• Guillemette Bourgoing

L’autopalpation pour se connaître «du bout des doigts »


Dans le cadre du programme de dépistage du cancer du sein, les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à pratiquer un examen clinique des seins et une mammographie tous les deux ans. Ces examens sont pris en charge à 100% par l’assurance maladie car le dépistage précoce d’un cancer, en l’occurrence du sein, est déterminant dans l’évolution vers un diagnostique plus optimiste. Par ailleurs, la Haute Autorité de Santé (HAS) préconise que, dès l’âge de 25 ans, toute femme, à risque ou pas, doit faire réaliser un examen clinique mammaire annuel chez son médecin traitant ou son gynécologue. Mais, il est important aussi que chaque femme soit acteur de sa santé, que cette veille sanitaire n’incombe pas uniquement aux médecins, et que chacune s’en sente aussi responsable. S’il n’est pas question de s’affranchir des gestes médicaux qui nous sont proposés, il en est que nous pouvons pratiquer régulièrement, simplement, à la maison. Il s’agit de l’autopalpation des seins qui est un examen rapide, qui peut parfaitement rentrer dans les rituels de soins qui font déjà partie de notre quotidien (épilation, gommage, masques de beauté, couleurs…). L’autopalpation consiste d’abord à ce que vous connaissiez mieux vos seins, pour détecter plus rapidement une anomalie qui pourrait apparaître pour une raison ou une autre.


Notez que la structure des seins peut être très changeante, d’une femme à l’autre d’une part, mais surtout en fonction des modifications hormonales dues à l’évolution des cycles menstruels, à l’âge, à la prise de contraceptifs, à l’arrivée de la ménopause, à la prise ou à la perte de poids (...). D’où l’intérêt de bien connaître vos seins. Il n y a pas de normes. Des seins peuvent être asymétriques, certains porteurs d’un ou plusieurs kystes (dans ce cas ils nécessitent une surveillance accrue), de densité variable, volumineux, ou pas, avec des tâches, des vergetures. L’important est de savoir à quoi ressemble votre poitrine en temps normal, avec ses défauts, avec ce que vous voyez et ce que vous sentez sous vos doigts. Très rapidement, vous allez établir une cartographie virtuelle de vos seins sur laquelle vos yeux, par un contrôle visuel, et vos doigts, par la palpation, sauront très rapidement déceler d’éventuelles anomalies (sensations, forme, volume ou tout autre phénomène inhabituel). Dans ce cas, il n y a pas lieu de s’affoler puisque, si vous vous examinez régulièrement, cette modification a des probabilités d’être récente et il existe de nombreuses pathologies du sein, souvent bénignes. Mais il convient de vous rapprocher de votre médecin traitant ou gynécologue pour approfondir éventuellement l’examen si nécessaire.


Entre deux consultations chez votre gynécologue, ou sage-femme, vous pouvez instaurer de vous occuper de votre poitrine une fois par mois, au moment de prendre votre douche par exemple. Pour les femmes réglées, ce peut être juste après les règles, quand la glande mammaire est moins tendue. Après la ménopause, peu importe le jour, c’est la régularité qui compte.

Il s’agit tout d’abord de vous observer, regardez votre poitrine. Face au miroir, tenez-vous bien droite, les bras le long du corps, afin de relever une éventuelle asymétrie. Changez de position pour voir évoluer vos seins : les bras levés, les mains sur les hanches… Observez la couleur de vos mamelons, leur forme, l’aspect de la peau. Photographiez-les dans votre tête. Regardez s’il n y a pas de rétractation du mamelon, d’écoulements, ou un écart de volume entre les deux seins inhabituel, des rougeurs, l’apparition de tâches, crevasses ou plis qui doivent être signalés.

Ensuite la palpation se fait sur les deux seins, l’un après l’autre, de la main droite sur le sein gauche et de la main gauche sur le sein droit, de préférence avec les trois doigts du milieu de la main et en appliquant trois niveaux de pression : superficiel, moyen et appuyé (tout en restant délicate).

Vous partez du haut de l’aisselle jusqu’à la partie externe du sein et, dans un mouvement de spirale, vous palpez jusqu’à arriver au mamelon. Ensuite vous effectuez des mouvements en ligne droite allant du mamelon jusqu’à l’extérieur du sein, en répétant ce geste sur tout le tour du sein. Soyez attentive à la présence de masses (qui peuvent être des kystes que vous connaissez), à leur évolution, à des douleurs ou démangeaisons, que ce soit au niveau des seins comme des aisselles.

Enfin, pressez délicatement vos mamelons afin de vérifier qu’il n y ait aucun écoulement, qu’ils ne soient pas douloureux ou rétractés. En cas d’écoulement, que ce soit du lait (même des années après avoir allaité), du sang ou un liquide purulent, il importe d’en parler à votre médecin.


A force de réaliser ces gestes, bientôt l’autopalpation se fera automatiquement et vos doigts sauront où aller, quoi chercher et reconnaître les différents reliefs de votre poitrine. Il ne s’agit pas ici d’alimenter une quelconque source d’anxiété supplémentaire. Bien au contraire. En effectuant ce geste, tout simple, vous n’aurez pas, ou plus, l’appréhension de pratiquer vos examens de dépistage et vous serez en mesure d’échanger avec votre médecin ou votre gynécologue.


Et bien sûr, je suis là pour répondre à vos questions, vous aider à gérer vos angoisses, vous accompagner sur le chemin de la santé.


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue.


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