• Guillemette Bourgoing

Soja et cancer, où en sommes-nous ?


Consommer du soja pour les femmes atteintes d’un cancer du sein serait contre-indiqué. Si cette idée répandue, et bien tenace, fait le quotidien des questions qui me sont posées, elle nécessite un éclaircissement car, selon une étude réalisée sur une cohorte de 5000 femmes, le soja réduirait le risque de cancer du sein, et surtout les risques de récidive de 32%. Cette étude a été confirmée dans une revue médicale spécialisée, La Lettre du sénologue du 19 avril 2016. Il serait alors recommandé de consommer du soja 3 à 5 fois par semaine, sous forme de tofu ou miso. Effectivement, les bénéfices du soja ne se trouvent pas sous toutes ses formes alors un petit éclaircissement me paraît approprié.


Le soja est une légumineuse particulièrement riche en protéines (la graine en contient 40%). Elle ne peut être consommée telle qu’elle est nécessite d’être transformée. Et c’est à ce niveau qu’il faut nuancer. En Occident, le soja est proposé sous forme de boissons ou desserts (type yaourt). Dans ce cas les graines ont juste été broyées avec de l’eau. Alors qu’en Asie, il a subi une transformation par fermentation. Il est proposé sous formes de tofu, miso, shofu ou natto. Or c’est précisément sous cette forme fermentée qu’il est bénéfique en matière de cancer du sein car il est bio-transformé par notre microbiote. Et donc on en revient encore à l’importance de la qualité du microbiote (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/l-importance-d-une-flore-intestinale-en-bonne-santé ) et de sa diversification (en introduisant notamment du soja fermenté dès l’enfance). Cela indiquerait que c’est le mode alimentaire asiatique, dans sa globalité, qui aurait un effet protecteur grâce à la richesse qu’il apporte à la flore intestinale, dont le rôle est important dans le métabolisme des isoflavones.


En effet, le soja est riche en isoflavones, source de phytoestrogènes (dans la cadre d’une hormonothérapie contre le cancer du sein ce sont précisément les sources d’œstrogènes qu’il faut éviter), sa structure chimique est similaire à celle des œstrogènes, mais avec une activité 1000 à 10 000 fois moins que celle du 17β-estradiol. Ainsi, 11 études ont été réalisées à ce jour, montrant une augmentation de 1.05 jour de la durée du cycle menstruel chez des femmes préménopausées, dont on sait qu’elle est associée à diminution du risque de cancer du sein. La consommation de soja serait en fait associée à une diminution du risque du cancer du sein, notamment chez les femmes ménopausées. Et cela, à partir de doses relativement faibles d’isoflavones, qui correspondent à une consommation modérée, 3 à 5 fois par semaine, sous forme de soja fermenté. Il ne s’agit pas ici de compléments alimentaires à base d’isoflavones pour lesquels il convient de rester prudent.




Donc, le soja est une source importante d’isoflavones, qui sont des phytoestrogènes qui peuvent se lier aux récepteurs d’estrogènes mais qui ont également d’autres effets physiologiques à visée protectrice du cancer du sein. Pour cela, il convient, dès l’enfance, d’être particulièrement attentif à la qualité d’une bonne flore intestinale en se rapprochant des concepts de l’alimentation asiatiques (une cuisson douce ou brève, beaucoup de végétaux, peu de viandes animales, pas de laitages ni de céréales mutés, des algues, des graines et une consommation régulière de soja fermenté). En ce qui concerne la qualité du soja, s’il est destiné à la consommation humaine, produit en Europe et bio, il y a, à ce jour, peu de probabilités qu’il soit OGM.

Donc, l’hiver arrivant doucement, les soupes miso ou/et avec des petits cubes de tofu, pourront ravir vos palais et vous réchauffer de tous ses bienfaits.



Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue

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