• Guillemette Bourgoing

Le meilleur ami de notre moral

Dernière mise à jour : 18 avr. 2021

Dès la fin du XIXème siècle, Florence Nightingale (infirmière britannique et pionnière des soins infirmiers modernes) avait observé le pouvoir réconfortant de la présence d’animaux auprès de ses patients. Elle avait alors introduit une tortue à l’hôpital durant la guerre de Crimée (1854-1856). En effet, il semble que le simple fait d’observer un animal, ou d’être à son contact, ait un effet réconfortant et apaisant, avec des répercutions sur la santé mentale et physique de tout à chacun. C’est donc un puissant facteur de réduction du stress. La relation humain-animal permettrait d’améliorer l’estime de soi, de se sentir utile et, surtout, de combler nos besoins psycho-émotionnels comme celui notamment de se sentir profondément aimé, de façon inconditionnelle. Un animal de compagnie offre ainsi un précieux soutien moral dans les moments difficiles, comme surmonter une séparation ou un deuil, en permettant de sortir de l’isolement et d’exprimer ses émotions.


Ainsi, loin d’être un luxe, l’acquisition d’un animal de compagnie n’est pas anodine et la question se pose, ou se posera, à un moment ou à un autre pour tous parents. Un animal ne juge pas, ne réprimande pas et répond aux agissements de l’enfant par des codes très simples et donc facilement compréhensibles. L’enfant peut lui parler, l’observer, jouer avec lui et dépasser ainsi ses peurs, reprendre confiance en lui et s’apaiser. Il apprend également à réguler ses comportements car l’animal, quel qu’il soit, sait parfaitement établir les limites à ne pas dépasser. Partenaire de jeux, il peut également aider l’enfant à revenir au calme en y mettant un terme sans avoir à se justifier. Ainsi se crée un lien, une interaction, qui vise à établir, entretenir, un bien-être réciproque entre l’animal et son petit propriétaire.


La chaleur de sa fourrure, sa présence affectueuse, sa spontanéité et sa sincérité sont rassurantes. Il a d’ailleurs été démontré que caresser un animal procure un sentiment d’apaisement et de bien-être provoqué par la production d’ocytocine (hormone dite « de l’amour »).Or l’ocytocine aide à diminuer le taux de cortisol (hormone du stress). C’est la raison pour laquelle, on introduit de plus en plus d’animaux dans différents milieux : scolaire, carcéral, maison de retraite ou autres. Plusieurs études ont démontré des améliorations de socialisation chez des personnes atteintes de schizophrénie, un meilleur moral chez des personnes hospitalisées à long terme et une diminution du sentiment de solitude des chez les personnes âgées séjournant en résidences de soins de longue durée.


Au-delà de la simple acquisition d’un animal de compagnie, l’usage d’un animal comme médiateur thérapeutique s’est révélé être un excellent complément de soins pour des personnes souffrant de troubles psychologiques. L’intervention d’un animal peut se faire sous de nombreuses formes : activité assistée par l’animal (AAA), zoothérapie ou équithérapie.


L’activité assistée par l’animal (AAA) est destinée à motiver, éduquer ou divertir des personnes, sans visées spécifiquement thérapeutiques. Alors que la zoothérapie est une méthode thérapeutique, exercée par un psychologue qui utilise l’animal comme un médiateur. Elle trouve son utilité pour s’occuper d’enfants, d’adolescents ou même des adultes souffrants de diverses troubles (autisme, trisomie 21, délinquants, personnes atteintes d’Alzheimer, et autres). Elle peut améliorer des difficultés comme des troubles du comportement, le manque de confiance en soi ou des difficultés d’ordre psychiques (angoisses, phobies), troubles du langage ou retard intellectuel. Elle est enfin bénéfique pour les personnes souffrant d’un handicape, mental ou moteur, les non-voyants, non-entendants, ou nécessitant une rééducation fonctionnelle quelconque.


Le zoothérapeute s’appuie sur le lien naturel qui se crée entre l’humain et l’animal et intervient sur des personnes présentant des troubles psychologiques, cognitifs, sociaux ou physiques. Il utilise souvent des chiens, plus dociles et mieux transportables, mais il peut également faire appel à des chats, cochons d’Inde ou des animaux de la ferme (cochons, poules, vaches…). Il a été observé que la présence d’un animal dans une thérapie de groupe, permettait une meilleure interaction entre les différents participants, mis à l’aise plus rapidement. L’animal devient alors le centre de la conversation et permet une prise de contact entre les différents intervenants.

L’équithérapie, elle, utilise plus spécifiquement le cheval. Ses bienfaits sont alors non seulement d’ordre psychologique (valorisation, gestion émotionnelle, communication, etc …) mais également corporels (équilibre, posture, motricité globale et fine, souplesse, etc …). Elle a largement fait ses preuves notamment pour les personnes souffrant d’un trouble du spectre autistique.


Ainsi, la médiation animale thérapeutique permet de se sentir valorisé et responsable, de rompre la solitude et donc d’éviter un repli sur soir et relançant la communication. Par son action stimulante, elle redonne une forme d’intérêt aux choses, nous reconnecte à nos émotions, nos pensées et réactive alors la mémoire. Enfin elle permet d’atténuer le mal-être en cas de dépression.


Les animaux domestiques, plus que de simples gardiens ou compagnons de jeux, sont de véritables trésors de bonté et d’empathie. Ils méritent alors tous nos soins, notre respect et beaucoup d’amour !


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue


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