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Le Dr Jean Gautier et les typologies glandulaires


Le Docteur Jean Gautier

Jean Gautier (1891-1968), médecin français, spécialisé en endocrinologie, a établi les bases de ce qu’il a nommé la « psycho-endocrinologie », résultat d’une recherche et d’observations commencées pratiquement lorsqu’il était encore sur les bancs de la faculté de médecine et poursuivie sur ses patients tout au long de sa vie. En effet, catalogué d’attardé pendant toute son enfance et son adolescence, ce n’est que, au prix d’un travail acharné qu’il obtient son baccalauréat et peu intégrer, non sans peine, la faculté de médecine. A cette époque, en 1910 environ, la thyroïde n’est pas bien connue. On commence à peine à faire le lien entre des carences en iode, leurs conséquences sur la thyroïde, des populations qui ne consomment pas ou trop peu d’iode et ce que l’on appelait alors à l’époque « le crétinisme », avec les non moins fameux « crétins des Alpes » (voir mon article). C’est donc en abordant l’endocrinologie et les symptômes cliniques de l’hypothyroïdie qu’il découvre qu’il est lui-même atteint d’hypothyroïdie congénitale. Il se soigne avec des extraits thyroïdiens et les résultats sont très rapides : lui qui, depuis sa plus tendre enfance, avait une mémoire déficiente, était lent, apathique (il n’a commencé à marcher qu’à 3 ans et parler à 4 ans), aisément fatigable, il retrouve, voire découvre en lui, de la vivacité, une mémoire, des capacités intellectuelles et même ses émotions dont il n’avait connaissance auparavant. C’est donc à travers le prisme du système endocrinien qu’il décide d’aborder l’étude de l’être humain et l’action que les glandes endocriniennes ont, non seulement sur le corps, mais, également sur le psychisme de la personne.



« L’enfant ce glandulaire inconnu »

Parmi les nombreux livres qu’il a écris, il en est un qui fait encore référence car il y explique et décrit son approche : «L’enfant ce glandulaire inconnu », paru en 1961. Non content d’apporter un éclairage sur de nombreux problèmes dont peuvent souffrir les enfants, comme la désadaptation scolaire et intellectuelle, les troubles de l’apprentissage et de croissance, l’énurésie ou une grande fatigabilité, il remet en cause un dogme bien établit dans la culture médicale, comme quoi le système nerveux et le cerveau conditionnent principalement notre existence. Pour le docteur Gautier, c’est exactement le contraire : c’est le système endocrinien qui régule le système nerveux. Pour preuve, dans les 12 jours de sa conception, apparaissent sur le fœtus les ébauches du corps thyroïdien qui s’enrichit d’iode vers la 12ème semaine. Les glandes surrénales contiennent de l’adrénaline dès la 16ème semaine et l’hypophyse est décelable à la 26ème semaine de grossesse. Donc, au début de la grossesse, ce n’est pas le système nerveux, dont on ne trouve que quelques cellules, qui permet au fœtus de se développer mais bien le système glandulaire, et cela dès le 3ème mois de grossesse. Donc, si la thyroïde est indispensable au développement du tissu nerveux cérébral, il est logique qu’elle soit également impliquée dans les enregistrements nerveux et dans la qualité des automatismes.

Au-delà de ses observations sur la thyroïde, Gautier va plus loin en affirmant que « l’enfant est presque uniquement glandulaire ; jusqu’à son adolescence, il ne fonctionne guère qu’en vertu de ses adaptations endocriniennes qui déterminent ses enregistrements automatiques nerveux… ». A sa conception, puis « nidation, grossesse, délivrance ne s’effectuent qu’en raison d’un équilibre strictement endocrinien. Il en est de même du fonctionnement du tractus génital féminin, de la croissance, des pubertés, de l’évolution glandulaire de l’enfant, de son adaptation… ». Il part du principe que jusqu’au 9ème mois, le système nerveux n’est pas encore formé et que c’est donc le système endocrinien qui permet la gestion des émotions qui, elles-mêmes sont alors enregistrées dans le système nerveux en gestation.

Jusqu’à 1 an, préside l’adaptation du nouveau-né à son milieu extérieur. C’est sa survie-même qui est en jeu : ce sont donc les glandes surrénales qui interviennent lui conférant assez de puissance et de force musculaire pour battre des pieds et raidir ses jambes, hurler pour se faire entendre et combler ses besoins.

De 1 à 7 ans, l’enfant découvre, enregistre toutes les informations qui lui viennent de l’extérieur. C’est alors la glande thyroïde qui prend le relais, de concert avec la maturation du système nerveux de l’enfant. Il intellectualise, comprend, ressent, crée ses souvenirs. Il n’a pas encore de filtre ce qui se traduit par une certaine agitation, vivacité, peut-être inconstance si propres aux jeunes enfants. La thyroïde est surtout la glande de l’adaptation, elle permet d’accueillir l’émotion appropriée à une expérience et de la garder en mémoire. Elle permet ainsi à l’enfant de s’adapter au monde.

De 7 à 10-12 ans, c’est l’âge de la raison, l’enfant se calme et découvre le sens de la réalité. C’est alors l’hypophyse qui domine. Moins sensible, l’enfant devient plus calme, plus responsable, pondéré (en quelques sortes l’élève idéal dans notre système scolaire, mais attention de ne pas accélérer cette évolution qui se fera de toutes façon à un moment ou un autre… chacun son rythme).

Les typologies glandulaires :

Ainsi, pour le docteur Gautier, quatre glandes endocrines, les surrénales, la thyroïde, l’hypophyse et les glandes génitales, régulent, ou participent à réguler, tous les métabolismes de notre organisme. Mais leurs actions jouent également sur le caractère de la personne, ses émotions, son sens moral, ses sentiments et, sommes toutes, sur son intellect. C’est parce qu’elles sont à l’origine de processus vitaux qu’elles influencent les mécanismes de notre esprit et donc conditionnent notre caractère et notre psychologie même. C’est sur ce principe que Gautier pause les bases de la « psycho-endocrinologie ». Les hormones, produites par ces glandes, déterminent nos actions ainsi que les émotions qui leurs sont associées. Elles agissent ainsi directement sur le somatique et fournissent au cerveau les sensations et émotions nécessaires pour nous adapter aux événements extérieurs, élaborer nos pensées et toutes nos constructions intellectuelles. Les glandes ont non seulement une action sur notre organisme, mais aussi nos caractéristiques physiques et notre aspect psychologique. C’est alors que l’intelligence et la volonté ne proviennent pas pour lui du cerveau, qu’il réduit à un « disque enregistreur ». Certes, le cerveau sert l’intelligence mais ne « produit » pas nos facultés. Ces dernières sont assurées par l’ensemble des glandes endocrines qui assurent l’équilibre général. Et c’est en cela que cette approche se transforme en grille de lecture pour le naturopathe.


Une grille de compréhension qui permet d’offrir des solutions

Nous avons pu voir que l’évolution des typologies glandulaires répond à une chronologie assez précise. Toutefois, il arrive que ce système glandulaire, endocrinien ou encore hormonal, soit plus ou moins déséquilibré. Comme j’aime à le répéter, nous sommes en perpétuelle recherche d’équilibre dans un environnement en perpétuel mouvement. Ainsi, au cours de notre vie, une glande, avec les caractéristiques physiques et comportementales qui lui sont associées, peut devenir dominante. Ceci n’est pas gênant du moment où l’influence des autres glandes permet d’harmoniser l’ensemble de la personne. Et, plus qu’une simple grille de lecture, lorsque le naturopathe va détecter un déséquilibre trop envahissant, excessif ou perturbant voire absent, il peut intervenir en sollicitant les autres réponses glandulaires, éventuellement dans une approche fonctionnelle, mais aussi comportementale et psychique.

A titre d’exemple : une personne peut avoir une personnalité à dominante surrénalienne. Equilibré, c’est quelqu’un plutôt terre-à-terre, matériel, qu’on peut qualifier de « brut de décoffrage » Il a une bonne mémoire, mais elle n’est pas très structurée, il ne sait pas bien la solliciter et il manque un peu de logique. Physiquement, il est puissant, massif avec un bon tonus musculaire, des os et des articulations solides, et une très bonne force vitale. Si cette glande est déséquilibrée dans l’excès, la personne sera colérique, brutale, autoritaire, voire violente, en surrégime provoqué par l’excès d’adrénaline et de cortisol que génèrent stress et surmenage. En revanche si les glandes surrénales s’affaiblissent et ne peuvent plus répondre à ses besoins, il va s’affaiblir et perdre de son dynamisme. Il n’est plus dans l’expression de la glande qui nourrit son fonctionnement vital et se sent, se voit affaibli. Le rôle du naturopathe est alors de ramener un équilibre par les différentes techniques naturopathiques qui lui sont connues.



Je peux vous aider

Bien sûr, comme toutes grilles de lectures, il s’agit-là de traits marqués : le surrénalien a un esprit concret et matérialiste, le thyroïdien est très imaginatif et volubile, l’hypophysaire est sérieux et scolaire, et enfin le génital est équilibré et pondéré. Il convient alors d’apporter toutes les nuances dont une personnalité peut se colorer. Pour ma part, j’utilise cette grille des typologies glandulaires au quotidien. Je la croise, la recoupe, l’associe à d’autres grilles (voir mon article sur Dr Ménétrier) qui me permettent d’avoir un aperçu global de la personne qui vient me consulter.

Et cela est d’autant plus marquant lorsque je reçois des enfants en difficultés scolaires. Selon la typologie glandulaire, certains troubles d’apprentissage (voir mon article) n’ont pas les mêmes caractères, notamment dans les troubles de l’attention (le déséquilibre sur le profil du thyroïdien sera plus dans l’hyperactivité, l’impossibilité de fixer son attention, le surrénalien, lui, verra s’associer des problèmes de dyspraxie et/ou dysgraphie par exemple). Il s’agit alors pour moi de leur proposer des activités, des jeux, éventuellement des remèdes, qui leur permettront de moduler l’expression de la glande sur ou sous-exprimée. J’observe également trop souvent de jeunes enfants, entre 6 et 7 ans, devenus déjà sages et sérieux, bien dans le cadre qu’on attend d’eux, dans la typologie de l’hypophysaire. Alors qu’ils devraient encore être dans cette légèreté qu’offre la typologie du thyroïdien, tels des petits papillons qui virevoltent d’une idée à l’autre, d’un jeu à l’autre, d’une découverte à l’autre. A un moment où à l’autre, naturellement, l’enfant évolue vers typologie suivante, aucune n’est bonne ni mauvaise, mieux ou moins bien. Alors laissons le temps aux enfants de mûrir, à leur rythme, et nourrissons-les de ce dont ils ont vraiment besoin.


Guillemette Bourgoing, naturopathe et réflexologue à Villelaure, Pertuis et Aix-en-Provence


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