• Guillemette Bourgoing

L'efficacité des régimes sur les surcharges métaboliques


En cas de surcharge pondérale ou obésité, la première mesure à mettre en place est une réforme alimentaire visant à faire perdre du poids à la personne concernée. En théorie, il suffirait d’adapter la balance des calories ingérées en rapport avec celles dépensées. Ce n’est pas si simple. Dans la plupart des cas, un régime avec restriction calorique est proposé suivi d’une perte de poids relativement importante. Mais, au bout de quelques semaines, voire quelques mois, les résultats stagnent et il est fréquent d’observer une reprise de poids aussi démoralisante que décourageante. Cela est inéluctable, quelque soit le régime prescrit. Or dans l’obésité, les fluctuations de poids, entraînées par des régimes à répétitions, sont un facteur supplémentaire de reprise pondérale. Nous sommes donc aux antipodes de ce qui est recherché. L’objectif étant de perdre du poids de façon durable et surtout de maintenir un poids stable. Cela est vital pour les personnes souffrant d’un syndrome métabolique (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/le-syndrome-métabolique-une-maladie-de-civilisation ), mais également à garder en tête chez les personnes ayant un poids normal car les fluctuations répétées de poids sont un facteur de risques pour la santé. C’est pourquoi les régimes permettant de perdre beaucoup de poids rapidement, les plus souvent plébiscités, ne sont pas du tout de bonnes solutions.


Notre organisme est programmé pour maintenir un poids relativement stable, grâce à un ensemble de processus métaboliques qui lui permettent d’ajuster les intrants avec ses dépenses et ses réserves énergétiques. Le but recherché étant de maintenir des réserves énergétiques constantes en toutes situations. Il est donc parfaitement programmé pour répondre à une quantité insuffisante de calories. En revanche il l’est beaucoup moins pour faire face à des excès alimentaires répétés qui lui demandent de mettre en réserve les surplus énergétiques dans le tissu adipeux qui entraînent surpoids puis obésité. Ainsi, dans un régime restrictif, la perte de poids peut être satisfaisante au début, mais notre métabolisme sera y répondre en ajustant ses besoins afin d’économiser ses réserves qui pourraient lui être vitales (dans un environnement où l’accès à la nourriture n’est pas à profusion comme le notre). Par ailleurs, la privation alimentaire va forcement amener, à un moment ou un autre, à une recherche de récompense dans la nourriture, ce qui risque d’entraîner des troubles du comportement alimentaire avec fluctuations accrues de pertes et reprises pondérales répétées.


C’est la raison pour laquelle, proposer un régime est très difficile à mettre en œuvre et nécessite de nombreux ajustements propres à chacun, notamment quand les personnes souffrent d’affections chroniques comme l’obésité, le diabète, l’hypertension artérielles ou des dyslipidémies. Il ne se limite pas à un régime amaigrissant. Il s’agit plutôt d’engager une réforme alimentaire en corrigeant déjà les erreurs nutritionnelles, mais aussi en prenant en compte le tempérament de la personne (introverti, épicurien ou rigoureux), sa constitution (longiligne, charpenté, trapu), ses obligations familiales, professionnelles, sociales, culturelles ou religieuses encore. Autant de composantes qui permettront d’inscrire les conseils proposés dans la durée, sans pour autant dégrader la qualité de vie de la personne, bien au contraire. C’est la raison pour laquelle, pour pouvoir adapter un programme nutritionnel le plus juste possible, il est si important de prendre le temps, pour le naturopathe comme le diététicien, de bien interroger sur tous ces aspects et aussi d’expliquer les enjeux, les grandes lignes du fonctionnement de notre corps.


Il s’agit d’expliquer les effets du mode de vie, du stress (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/le-stress-à-la-source-de-nos-maux ), du manque de sommeil (voir mon article : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/le-sommeil-si-précieux-et-si-fragile ), d’un déséquilibre nutritionnel et de la sédentarité sur une résistance progressive à l’insuline. En quoi un microbiote intestinal déséquilibré et une hyperperméabilité intestinale agissent aussi sur la sensibilité à l’insuline et la mauvaise absorption de micronutriments indispensables aux réactions en chaîne qui se produisent quotidiennement.


Ecouter, prendre en compte, expliquer, proposer des solutions, adapter les conseils sont tout ce qui fait un suivi naturopathique (voir mon article :https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/la-naturopathie-un-accompagnement-personnalisé ) , pour des réformes efficientes et pérennes. A l’instar d’un traitement pharmacologique, ces conseils seront alors à prendre avec autant de sérieux. Ils le seront à condition d’être compris, appropriés et le moins contraignant possibles.


Guillemette Bourgoing, Naturopathe et Réflexologue



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