitine (qui renforce le myocarde et que l’on trouve dans les produits carnés comme la viande) et la coenzyme Q10 (voir mon article le CoQ10 : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/la-coenzyme-q10-ou-l-étincelle-de-vie) qui protège de l’oxydation.


Ainsi, l’ail fait partie des nombreux aliments dont les naturopathes raffolent. Simple à introduire dans vos plats, il peut se conserver sur des mois à condition de le garder au sec et à température ambiante. Il est un aliment santé par excellence. Et puis, pour ce qui est de l’haleine… Un café, une feuille de menthe fraîche et l’affaire est, presque (mais pas toujours…), dans le sac !


N’hésitez pas à m’envoyer vos tuyaux, vos recettes et photos, je serai ravie de les lire et… de les partager !


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue


Attention avec l’ail si :

L’ail contient de nombreuses molécules actives qui peuvent interagirent avec certains médicaments, notamment sur les anticoagulants car elle c’est aussi un fluidifiant sanguin. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs il est déconseillé de consommer de l’ail avant toute intervention chirurgicale. Les personnes aillant une fragilité gastro-intestinale doivent être prudentes car l’ail peut s’avérer agressif avec la muqueuse de l’estomac ou de l’intestin. Toutefois, une gousse au quotidien ne présente pas vraiment de risques.

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