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  • Guillemette Bourgoing

Périnatalité : les clés dans la nutrition

Dernière mise à jour : 30 nov. 2022


Quand un projet de naissance est décidé, en règle générale la mère se lance dans de grandes réformes : plus de tabac, plus d’alcool, une meilleure alimentation, plus équilibrée et plus saine. C’est un très bon début. Toutefois cela ne suffit pas toujours et le bébé se fait attendre, les choses ne se passent pas comme prévu. En effet, l’alimentation joue un rôle essentiel dans l’apport de tous les besoins nutritionnels nécessaires aux diverses réactions métaboliques de notre organisme. Une alimentation déséquilibrée ou pauvre en nutriments peut provoquer des carences qui ne seront pas forcement manifestes mais qui vont compliquer l’implantation et la maturation de l’œuf embryonnaire. Revenir à des taux satisfaisants peut prendre du temps d’autant plus, si parallèlement, l’alimentation est aussi source de chélations. Et puis, tant que la grossesse n’a pas débuté, ce n’est pas uniquement à la future mère de veiller à son alimentation, mais aux deux futurs parents. Les mois qui précèdent la grossesse sont donc idéaux pour revenir à une alimentation, un mode de vie, plus sains, pour faire le grand ménage dans notre organisme.

A commencer d’abord en perdant du poids bien en amont si cela s’avère nécessaire. La surcharge pondérale peut avoir non seulement un impact sur la fertilité mais aussi sur le développement du fœtus (risque de fausse-couche, de diabète gestationnel, pré-éclampsie ou encore risque d’accouchement prématuré) et sur la santé de l’enfant tout au long de sa vie. A femme va naturellement vouloir arrêter, avec plus ou moins de succès, le tabac et l’alcool. Mais elle ne devrait pas être la seule (d’abord par solidarité) car ces derniers influencent le nombre et la motilité des spermatozoïdes. De même que le port de pantalons trop serrés. L’alimentation doit gagner en qualité, non seulement pour apporter tous les nutriments nécessaires, dont l’agriculture conventionnelle et intensive n’est plus suffisamment pourvue, mais également pour limiter au mieux les intrants de pesticides, dont certains sont facteurs de dérèglements hormonaux et peuvent altérer l’expression de nos gènes (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/epigénétique-et-cancer ). C’est l’occasion pour le couple de se réapproprier la cuisine, de partager de nouvelles idées de menus, de préparations, et que le futur papa, s’il n’est pas coutumier des fourneaux, se mettent à cuisiner sainement. Cela sera fort utile pour accompagner la future mère, surtout en fin de grossesse et dans les premiers mois (voire plus…).


Dès le début de la grossesse, le métabolisme de la mère connaît d’importants changements physiologiques permettant de répondre naturellement aux nouveaux besoins nutritionnels nécessaires au développement du fœtus. Les règles diététiques ne diffèrent pas vraiment de celles du quotidien mais quelques aspects spécifiques sont à prendre en compte. De nombreux mécanismes physiologiques permettent de couvrir les besoins nutritionnels du fœtus, qui sera toujours prioritaire quant à la captation des micronutriments. Ainsi, lui ne risque pas de manquer. En revanche, la mère doit être vigilante de bien apporter tous les nutriments nécessaires (voir l’adage de nos grand-mère : « un bébé, une dent»…). Ses besoins énergétiques sont différents, pour les besoins du fœtus et de tout ce qui l’accompagne (placenta, développement de l’utérus, des glandes mammaires, augmentation du volume sanguin…), pour la constitution de réserves lipidiques (en vue d’un allaitement futur) et parce que le métabolisme de base va augmenter au 2ème trimestre. Mais il est inutile de manger pour deux, il faut mieux se concentrer sur la qualité de ce que l’on mange et la bonne répartition des macronutriments (protéines, glucides et lipides).


Au début de la grossesse la mère n’a pas besoin d’un apport supplémentaire en protéines mais elles doivent toutefois être présentes quotidiennement. Les besoins vont augmenter à partir du 2ème trimestre pour assurer la croissance des tissus du fœtus, de l’utérus, des seins, du placenta et augmenter le volume sanguin. Elles assurent aussi le soutien immunitaire.

Le métabolisme des glucides est modifié avec, lors des deux premiers trimestres, un hyperinsulinisme qui permet de constituer les réserves lipidiques de la mère. A contrario, le dernier trimestre sera marqué par une insulinorésistance chez la mère qui permet au fœtus de profiter pleinement des glucides pour créer sa propre réserve énergétique. Si le pancréas fonctionne normalement la glycémie sera maintenue à un taux normal, en revanche, s’il est affaibli, c’est l’apparition d’un diabète gestationnel (qui disparaît à l’accouchement dans 90% des cas).

En ce qui concerne les lipides, il n’y a pas d’apport spécifique recommandé, toutefois il est important de veiller à la qualité de ces lipides, notamment en apportant des acides gras essentiels (omégas 3 : EPA/DHA qui représentent 15 à 20% des lipides cérébraux et jusqu’à 40% des terminaisons nerveuses du bébé en devenir). Ils doivent être apportés par l’alimentation car l’organisme ne sait pas les synthétiser.


Quelques micronutriments sont à favoriser à travers l’alimentation, et ce bien en amont du projet de grossesse : la vitamine B9 (acide folique) qui participe au développement cérébral et nerveux du bébé (et limite certaines complications de la grossesse), la B12 pour permettre l’augmentation du volume sanguin maternel et la multiplication cellulaire du fœtus. Le calcium (les besoins de la femme enceinte sont doublés), la vitamine D, le magnésium (pour éviter les crampes et réguler les contractions utérines), le fer (l’absence de règle permet de préserver les réserves en fer de la mère mais, lors du dernier trimestre, le fœtus constitue ses stocks de fer hépatique pour couvrir ses besoins durant la période d’allaitement), le zinc, et de l’iode pour la thyroïde. Et bien sûr n’oublions pas l’eau, une eau pure et peu minéralisée, pour la constitution du liquide amniotique, la circulation des liquides intra et extracellulaires et l’élimination des déchets.

En règle générale, une alimentation saine et équilibrée suffit pour répondre aux besoins de la mère et du bébé. Il n’est donc pas utile, sauf exception, de se supplémenter. Après la naissance, l’allaitement et le post-partum entraîneront d’autres adaptations métaboliques chez la mère mais une assiette équilibrée, gourmande et nutritive permettra non seulement de répondre aux besoins de la mère et de l’enfant, mais aussi d’entamer une lente et régulière perte de poids.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et réflexolgue

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