• Guillemette Bourgoing

L'équilibre acido-basique


Il y a des sujets sur lesquels les naturopathes ne peuvent faire l’impasse. L’équilibre acido-basique fait partie de ces incontournables tant notre organisme est constamment en recherche de stabilité pour maintenir le pH (potentiel hydrogène) optimum pour le sang, le milieu intérieur, les cellules et es tissus corporels. Selon les parties du corps le pH est différent (pour le sang il est entre7.35 et 7.45, pour la salive entre 6.8 et 7.2 et pour l’estomac entre 1 et 2 alors que le pH du gros intestin est à 8) . Celui qui sert de baromètre pour déceler une éventuelle acidose des tissus est le pH des urines qui se mesure très facilement à l’aide de bandelettes. Compris entre 4.5 et 6, il est trop acide et demande à être corrigé pour tendre vers la neutralité à 7. En effet, l’excès d’acidité dans les liquides circulants, dans les tissus, s’avère vite délétère pour l’organisme et un certain nombre de maux sont associés à un terrain trop acidifié. Corrélée à une inflammation chronique dite de bas bruit (ou bas grade), l’acidose tissulaire (et non sanguine) fait le lit de nombreuses maladies chroniques dites de « civilisation ».

Pour maintenir les constantes biologiques au mieux, le corps doit gérer en permanence les acides, provenant de toutes parts.

D’abord par l’alimentation avec les produits acides (au goût acide : agrumes, ananas, kiwis, pommes acides, toutes les baies, épinard, oseille, rhubarbe, les laitages acides comme les yaourts, les condiments tels que le vinaigre, les câpres, sauce tomate, moutarde, les boissons acides comme le vin blanc, la bière et le champagne, enfin certains médicaments comme l’aspirine et la vitamine C) mais aussi ceux qui ne sont pas acides mais qui libèrent des acides lors de leur digestion, comme les protéines (viandes, légumineuses, levure alimentaire, miso), les sucres et les excitants (café, thé et le cacao).


S’ajoutent des acides qui l’organisme produit lui-même lorsqu’il est soumis à un stress (quelque soit la forme de stress), à un surmenage musculaire (sport intensif) mais aussi à une sédentarité amenant à un manque d’oxygénation, une fermentation intestinale et une insuffisance des émonctoires (foie, rein, peau, poumon) qui ne permet pas d’éliminer suffisamment les acides par les reins (urine et sueur) ou par les poumons pour les acides volatils (expulsés avec le CO2 que nous expirons).


Face à ces diverses sources d’acidification, notre corps à plusieurs systèmes d’adaptation très perfectionnés mais il lui arrive d’être dépassé dans ses possibilités biologiques normales et de ne pouvoir tout gérer. Progressivement l’acidité s’installe et pour, y pallier, l’organisme puise dans ses réserves alcalines que sont les os, cartilages, articulations, ongles, dents et cheveux. Les débuts de cette acidification seront plus ou moins marqués par des ongles cassants, l’apparition de caries, pertes de cheveux, pellicules… Et puis, si rien n’est entrepris pour ramener l’équilibre, les carences s’installent avec de moins en moins de possibilités de neutraliser l’acidité circulante, et les maux s’accumulent et s’aggravent. Toutes les pathologies articulaires (voir mon article sur l'arthrose : https://www.naturopathe-aix-pertuis.com/post/l-arthrose-une-maladie-inévitable ), les processus inflammatoires (angines, conjonctivite…), les dermatoses sèches (eczéma sec, prurit…), les troubles neuropsychiques, une fatigabilité constante avec frilosité et irritabilité doivent faire penser à un terrain trop acide. Une gingivite, des dents sensibles ou cariées, des ongles fragiles, cassants ou striés, des brûlures urinaires, des calcules rénaux ou salivaires, des crampes, des spasmes et des allergies doivent également alerter. C’est à ce moment que les mesures d’hygiène et les mesures alimentaires prennent tout leur intérêt, avant que ne s’installent des lésions irréversibles.

Le naturopathe va alors s’efforcer de modérer les apports d’acides ou acidifiants tout en alimentant tous les systèmes tampons auquel l’organisme fait appel dans son effort pour revenir à l’équilibre. L’hygiène de vie, avec l’hydrologie ou le choix d’activités physiques adaptées, la gestion du stress, la prise de tisanes diurétiques sous forme de cures, des réformes alimentaires seront proposées toujours selon l’évaluation de la force vitale de la personne, suivant ses limites, ses goûts et, tout simplement, sa personnalité. De nombreux outils sont disponibles pour, progressivement, évacuer cette toxémie acide et retrouver une meilleure vitalité.


Et vous, qu’attendez-vous pour faire le point sur votre équilibre acido-basique ?


Guillemette Bourgoing Naturopathe et Réflexologue

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