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  • Guillemette Bourgoing

Du côté du bébé : le développement du système immunitaire et l'allaitement


Pendant les 9 mois de grossesse, les défenses immunitaires du bébé sont réduites à leur minimum afin de vivre en bonne entente avec le système immunitaire de la mère. En effet, il s’agit d’un corps étranger pour la mère, il est comme une greffe. Le trophoblaste (tissu qui entoure l’œuf, puis l’embryon et enfin le fœtus) ne porte aucun des antigènes habituels mais exprime un autre antigène appelé HLA-G qui empêche les cellules immunitaires tueuses de la mère d’affaiblir la construction et la maturation de l’embryon. Protégé dans sa bulle jusqu’à sa naissance, son système immunitaire doit alors mûrir pour pouvoir alors se défendre lui-même contre les infections, développer les mécanismes de défense immunitaires, et aussi de tolérance. L’allaitement lui permettra de trouver toutes les ressources nécessaires dans le lait maternel.

Dès la fécondation de l’ovule, l’embryon possède déjà tout le potentiel pour fabriquer cellules, tissus et organes qui se renouvelleront tout au long de sa vie. De même, le système immunitaire se prépare. Le sac « vitellin » (petit sac qui entoure l’ovule et qui possède une réserve de matière nutritive pour le développement de l’embryon) lui permet de fabriquer ses propres globules rouges et des cellules souches, fondement de sa future immunité. Le foie prend ensuite le relai dès la 5ème semaine de fécondation, assisté du thymus, puis la moelle osseuse. Parallèlement, les globules blancs et les plaquettes se préparent avant de passer dans la circulation sanguine. A 10 semaines de grossesse, le fœtus mesure environ 3 centimètres et tête, doigts et sexe sont déjà identifiables. Contre les infections, il est protégé naturellement par les anticorps de sa mère (IgG ou immunoglobuline développées en rencontrant divers agents infectieux) par le sang dispensé via le cordon ombilical. Le liquide et la membrane amniotiques créent un réel cocon immunologique, à la fois nutritif et protecteur, tout en stimulant le développement des poumons et du tube digestif car le liquide amniotique est inhalé et avalé par le fœtus.


A 12 semaines (3ème mois), le rapport des lymphocytes T4 sur les T8 est comparable à celui de l’adulte en bonne santé et au 4ème mois ils sont capables de se défendre contre un éventuel antigène. Mais, ayant peu de mémoire, ils sont encore « naïfs ». Au 5ème mois, les globules blancs sont actifs avec la capacité de phagocyter, ou dévorer, toxiques et bactéries. A la naissance, ils atteignent rapidement les valeurs de l’adulte. Dès les premières années de la vie du bébé, les lymphocytes T sont bien supérieurs à celui de l’adulte. Encore naïfs à la naissance, ils deviennent actifs et fabriquent des anticorps, cette foie avec mémoire. En revanche, les immunoglobulines synthétisées par les lymphocytes B sont très faibles. Le taux augmente progressivement pour atteindre celui d’un adulte à seulement 4 ans !

Mais le système immunitaire de l’enfant est acquis vers l’âge de 2 ans. On considère que le système immunitaire de l’enfant a besoin d’environ 1000 jours pour se construire à partir de la conception (270 jours de grossesse suivis de 2 années complètes). Le bébé ne nait donc pas sans défense, les immunoglobulines qui la mère lui a transmis le protègent pendant les 6 premiers mois de sa vie, jusqu’à ce qu’il soit capable de les produire lui-même. L’allaitement permettant ainsi de compléter ses besoins. C’est la raison pour laquelle l’OMS recommande l’allaitement intégral jusqu’au 6ème mois de vie du nourrisson.


En effet, le lait maternel permet de donner au nourrisson de nombreuses substances (lactose, oligosaccharides, certaines immunoglobulines et lymphocytes) qui aident le système immunitaire à réagir de manière appropriée et donc de s’éduquer. Le lactose stimule la production de peptides antimicrobiens, qui permettent de développer une flore intestinale (avec son rôle prépondérant dans le système immunitaire) et lutter contre les infections gastro-intestinales. Les oligosaccharides sont des prébiotiques qui permettent le développement de microbiote intestinal. Les immunoglobulines sont les anticorps qui neutralisent les agents infectieux. Les IgA sont plus nombreux, ils sont ciblés uniquement contre les pathogènes liés à son environnement immédiat, ignorant ainsi les colonies de bactéries commensales, et donc bénéfiques, qui se trouvent dans son intestin. Ainsi, dès que la mère est en contact avec des agents infectieux qu’elle respire ou ingère, au même titre que son nouveau-né qui est le plus souvent avec elle, elle sécrète des anticorps qui sont transmis au bébé via son lait. Le nouveau-né ne bénéficie que des anticorps fabriqués en contact d’antigènes. Les anticorps en latence (comme ceux de la rougeole si la mère l’a contractée) sont « archivés » dans les organes lymphoïdes. Si le bébé attrape la rougeole par exemple, les anticorps de la mère vont se réveiller pour la protéger et vont alors migrer dans son lait. Ainsi, la présence de ces anticorps protègera également le bébé et lui permettront de développer ses propres anticorps pour combattre la rougeole.


L’allaitement n’est pas toujours évidant à mettre en place au début. Il peut être douloureux, la montée de lait peut être ralentie, la quantité insuffisante au début. Beaucoup de facteurs peuvent perturber les débuts de l’allaitement, mais ça vaut vraiment le coup de s’accrocher car il est tout bénéfique pour l’enfant, autant que pour la mère.


Guillemette Bourgoing, naturopathe et réflexologue.



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