• Guillemette Bourgoing

La symphonie des hormones féminines


De la puberté à la ménopause, la vie des femmes est rythmée par le juste équilibre de leurs hormones. Une simple fausse note peut suffire à leur rendre la vie compliquée, alors que chaque étape de la vie d’une femme devrait être vécue avec sérénité. Un déséquilibre hormonal et c’est la communication entre le cerveau, les organes, le système nerveux central, mais aussi le psychisme et les émotions qui déraille, avec toute sa cohorte de troubles associés : douleurs, fluctuations de poids, infertilité, troubles de l’humeur, voire endométriose, syndrome polykystique et autres réjouissances. Une meilleure connaissance de la physiologie de la femme permet d’aborder sa féminité avec plus de sérénité, reprendre la main et réduire l’impact des nombreux facteurs qui peuvent être responsables de ces désordres.

A sa naissance, une petite fille possède déjà les environ 2 millions d’ovocytes qui seront libérés progressivement tout au long des 480 cycles qui vont scander sa vie de femme en âge physiologique de procréer (de la puberté à la ménopause). A partir de la puberté, les ovocytes vont entrer en maturation. C’est alors que tout le système hormonal reproducteur se met en place sous l’influence de l’hypothalamus puis de l’hypophyse. Les poils et les seins poussent, et quelques années après apparaissent les premières règles qui, progressivement, vont suivre un cycle d’environ 28 jours. Mais ces derniers peuvent varier d’une femme à l’autre et ils peuvent mettre du temps à devenir réguliers, ou pas. En effet, chaque cycle est une partition millimétrée où œstradiol et progestérone se répondent pour permettre la fécondation d’un ovocyte mûr et l’accueil d’un embryon. Il s’organise en 4 phases, où le cycle utérin est étroitement lié au cycle ovarien :

La première phase correspond au premier jour des règles. La muqueuse, ou l’endomètre, en se détachant provoque des saignements, qui durent en général entre 2 et 7 jours

Ensuite c’est la phase folliculaire : dans chaque ovaire des ovocytes (de un à une vingtaine) grossissent sous l’influence de la FSH (hormone folliculo-stimulante). Le taux d’œstradiol augmente alors pour indiquer à l’épithélium utérin de s’épaissir en vue d’accueillir un embryon.

La troisième phase est celle de l’ovulation, normalement au 14 ème jour après le début des règles (il peut y avoir des variations). Le taux d’œstrogène est à son maximum. Sous l’influence de la LH (hormone lutéinisante) le follicule peut libérer un ovocyte mûr qui devient alors ovule. Celui-ci sort alors de l’ovaire pour migrer par les trompes de Fallop et rejoindre l’utérus où il restera 24 heures avant de se désintégrer.

Parallèlement à cette troisième phase, la phase lutéale permet à l’utérus de se préparer à accueillir l’ovule. L’enveloppe folliculaire se transforme en ce que l’on nomme « le corps jaune »et qui correspond en un taux important d’œstrogène et de progestérone. Si l’ovule n’a pas été fécondé par un spermatozoïde, l’endomètre se désagrège et c’est le début d’un nouveau cycle avec la reconstitution de l’endomètre.

C’est durant cette dernière période que certains symptômes peuvent apparaître (douleurs, irritabilité, fatigue…) qui s’ont l’expression d’un désordre hormonal qui n’est ni systématique ni une fatalité. Ces symptômes s’expliquent par une chute des hormones sexuelles et par les spasmes utérins qui permettent d’évacuer l’endomètre détaché. Près de 40% de femmes souffrent régulièrement pendant leur cycle menstruel alors que les règles ne sont pas censées être douloureuses.


Ensuite, progressivement, entre 35 et 45 ans, les hormones sexuelles décroissent, les ovaires ne parviennent plus à faire mûrir les ovocytes et ça va progressivement être l’heure de la ménopause. L’âge varie selon les femmes, influencé par des facteurs héréditaires mais également environnementaux.

Les règles deviennent moins régulières et certains symptômes caractéristiques, mais non systématiques, peuvent apparaître (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes mais aussi troubles intestinaux et digestifs, rétention d’eau, troubles de l’humeur…). Cette phase de pré-ménopause apparaît entre 2 et 4 ans avant les dernières règles. Pour confirmer une ménopause votre médecin peut demander un dosage de la FSH mais son taux est très fluctuant donc peut ne pas être révélateur. La ménopause est donc établie lorsque les règles ont cessé depuis au moins un an.


La ménopause marque la fin de la fertilité chez la femme. Les bouffées de chaleur et autres troubles associés peuvent alors perdurer mais, une fois de plus ce n’est pas une fatalité. Si 75 % de femmes sont touchées en Europe par les troubles de la ménopause, seule 10% des Japonaises sont concernées. Notre mode de vie occidental et notre environnement sont des facteurs importants qu’il s’agit de prendre en compte afin de vivre cette période de façon sereine et épanouie (Voir l'article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/la-ménopause-ou-le-deuxième-printemps ).



L’alimentation, la gestion du stress, une activité physique appropriée, un état émotionnel positif sont autant de facteurs sur lesquels nous pouvons jouer afin de passer ces différentes étapes. Non pas comme des épreuves mais comme autant d’expressions de ce merveilleux mécanisme qui est en nous et qui nous permet de donner la vie.


Et bien sûr, je suis là pour vous conseiller si cette jolie symphonie des hormones se transforme en une insupportable cacophonie.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et Réflexologue

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