• Guillemette Bourgoing

La contraception, en attendant « le bon moment »

Mis en sourdine durant l’enfance, le désir d’enfant se réveille à la puberté, au moment où la jeune fille devient féconde. Ce changement physiologique s’accompagne alors d’une maturation qui l’amener à s’intéresser progressivement aux rencontres amoureuses et au désir d’enfantement. Suivant plusieurs facteurs comme le passé familial, le contexte professionnel, l’enfant qu’on a été ou encore le lien à la mère, le désir d’enfant peut arriver très tôt, ou pas, ou encore juste avant que ce ne soit plus possible. A cela s’ajoute le fait que le choix de fonder une famille se prend en général à deux, et qu’il faut que ce désir soit au même moment. Alors, lorsque la sexualité dans un couple n’a pas forcement comme idéal la venue d’un enfant, que ce soit momentané ou définitif, les moyens de contraception sont multiples. Sachant que, soyons clairs, aucune méthode contraceptive, exceptée l’abstinence, est fiable à 100%. Si la pilule est le moyen de contraception le plus utilisé, il en existe d’autres moins connus, d’autres plus naturels et qui permettent de mieux connaître son cycle fertile afin de, « quand ce sera le bon moment », se donner toutes les chances d’accueillir une grossesse désirée et heureuse.


En règle générale, c’est la femme qui doit supporter le poids de la contraception avec, souvent en première intention, des contraceptifs hormonaux (sous forme d’œstrogène et/ou progestérone de synthèse) qui ne sont pas anodins et qui ne protègent pas des infections sexuellement transmissibles (IST) ni du VIH ou du Sida. Ce peut être sous la forme d’une pilule à prendre chaque jour, de patch à changer toutes les semaines, d’anneau vaginal à remplacer tous les mois, d’injections tous 1,2 ou 3 mois, d’implant dans le bras avec une efficacité de 3 ans ou encore de stérilet ou DIU (dispositif intra utérin) qui délivre une petite quantité de progestérone pendant 5 ans. Trouver la méthode la mieux supportée peut prendre du temps et toutes formes d’inconforts (douleurs, dysménorrhée, prise de poids, nausées, migraines, saignements anormaux…) méritent d’être mentionnées auprès de son gynécologue, médecin traitant ou sage-femme. D’autant plus qu’il existe des solutions sans hormones, comme le stérilet au cuivre. Ou des solutions avec intervention chirurgicale, afin d’éviter définitivement toute grossesse, comme la section ou la ligature des trompes chez la femme, ou la vasectomie chez l’homme.



Les méthodes naturelles, par abstinence périodique, ne sont ni invasives ni dangereuses pour la santé, et accessibles quand aucune autre méthode n’est disponible. S’appuyant sur l’observation de la température, de la glaire ou du touché du col, elles sont satisfaisantes si le couple peut se passer de rapports avec pénétration pendant quelques jours. Mais elles sont peu fiables si prises individuellement sachant que l’ovulation est imprévisible et peut se produire à n’importe quel moment, même chez les femmes dont le cycle est dit « régulier ». Ainsi, la méthode Ogino, basée sur l’analyse de la courbe de température lors du cycle ovulatoire peut être faussée par une petite montée de fièvre provoquée par, entre autres, un simple rhume. La méthode Billings, fondée sur l’observation des glaires cervicales peut être mise à défaut par plusieurs facteurs qui peuvent modifier la consistance de la glaire (le désir sexuel, la présence de sperme ou encore des infections vaginales).

Toutefois, en croisant ces deux indices avec le touché du col, on obtient une méthode de contraception efficace à 98.8%. Cette méthode, appelée « Symptothermie », permet à chaque femme de savoir, tout au long de son cycle (même irrégulier), les jours fertiles et les jours infertiles et de prendre les mesures en conséquence (cette méthode est d’ailleurs également préconisée pour aider à la conception).

En ce qui concerne le retrait, cette méthode n’est efficace, au mieux, qu’à 78% car, outre le fait que l’éjaculation soit difficilement contrôlable, le liquide pré-séminal peut contenir des spermatozoïdes. Par ailleurs, attention au retour de couche avec la méthode MAMA (méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée). Elle suppose un allaitement exclusif, de jour comme de nuit, avec l’absence de règles. Une ovulation peut se produire du moment où la succion diminue et, normalement (si l’ovule n’a pas été fécondée), les règles apparaissent 2 semaines après.

Les contraceptifs locaux permettent d’éviter les grossesses et protègent également des ITS, ou tout au moins, pour certains, en réduisent les risques. Le plus courant est le préservatif masculin (condom, capote) mais il en existe également pour les femmes (fémidom, préso). Moins facile à se procurer que le premier, il est plus cher. Il a toutefois l’avantage de pouvoir être posé bien avant le rapport sexuel sans gêner. Il en est de même du diaphragme qui s’utilise avec un spermicide (raison pour laquelle il faut le maintenir en place pendant 8 heures après le rapport pour permettre au spermicide d’agir). Nettoyé, il est réutilisable pour une durée d’utilisation de 1 à 2 ans. Le CAYA est sur le même principe et son utilisation est encore simplifiée, ainsi que la cape cervicale. Les spermicides détruisent partiellement les spermatozoïdes et sont donc en général associés à d’autres formes de contraception. Ils ne protègent pas des IST.



Il existe enfin des mini-lecteurs informatisés qui permettent de mesurer, à l’aide de bandelettes trempées dans les urines du matin, la quantité d’hormones produites par les ovaires et donc le moment où l’on s’approche de l’ovulation. Mais ce système est coûteux. Il peut également être utile en cas de désir de grossesse.


Ainsi, à chacune, ou chacun, sa méthode de contraception. Celle qui convient le mieux, selon son mode de vie, ses craintes, ses croyances et ses attentes.

Je suis aussi là pour vous accompagner, quelque soit votre choix, vous informer et vous aider à peser le pour et le contre entre les différentes solutions qui vont sont proposées, et dans un meilleur respect de votre organisme.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et Réflexologue

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